updated 3 December 2019

Oliver Schneller

Compositeur allemand né le 26 mars 1966 à Cologne.

Né à Cologne, Oliver Schneller grandit en Afrique, en Europe et en Asie. Il étudie les sciences politiques et la musicologie à l’université de Bonn puis se rend au Népal en 1990-1991 pour un projet avec l’institut Goethe de Katmandu portant sur le soutien à la musique traditionnelle. En 1994, il va étudier la composition aux États-Unis, d’abord au New England Conservatory de Boston puis à la Columbia University de New York avec Tristan Murail. En 2002, il soutient sa thèse de doctorat qui concerne la spatialisation de la musique. Il participe au développement du CUNI (Computer Music Studio de l’université de New York). En  2000-2001, il suit le Cursus de composition et d’informatique de l’Ircam. Tout au long de ces années d’études, il participe à divers masterclasses avec Salvatore Sciarrino, Jonathan Harvey, Brian Ferneyhough, George Benjamin et Vinko Globokar.

Saxophoniste, Oliver Schneller intervient dans des ensembles comme le George Russell Big Band, le Gustav Mahler Youth Symphony sous la direction de Seiji Ozawa, le Tanglewood Music Center Orchestra et comme soliste du Tan Dun’s Red Forcast. Il joue avec plusieurs ensembles de jazz et d’improvisation à Cologne, Amsterdam, Boston et New York.

La musique d’Oliver Schneller est jouée dans d’importants festivals internationaux. Son catalogue très varié reflète aussi bien son aisance avec le medium électronique et les questions de spatialisation, avec lesquels il compose de nombreuses pièces – Die Unendliche Feinheit des Raumes Theatrum  sonorum, pour orgue, cor, percussion, tuba, huit haut-parleurs et vidéo-projection (2005)La couleur du son installation audiovisuelle pour haut-parleurs et projection vidéo (2008) – que son attrait pour les traditions ethniques, à travers l’utilisation d’intruments d’Extrême-Orient  : Anaclasis pour flûte à bec, trompette, sho, piano et violoncelle (2008), Kumoijoshi pour koto et saxophone soprano (1995). De même, les effectifs instrumentaux sont très variés, de la pièce soliste à Reed-Weed pour saxophone (1996), à l’orchestre  Metall pour grand orchestre (2006-2008), en passant par des pièces vocales comme Alice Settingpour soprano, chœur, percussion, cordes et piano (1997), Candidum lilium pour deux sopranos, deux ténors, voix basses et électroniquelive (1997) que par des pièces de musique de chambre qui évoquent aussi bien son expérience jazzistique que des pratiques musicales anciennes comme Hoqueterie pour deux saxophones, guitare et percussion (1996).

De 2002 à 2004 Oliver Schneller est compositeur en recherche a l’Ircam et y réalise Jardin des fleuves pour ensemble avec électronique live et spatialisation. En 2006-2007 il est en résidence à la  Villa Massimo, académie d’Allemagne à Rome, où est créée l’installation sonore Cento Correnti (2006) et qui lui commande Stratigraphie pour six instruments et six haut-parleurs (2006) et Voice Space, installation sonore créée en 2007. En 2009, il conçoit également une installation sonore de 48 canaux dans le cadre de l’exposition TASWIR - Islamische Bildwelten und Moderne, organisée par Almut Bruckstein.

Par ailleurs, Schneller enseigne et continue ses recherches sur les musiques traditionnelles. Il donne des séminaires d’acoustiques et psychoacoustique pour les compositeurs à l’université des arts de Berlin. En 2004, il est directeur artistique du festival Tracing Migrations qui programme des œuvres de compositeurs contemporains des pays arabes. En 2005, il anime un programme où interviennent aussi Toshio Hosokawa et Helmut Lachenmann, sur la  comparaison des concepts de beau dans la musique, entre l’Orient et l’Occident. Il est professeur invité du projet Global Interplay des rencontres Musik der Jahrhunderte Stuttgart. En 2009-2010, Oliver Schneller est professeur de composition au conservatoire de Stuttgart, en remplacement de Marco Stroppa. De 2012 à 2015, il est professeur de composition au Conservatoire de Musique de Hanovre et directeur de l’Incontri (Institut für Neue Musik). En parallèle, en 2013, il est co-curateur du MaerzMusik Festival de Berlin. Oliver Schneller est ensuite nommé en 2015 professeur de composition à l’Eastman School of Music de Rochester (New-York, USA), et directeur du Eastman Audio Research Studio (EARS). Oliver Schneller est professeur invité du DAAD Edgard Varèse de l’Université technique de Berlin, à l’ocasion du semestre d’hiver 2018-2019.
Il est actuellement professeur de composition au Conservatoire Robert Schumann de Düsseldorf.


