Compositeur américain né le 13 décembre 1938 à Providence, Rhode Island.
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Alvin Curran est né en 1938 à Providence (Rhode Island), à proximité d’une gare ferroviaire et du port de Providence. Bruits de choc métalliques entre les wagons, cornes de brume de bateaux, les souvenirs auditifs de son enfance laisseront une trace dans toutes ses œuvres. En effet, cette « symphonie naturelle du monde » dans laquelle prend place notre vie, est à la source de la musique concrète de Curran. Enfant, il entend son père chanter, jouer du violon et du trombone et lui-même prend des cours de piano et chante à la synagogue avant d’apprendre le trombone en autodidacte. Il écoute aussi beaucoup de jazz, Spike Jones et la musique de Bartók.
En 1960, il suit des cours de composition avec Ron Nelson à la Brown University et poursuit ses études en 1963 à Yale avec Elliott Carter et Alan Forte. À cette époque, il fait la connaissance de John Cage, qui est comme de « l’oxygène » pour les compositeurs contemporains. Ce dernier, influence immédiatement et durablement Curran par son usage radical de l’aléatoire et du bruit. Invité par Carter à Berlin en 1963, il y reste en résidence durant un an grâce à une bourse de la fondation Ford. Il y rencontre Iannis Xenakis, Luciano Berio, Yuji Takahashi, Louis Andriessen, Remo Remotti et surtout Frederic Rzewski. Puis il se rend à Darmstadt, écoute Stockhausen et Ligeti et fréquente Milton Babbitt et Earl Brown.
En 1965, il part à Rome où il retrouve Richard Teitelbaum, un ami de Yale, et Rzewski. Ayant le sentiment d’être limités par la technique et impressionnés par Allan Bryant – un de leur ami musicien qui fabrique lui-même ses synthétiseurs avec ses propres circuits imprimés –, ils décident de créer l’Ensemble Musica Elettronica Viva (MEV). Ce groupe d'improvisation électronique et acoustique, mêlant l'électronique en direct (sons amplifiés, objets trouvés, sons préenregistrés), initiée par Tudor et Cage, combinée avec l'énergie du free jazz, se produit dans toute l’Europe en collaborant avec d’autres artistes comme La Monte Young, Steve Reich, Philip Glass ou encore Terry Riley. L’Ensemble Musica Elettronica Viva participe au développement de la musique expérimentale et de l’improvisation libre aux côtés d’autres groupes comme Nuova Consonanza (Italie) ou le New Phonic Art (France).
Dans les années 1970, Curran compose plusieurs pièces pour synthétiseur, voix, sons environnementaux et « objets trouvés » (Light Flowers-Dark Flowers/Fiori Chiari Fiori Oscuri, 1974, Canti Illuminati, 1977). Ici, l’eau, les enregistrements de terrains (chants diphoniques traditionnels, enfants qui parlent) et les sons instrumentaux se superposent puis se mélangent jusqu’à former une trame organique. L’une de ses œuvres les plus connues : Songs and Views of the Magnetic Garden (Canti e Vedute del Giardino Magnetico) de 1973, reprend la même écriture faite de mélange entre des sons aquatiques et des cellules musicales presque répétitives. En 1985, Curran propose plusieurs concerts environnementaux pour la radio comme Maritime Rites, pièces composées de sons naturels enregistrés sur la côte est des États-Unis et d’improvisations d’artistes comme : John Cage, Joseph Celli, Clark Coolidge, Jon Gibson, Malcolm Goldstein, Steve Lacy, George Lewis, Pauline Oliveros et Leo Smit. La série Maritime Rites sera développée et variée de nombreuses fois jusqu’en 2015 (Maritime Rites Tempe, 2015). Il s’essaye aussi à d’autres genres comme la musique pour le théâtre (Locus Solus, 1976) ou la télévision (Cinque Stagioni, 1976).
En 1991, il commence la composition de Inner Cities (1991-1996), vaste suite de quatorze pièces pour piano, qui lorsqu’elle est jouée dans son intégralité, durent environ cinq heures. L’objectif du compositeur était de « réduire les éléments musicaux à leurs essences ultimes, de répudier et d'embrasser le dualisme et d'imiter, même dans la notation permanente, la sensation de création musicale spontanée ». Chaque pièce commence alors par une idée unique, « un accord ou un motif cellulaire, qui sert de source propre de récit et d'histoire1 ».
Autour de 2010, Curran propose The Alvin Curran Fakebook, projet développé sur plusieurs supports. Après l’œuvre éponyme pour clavier de 2011, il édite en 2015 une sorte de « recueil aux multiples facettes, richement conçu avec des photos, des écrits et des croquis2 » ; puis propose un album complet, The Biella Session, avec le tromboniste italien Giancarlo Schiaffini. Ce paysage sonore semi-composé, semi-improvisé témoigne de la diversité musicale du compositeur américain.
Également pédagogue, Curran a enseigné à l’Académie nationale des arts du théâtre à Rome, et occupé, de 1991 à 2006, la chaire de composition Darius Milhaud au Mills College, en Californie.
1. Livret du CD – http://www.alvincurran.com/writings/ic%20liner%20notes.html ↩
2. Site du compositeur http://www.alvincurran.com/index.html ↩
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