mise à jour le 22 October 2010
© Elie Kongs

Franck Bedrossian

Compositeur français né le 3 février 1971 à Paris.

Après des études d’écriture, d’orchestration et d’analyse au CNR de Paris, Franck Bedrossian étudie la composition auprès d’Allain Gaussin et entre au Conservatoire supérieur de musique et de danse de Paris (classe de Gérard Grisey, puis de Marco Stroppa) où il obtient un premier prix d’Analyse et le Diplôme de Formation Supérieure de Composition à l’unanimité. En 2001-2002, il suit le Cursus de composition et d’informatique musicale de l’Ircam et reçoit l’enseignement de Philippe Leroux, Tristan Murail et Philippe Manoury. Parallèlement, il complète sa formation auprès de Helmut Lachenmann (Centre Acanthes 1999, Internationale Ensemble Modern Akademie 2004).

Ses œuvres ont été jouées en France et à l’étranger par des ensembles et orchestres tels que l’Itinéraire, l’Ensemble Intercontemporain, 2e2m, Ictus, Court-Circuit, Cairn, Ensemble Modern, Contrechamps, Eco Ensemble, San Francisco Contemporary Music Players, KNM Ensemble Berlin, Klangforum Wien, SWR Symphony Orchestra Baden Baden und Freiburg, Moscow Ensenble, les quatuors Danel, Diotima, Tana et dans le cadre des festivals Agora, Résonances, Manca, Musica Nova, International Festival Cervantino, RTÉ Living Music Festival, Présences, Festival Borealis, Musica Strasbourg, Nuova Consonanza, le Printemps des Arts de Monte-Carlo, Ars Musica, Suona Francese, Archipel, Wien Modern, Maerzmusik, Donaueschinger Musiktage, Sommer in Stuttgart, Darmstadt Ferienkurse für neue Musik, Biennale di Venezia.

En 2001, il reçoit une bourse de la Fondation Meyer, de la Fondation Bleustein-Blanchet pour la Vocation et en 2004, le prix Hervé Dugardin de la Sacem. L’Institut de France (Académie des Beaux-Arts) lui décerne le Prix Pierre Cardin de Composition Musicale en 2005. Il a également reçu le prix des jeunes compositeurs de la Sacem en 2007. Il est pensionnaire à la villa Médicis à Rome de 2006 à 2008 et nommé Chevalier dans L’Ordre des Arts et des Lettres en 2011.

Depuis septembre 2008, il enseigne la Composition à l’Université de Californie, Berkeley. En 2014, il est l’un des compositeurs invité au festival ManiFeste de l’Ircam.

Ses œuvres sont publiées par les Éditions Billaudot.

L’œuvre de Franck Bédrossian est marquée par sa recherche sur le son, le contrôle de son émission et de sa fin, de la distorsion et de son impact physique. Il travaille sur des sons bruts et saturés sur l’idée de transition, de transformation et de modelage de la pâte sonore. Il affirme son goût pour les compositeurs dont un certain radicalisme d’expression caractérise l’Œuvre. Il revendique une double filiation, venant de Lachenmann pour le travail sur le son et de Grisey pour les notions de processus et de directionnalité harmonique. Son écriture est marquée par l’expressionnisme abstrait de Rothko et Pollock, le rapport de l’image à une temporalité ralentie chez Bill Viola, et par le dépouillement de l’expression de Beckett. Très important aussi est le rôle du geste, de la dimension physique dans sa musique, il est inspiré par la musique de tradition orale et par tous les courants musicaux et du XXe, notamment le jazz, et le rock pour leur approche physique et l’émission naturelle de la voix.