© Ircam-Centre Pompidou, 2009

Sources

Site personnel du compositeur (voir ressources documentaires).

Discographie

  • Oliver SCHNELLER, Phantom Islands, Ensemble Modern, Ensemble Recherche, 1 CD Telos, 2019, TSL 242.
  • Oliver SCHNELLER, Cyan, dans « Architecture of Time », 1 CD Telos, 2016, TLS 181.
  • Oliver SCHNELLER, Aqua Vit, Ensemble Court-circuit, direction : Pierre-André Valade, dans « Edition Zeitgenössische Musik - Collection 6 », 1 CD Wergo, 2012, WER 65912.
  • Oliver SCHNELLER, Resonant Space, Makrokosmos Quartet, dans « Round Midnight », 1 CD Hat Hut, 2012, LC 6048.
  • Oliver SCHNELLER, Wu Xing/Fire, Cottbus Philharmonic Orchestra, direction : Evan Christ, dans « Impulse », 2 CD Telos, DDD, 2012, LC 02966.
  • Oliver SCHNELLER, And Tomorrow…, Heather O’Donnell : piano, dans « Responses to Ives », 1 CD Mode Records, 2011, Mode 211.
  • Oliver SCHNELLER, Aqua vit ; Trio ; Five imaginary spaces ; Stratigraphie I ; Resonant space ; Sratigraphie II, ensemble Court-circuit, direction : Pierre-André Valade, ensemble Mosaik, ensemble UnitedBerlin, direction : Titus Engel, Ensemble Cairn, direction : Guillaume Bourgogne, Heather O’Donnell : piano, 1 cd Zeitgenössischemusik, Wergo, 2011.

Bibliographie sélective

Textes d’Oliver Schneller
  • Oliver SCHNELLER, « Dritte Räume, Hybridisierung als ästhtische Strategie », in MusikTexte n°164, février 2020, p.24-28
  • Oliver SCHNELLER, « Die Auflösung des Klangs », in Positionen - Digital Natives, n°116, août 2018, p. 24-29
  • Oliver SCHNELLER, « Neue Musik in Arabischen Ländern », in Lexicon Neue Musik, 2016, p. 181-186
  • Oliver SCHNELLER, « Klangforschung und Komposition, Einige Gedanken zum Spektralen Ansatz », in Neue Zeitchrift für Musik, 02/2013, p. 26-32
  • Oliver SCHNELLER, « Raumklang-Klangraum: Über Pierre Boulez Répons », in Magazin der Berliner Philharmoniker, octobre 2005, p. 38-40
  • Oliver SCHNELLER, « Sonic Arts in Germany », in Computer Music Journal 26/4, printemps 2002, M.I.T Press, p. 54-57
Textes sur Oliver Schneller
  • Stefan Drees, « Komponieren als Ausdruck einer Weltsicht. Zwei Momentaufnahmen zu Oliver Schnellers Komponieren aus den Jahren 2007 un 2019 », in MusikTexte n°164, février 2020, p. 29-38
  • Ole HÜBNER, « Oliver Schnellers Acqua Vit (1998/99) als Brücke zwischen traditionellem Soundscape und innovativem Konzertstück », in Seiltanz, n°4, avril 2012 
  • Leonie REINEKER, « Wirklichkeit und Mimesis. Zur Gestaltung künstlicher Raum und Zeitstrukturen in Aqua Vit (1998/99) von Oliver Schneller », in Seiltanz, n°4, avril 2012
  • Eric DENUT, « Entretien avec Oliver Schneller », in Accents, la revue de l’Ensemble Intercontemporain, n°24, 2004, p. 16
  • Bastien GALLET, « Paroles d’Oliver Schneller », in IRCAM saison artistique 04/05, n°1, 2004, p. 21

Liens Internet

(liens vérifiés en décembre 2019)