updated 2 January 2019
© Marco Delogu

Marco Stroppa

Compositeur italien né le 8 décembre 1959 à Vérone.

Compositeur, chercheur et pédagogue, Marco Stroppa étudie la musique en Italie (diplômes de piano, musique chorale et direction de chœur, composition et musique électronique) auprès de Laura Palmieri, Guido Begal, Renato Dionisi, Azio Corghi et Alvise Vidolin (conservatoires de Vérone, Milan et Venise). De 1984 à 1986, grâce à une bourse de la Fondation Fulbright, il poursuit des études scientifiques au Media Laboratory du Massachusetts Institute of Technology des États-Unis (informatique musicale, psychologie cognitive et intelligence artificielle).

Entre 1980 et 1984 il collabore avec le centre de musique informatique (CSC) de l’Université de Padoue où il réalise sa première composition mixte, Traiettoria (1984), pour piano et ordinateur.

En 1982, à la demande de Pierre Boulez, il s’installe à Paris, où il travaille comme compositeur et chercheur à l’Ircam. Il y dirige aussi le département de recherche musicale entre 1987 et 1990, poste qu’il quitte pour se dédier entièrement à la composition, la recherche et l’enseignement. Les contacts ininterrompus avec cette institution depuis son arrivée en France ont été déterminants dans sa formation musicale et sa démarche de compositeur.

Pédagogue actif et apprécié, Marco Stroppa fonde en 1987 l’atelier de composition et musique informatique au Séminaire international Bartók à Szombathely en Hongrie, qu’il dirige pendant treize ans. Cette expérience lui permet de rencontrer les plus grands musiciens hongrois et de découvrir l’œuvre admirable de nombreux poètes. Ses pièces élet…fogytiglan, Dialogue imaginaire entre un poète et un philosophe (1997), et Hommage à Gy. K. (2004), témoignent de l’intensité de cette expérience.

Titulaire de plusieurs récompenses (entre autres, Prix ASCAP en 1985, Prix Cervo pour la Nouvelle musique en 1990, une mention au Prix Italia en 1992, le Kompositionspreis des Osterfestspiele de Salzburg en 1996), Marco Stroppa a également publié une trentaine d’essais dans plusieurs magazines internationaux. Il prépare un livre consacré à son travail avec le compositeur et musicologue Francis Courtot.

Depuis 1999 il est professeur de composition à la Musikhochschule de Stuttgart, succédant à Helmut Lachenmann. Il a également enseigné la composition aux conservatoires nationaux supérieurs de Paris et de Lyon et participe régulièrement aux activités pédagogiques de l’Ircam.

Souvent groupée autour de cycles thématiques — un cycle de pièces pour soliste et électronique inspirées par des poèmes de e.e. cummings : Miniature Estrose (2001), Auras (2003), little i (1996), I will not kiss your f.ing flag (2005), … of silence (2007), hist whist (2009), un cycle de concertos inspirés par des poèmes de W. B. Yeats : Upon a Blade of Grass pour piano et orchestre (1996), From Needle’s Eye pour trombone, double quintette et percussion (1996, révisé en 2008) — l’œuvre de Marco Stroppa est inspirée par la lecture de nombreux textes poétiques et mythiques et par le contact personnel avec des interprètes comme Pierre-Laurent Aimard, Cécile Daroux, Florian Hölscher, Thierry Miroglio, Jean-Guihen Queyras, Benny Sluchin.

Elle comprend plusieurs pièces pour instruments acoustiques et pour lutherie électronique, deux opéras radiophoniques, des œuvres de théâtre musical et de nombreux projets spécifiques, comme la musique pour le spectacle Race de Pascal Rambert, pour piano et électronique, créé au Festival Octobre en Normandie en 1997. On peut citer notamment Zwielicht pour contrebasse, deux percussions et projection du son à treize dimensions (1998) et Come Natura di Foglia, une commande de l’Ircam pour voix et électronique qui est sa première œuvre vocale (1997), suivie de Cantilena pour trois chœurs à seize voix (2003), de Lamento pour chœur à six voix (2006) et de Perchè non riusciamo a vederla, cris, appels et clameurs pour chœur a cappella avec alto obbligato ad libitum (2008).

Parmi ses œuvres orchestrales récentes, Ritratti senza volto composé pour l’orchestre de Paris en 2007, les concertos No Boughs pour piccolo et orchestre à cordes et And one by one we drop away pour violoncelle et orchestre en 2006, Like Milk Spilt pour accordéon, deux accordéons « ombres » et quatre groupes orchestraux en 2008 et Let me sing into your ear pour cor de basset et orchestre en 2010. Son premier opéra Re Orso, basé sur un texte d’Arrigo Boito, est créé à l’Opéra comique à Paris en 2012.