© Ircam-Centre Pompidou, 2014

Sources

  • Franck Bedrossian ;
  • Entretien sur Resmusica en juillet 2005 ;
  • « Franck Bédrossian, le tiers son » : entretien recueilli par Omer Corlaix dans Musica Falsa.
  • Musique soliste (sauf voix)
  • Musique de chambre
    • Accolade pour alto, flûte basse et clarinette contrebasse (2011), Billaudot
    • élec Digital pour contrebasse, percussion et électronique (2003), 12 minutes 30 s., Billaudot
    • Edges pour piano et percussion (2010), 10 minutes, Billaudot
    • Innersonic pour guitare électrique et accordéon (2012), Billaudot
    • It pour sept instruments (2004, 2007), 20 minutes, Billaudot
    • L'usage de la parole pour clarinette, violoncelle et piano (1999), 7 minutes, Billaudot
    • Manifesto pour huit instruments à vent (2007-2008), 10 minutes, Billaudot
    • élec Propaganda pour quatuor de saxophones et électronique (2008)
    • Tracés d'ombres pour quatuor à cordes (2005, 2007), 10 minutes, Billaudot [note de programme]
  • Musique instrumentale d'ensemble
  • Musique concertante
    • élec ircam Division pour clarinette basse, trombone, contrebasse, ensemble et dispositif électronique (2006), 16 minutes, Billaudot
  • Musique vocale et instrument(s)
    • Epigram I cinq poèmes d'Emily Dickinson, pour soprano et ensemble (2010), 15 minutes, Billaudot
    • Pleine lune pour chœur d'enfants, violon, contrebasse et fagott (2001), 8 minutes, Billaudot
  • Musique vocale a cappella
    • élec Lamento pour voix de femme et dispositif électronique (2007), 10 minutes, Billaudot
  • 2016
    • élec Twist pour orchestre et électronique, 11 minutes, Verlag Neue Musik
  • 2014
  • 2013
  • 2012
    • Innersonic pour guitare électrique et accordéon, Billaudot
    • Itself pour orchestre symphonique, 18 minutes environ , Billaudot
  • 2011
    • Accolade pour alto, flûte basse et clarinette contrebasse, Billaudot
  • 2010
    • Edges pour piano et percussion, 10 minutes, Billaudot
    • Epigram I cinq poèmes d'Emily Dickinson, pour soprano et ensemble, 15 minutes, Billaudot
  • 2009
  • 2008
    • Bossa Nova pour accordéon, 7 minutes
    • Manifesto pour huit instruments à vent, 10 minutes, Billaudot
    • élec Propaganda pour quatuor de saxophones et électronique
  • 2007
    • élec Lamento pour voix de femme et dispositif électronique, 10 minutes, Billaudot
  • 2006
  • 2005
  • 2004
    • It pour sept instruments, 20 minutes, Billaudot
  • 2003
  • 2002
    • élec ircam Transmission pour basson et électronique, 10 minutes, Billaudot
  • 2001
    • Pleine lune pour chœur d'enfants, violon, contrebasse et fagott, 8 minutes, Billaudot
  • 2000
  • 1999

Bibliographie

  • Franck BEDROSSIAN, De l'excès du son, avec des articles de Pierre Roullier, Philippe Leroux, Raphaël Cendo, Bastien Gallet, Alexis Galpérine, Omer Corlaix, éd. de l'ensemble 2e2m, coll. « À la ligne », 2008, 121 pages.
  • Franck BEDROSSIAN, « Du geste au son » entretien avec Cyril Béros dans Accents, journal de l’Ensemble intercontemporain, n° 29, avril-juillet 2006, p. 12.
  • « Franck Bedrossian, le tiers son », entretien recueilli par Omer Corlaix dans Musica Falsa n° 20, automne 2004, p. 118.

Discographie

  • Franck BEDROSSIAN, « Manifesto » : It ; La Solitude du coureur de fond ; Tracés d'ombres ; Manifesto ; Bossa Nova ; Propaganda, Pierre-Stéphane Meugé, Pascal Contet, Quatuor Habanera, ensemble 2e2m, direction : Pierre Roullier, 1 cd æon, 2011, AECD 1106.
  • Franck BEDROSSIAN, Transmission pour basson et électronique, dans « più » portrait de Johannes Schwarz : basson, Ensemble Modern, avec des œuvres de Sascha Janko Dragicevic, Enno Poppe et Pierluigi Billone, 1 sacd EM Medien, 2009, EMSACD-002.
  • Franck BEDROSSIAN, Charleston, ensemble l’Itinéraire, direction : Marc Foster, coproduction Villa Médicis/Radio France/l’Itinéraire, Sismal Records, 2008, SR003.
  • Franck BEDROSSIAN, La conspiration du silence, pour dix-huit musiciens, 1 cd collectif avec des œuvres de Laurent Torrès et Julien Dassié, Orchestre des Lauréats du conservatoire de Paris, direction : Philippe Cambreling, enregistrement du concert du 4 octobre 2003 au conservatoire national supérieur de Paris.

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