© Ircam-Centre Pompidou, 2019

Bibliographie

  • Giacomo ALBERT, La musica di Marco Stroppa: percorsi paralleli tra tecnologia e pensiero compositivo, mémoire de Maîtrise, sous la direction de Gianmario Borio, Université de Parme, Faculté de Musicologie, 2006.
  • Lidia BRAMANI, Memoria e attesa: il presente nella musica, De Sono Editions, Associazione per la Musica, Turin, 1994.
  • Lidia BRAMANI, Versuch über die Ästhetik Marco Stroppas, livret du programme du cycle Next Generation of the 1996 Salzburger Festspiele, 1996.
  • Jérôme CHADEL, « Interactions Piano / Machine dans Traiettoria… deviata de Marco Stroppa. », mémoire de D.E.A. Arts option Musique, sous la direction de Márta Grabócz, Université Marc Bloch de Strasbourg, 2000.
  • Danielle COHEN-LEVINAS, Entretien avec Marco Stroppa, dans Les Cahiers de l’Ircam n° 3, Paris, Ircam - Centre Pompidou, 1993.
  • Giordano FERRARI, « Opéras Radiophoniques, un genre de dramaturgie musicale », Musique et Dramaturgie, Esthétique de la représentation d’avant-garde, sous la direction de Laurent Feneyrou, CDMC Sacem, 2000, p. 639-651.
  • Giordano FERRARI, « Verso la commedia: coordinate per un dramma in musica » Sonus, 1995, p. 31-46.
  • Giordano FERRARI, « Vers un Scénario Imaginaire : l’Opéra Radiophonique Italien », Musique : Texte, Les Cahiers de l’Ircam, n° 6, 1994, p. 71-80.
  • Xavier HAUTBOIS, Formulation et Formalisation des Contraintes en Informatique Musicale, approches des compositeurs Marco Stroppa et Philippe Hurel, mémoire de D.E.A. en Musique et musicologie du XXe Siècle, sous la direction de Hugues Dufourt, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1991.
  • Florian HÖLSCHER, « Anmerkungen zu Marco Stroppas Zyklus Miniature Estrose für pianoforte d’amore » in Physiologie des Klaviers, Julia Kursell, Hrsg. (éditeur), Max-Planck-Instituyt für Wissenschaftsgeschickte, Preprint 366, 2009, téléchargement pdf sur http://www.mpiwg-berlin.mpg.de (lien vérifié en avril 2020).
  • Stefano MARCATO, « La realizzazione dei suoni sintetici in Traiettoria di Marco Stroppa », Il centro di sonologia computazionale dell’università di Padova. Vent’anni di musica elettronica, CIMS, Centro per le iniziative musicali in Sicilia, Palermo, 2001.
  • Nathalie RUGET, M. Stroppa : une démarche compositionnelle. Un parcours possible à travers Miniature Estrose, Upon a Blade of Grass, et Hiranyaloka, mémoire de DEA de Musique, sous la direction de Jean-Yves Bosseur, Université de Paris IV Sorbonne, 1999.
  • Marco STROPPA, Jean BRESSON, « Electronic dramaturgy and computer-aided composition in Re Orso », dans The OM Composer’s Book volume 3, (Jean Bresson, Carlos Agon, Gérard Assayag, éd.), éditions Delatour/Ircam-Centre Pompidou, coll. « Musique/Sciences », 2016
  • Marco STROPPA, « Accorder musicalement un espace réel et un espace inventé. Entretien avec Jehanne Dautrey », dans Rue Descartes, n° 56, puf, Paris, 2007 p. 70-81.
  • Marco STROPPA, Serge LEMOUTON, et Benny SLUCHIN, « Using the augmented trombone in I will not kiss your f.ing flag », dans NIME 06, Paris, juin 2006, p. 304-307 en ligne sur http://www.nime.org/2006/proceedings.htm (lien vérifié en avril 2020).
  • Marco STROPPA, « Gibt’s was Neues ? », dans Zeitschrift Musik & Ästhetik, année IX, vol. 33, 2005, Klett-Cotta, Stuttgart, p. 83-84, (p. 67-85, « Forum » des compositeurs).
  • Marco STROPPA, Serge LEMOUTON, Carlos AGON, omChroma ; vers une formalisation compositionnelle des processus de synthèse sonore, Paris, Ircam - Centre Pompidou, 2002.
  • Marco STROPPA, Gérard ASSAYAG, Carlos AGON, « High Level Musical Control of Sound Synthesis in OpenMusic », dans Proceedings of the 2000 ICMC, Berlin, 2000.
  • Marco STROPPA, « Paradigms for the High-level Musical Control of Digital Signal Processing », dans Proceedings of the COST G-6 Conference on Digital Audio Effects, DAFX-00, Vérone, décembre, 2000*.*
  • Marco STROPPA, « Les chemins de la création », dans Due anni di lavoro, Institut Italien de Culture, Paris, 2003, p. 64-67. Intervention dans cadre du Colloque sur la Création, Fondation Jean-Jaurès, La Villette, Paris, 2000.
  • Marco STROPPA, « Live Electronics or … Live Musics? Towards a Critique of Interaction » [avec exemples sonores dans un Cd], The Aesthetics of Live Electronic Music, Marc Battier, ed., Contemporary Music Revue, Harwood Academic Publishers, London, 1999.
  • Marco STROPPA, « In cielo, in terra, in mare », Musique et Dramaturgie, Esthétique de la représentation d’avant-garde, sous la direction de Laurent Feneyrou, CDMC Sacem, 2000, p. 653-659.
  • Marco STROPPA, « Un Orchestre Synthétique : Remarques sur une Notation Personnelle », Le timbre : Métaphores pour la composition, J.B. Barrière ed., Ed. C. Bourgois, Paris, 1991, p. 485-538.
  • Marco STROPPA, Jacques DUTHEN, « Une représentation de structure temporelle par synchronisation de pivots », dans Actes du .I.M. Colloque « Musique et Assistance Informatique » (Marseille, 3-6 Octobre 1990), éd. Christian Bourgois, Paris, 1991, p. 305-322.
  • Marco STROPPA, « Musical Information Organisms: An Approach to Composition », Music and the Cognitive sciences, S. Mc Adams et I. Deliège dir., Contemporary Music Revue, vol. 4, Harwood Academic Publishers, London, 1989. Trad. en français : « Les Organismes d’Information Musicale : Une Approche de la Composition » La Musique et les Sciences Cognitives, Contemporary Music Revue, Pierre Mardaga, Bruxelles, 1989, p. 203-234.
  • Marco STROPPA, « L’Esplorazione e la Manipolazione del Timbro », LIMB Bullettin n° 5, édition La Biennale de Venise, 1985.
  • Alessandro TAMBURINI, « Ritratto di poetica musicale: Traiettoria, per pianoforte e computer di Marco Stroppa » dans LIMB Bullettin n° 5, Edition La Biennale de Venise, 1985, p. 69-76.
  • Vincent TIFFON, Noémie SPRENGER-OHANA, « The Creative Process in Traiettoria: An Account of the Genesis of Marco Stroppa’s Musical Thought », Contemporary Music Review, vol. 30, n° 5, 2012.

Discographie

  • Marco STROPPA, Come play with Me, SWR Symphonieorchester, Pascal Rophé : direction, dans « Donauschinger Musikstage 2018 », 2 cd Neos, 2019, NEOS 11924_15.
  • Marco STROPPA, Space, ensemble KNM Berlin, dans « Space », 1 cd Wergo, 2018.
  • Marco STROPPA, Auras, Thierry Miroglio, percussion, dans « The World of Percussion », avec des œuvres de Bruno Mantovani, Peter Eötvös, René Leibowitz, Philippe Hersant et Jean-Claude Risset, 1 cd Naxos, 2016.
  • Marco STROPPA, Tangata manu, dans « Liszt project », Pierre-Laurent Aimard : piano, avec des pièces de Franz Liszt, Richard Wagner, Alexander Scriabin, Béla Bartók, Olivier Messiaen et Maurice Ravel, 1 cd Deutsche Grammophon, 2011, DGG 4779439.
  • Marco STROPPA, Traiettoria, Spirali, Pierre-Laurent Aimard : piano, Quatuor Arditti, 1 cd Stradivarius - Riccordi oggi, 2009, STR 57008.
  • Marco STROPPA, Miniature Estrose, Libro Primo ; Ahu Tang, Tamara Stefanovich : piano, dans « Edition Klavier Festival Ruhr 2005 », vol. 9, 3 cd AVIM, 2008, 553015.
  • Marco STROPPA, Miniature Estrose, Libro Primo, Florian Hölscher, piano, 1 cd Stradivarius, 2005, STR 33713.
  • Marco STROPPA, Ossia, Annette Bik, violon, Andrea Lindenbaum, violoncelle, Mathilde Hoursiangou, piano (Klangforum Wien), 1 cd Col legno, Donaueschinger Musiktage 2005, vol. 3, WWE 20246.
  • Marco STROPPA, Spirali, Quatuor Arditti, 1 cd  Auvidis/Montaigne, 1995, MO 782042.
  • Marco STROPPA, Hiranyaloka, Südwestfunk Orchester, direction : Michael Gielen, 3 cd Col Legno, Donaueschinger Musiktage, 1995 WWE 31882.
  • Marco STROPPA, Traiettoria, Pierre-Laurent Aimard : piano, Marco Stroppa, projection du son, 1 cd Wergo, 1992, WER 2030-2.
  • Marco STROPPA, Due Miniature Estrose, Pierre-Laurent Aimard : piano, enregistrement du concert du festival Présences 92, Radio France, 1 cd ADES, 1992, 202282.

Lien Internet

(liens vérifiés en avril 2020).