updated 28 November 2017

György Kurtág

Compositeur hongrois né le 19 février 1926 à Lugoj.

Né en Roumanie en 1926, György Kurtág étudie le piano à partir de 1940 avec Magda Kardos et la composition avec Max Eisikovits. Il se rend à Budapest en 1946, où il étudie la composition auprès de Sandor Veress et Ferenc Farkas, le piano auprès de Pál Kadosa et la musique de chambre auprès de Leo Weiner.

Contrairement à son ami Ligeti, il reste vivre en Hongrie où ses œuvres sont presque toutes créées jusque dans les années quatre-vingt. Il fait cependant un séjour à Paris, en 1957-1958, où il étudie avec Marianne Stein et suit des cours d’Olivier Messiaen et de Darius Milhaud. Ces influences, auxquelles s’ajoutent celles des Concerts du Domaine musical dirigé par Pierre Boulez, l’imprègnent des techniques de l’Ecole de Vienne : Arnold Schoenberg et Anton Webern puis des Gruppen de Karlheinz Stockhausen. Ce séjour à Paris marque profondément ses idées sur la composition. La première œuvre qu’il signe de retour à Budapest, le Quatuor à cordes, est qualifiée d’opus n° 1.

Professeur de piano, puis de musique de chambre à l’Académie de Budapest de 1967 à sa retraite en 1986, il poursuit encore aujourd’hui sa tâche de pédagogue. Le cycle de pièces pour piano destiné particulièrement aux enfants et inspirés de leurs jeux, Játékok (1973-1976) (jeux) témoigne de son grand investissement dans l’enseignement et d’une approche pédagogique nouvelle.

L’essentiel des œuvres de Kurtág est dévolu à la petite forme comme le montre le titre du cycle pour quatuor Microludes (1977-1978). Il compose en particulier des petites pièces pour la voix, en laquelle il voit un instrument aux possibilités nouvelles qui dépasse son rôle narratif habituel ou opératique. Ces petites pièces sont souvent réunies en cycles : Messages de feu Demoiselle Troussova pour soprano et ensemble (1976-1980), Les Propos de Peter Bornemisza, opus 7 (1963-1968). La sémantique est au centre des préoccupations du compositeur. La musique qu’il compose pour les poèmes de Pilinszky, Dalos, Kafka, Beckett, met le plus possible en valeur l’aspect déclamatif de l’œuvre littéraire et l’unité et l’intelligibilité du texte.

La musique de chambre est aussi, pour le compositeur qui l’a toujours enseignée, un terrain de prédilection. Il utilise souvent le cymbalum, instrument traditionnel de Hongrie : Duos (1960-1961), Szálkák (1973).

À l’exception de quelques œuvres, comme Stele (1994), pour grand orchestre que lui commanda Claudio Abbado, et …Concertante … op. 42 pour violon, alto et orchestre (2003), Kurtág aborde rarement les grandes œuvres pour orchestre, lui préférant les petits effectifs et les formes brèves pour son travail sur la recherche de l’essentiel et de l’efficacité dramatique dans un certain dépouillement.

Membre honaire de plusieurs Académie en Europe et aux États-Unis et invité en résidence dans de nombreuses villes européennes, György Kurtág a reçu de très nombreux prix parmi lesquels le Prix Ernst von Siemens en 1998 et le Grawemeyer Award pour …concertante…, Op. 42 en 2006.


© Ircam-Centre Pompidou, 2012

Sources

  • Editio Musica Budapest
  • Rachel BECKLES WILLSON : « György Kurtág » ed. L. Macy, Grove Music Online.

Documents

Bibliographie

  • Philippe ALBÈRA (sous la dir. de), György Kurtág. Entretiens, textes, dessins: trois entretiens avec Bálint András Varga, deux hommages à György Ligeti et autres textes, éditions Contrechamps, Genève, 2009 [nouvelle édition, revue et complétée de :*György Kurtág.*Entretiens, textes, écrits sur son œuvre, Genève, Contrechamps, 1995].
  • István BALÁZS, « György Kurtág XE “Kurtág” : Attila József XE “József” -Fragmente op. 20 XE “op. 20” für Sopran solo », Melos, vol. XLVIII/1, 1986/1, p. 31-62.
  • Rachel BECKLES WILLSON & Alan E. WILLIAMS (sous la dir. de), Contemporary Music Review, vol. 20, part 2 + 3, 2001 [Ce numéro s’intitule: Perspectives on Kurtág].
  • Tobias BLEEK, « Eine „mißverstandene“ Kompositionsaufgabe als Ausweg. Zu Kurtágs unpublizierten Klavierstücken 1957-58 », Mitteilungen der Paul Sacher Stiftung, n° 21, April 2008, p. 32-37.
  • Haydée CHARBAGI, « Comment le dire ? Sur …pas à pas – nulle part… », Po&sie, n° 120, 2007, p. 142-164.
  • FESTIVAL D’AUTOMNE À PARIS, György Kurtág [Brochure réalisée par le Festival d’automne à Paris], Paris, Festival d’automne à Paris, 1994. 
  • Péter HALÁSZ (sous la dir. de), Studia Musicologica Academiae Scientiarum Hungaricae, tomus XLIII, fasciculi 3-4, 2002 [Ce numéro s’intitule: Hommage à Kurtág].
  • Peter HOFFMANN, « Post-webernsche Musik ? György Kurtágs Webern-Rezeption am Beispiel seines Streichquartett op. 28 », Musiktheorie, n° VII/2, Feb. 1992, p. 129-148.
  • György KROÓ, « Les Dits de Péter Bornemisza de György Kurtág, trad. par Mireille T. Tóth, dans Philippe ALBÈRA (sous la dir. de), op. cit., p. 99-144.
  • György KURTÁG, Entretiens, textes, dessins, trois entretiens avec Bálint András Varga, deux hommages à György Ligeti et autres textes, éditions Contrechamps, Genève, 2009.
  • György KURTÁG, « Játékok : une leçon de György Kurtág », trad. par Stella Senes, dans Philippe ALBÈRA (sous la dir. de), op. cit., p. 21-31.
  • Pierre MARÉCHAUX & Grégoire TOSSER (sous la dir. de), Ligatures : la pensée musicale de György Kurtág, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Aesthetica », 2009.
  • Jean-Paul OLIVE (sous la dir. de), La Musique et la création de György Kurtág [actes du colloque de l’Institut hongrois de Paris, mai 2006], Paris, L’Harmattan, coll. « Arts 8 », 2009.
  • Friedemann SALLIS, « The Genealogy of György Kurtág’s Hommage à R. Sch., op. 15d », dans Péter HALÁSZ (sous la dir. de), op. cit., p. 311-322.
  • Friedemann SALLIS, « Fleurs recyclées : sur les traces de relations souterraines dans l’Officium Breve in memoriam Andreæ Szervánszky opus 28 pour quatuor à cordes de György Kurtág », Circuit, vol. 18, n° 1, 2008, p. 45-58.
  • Claudia STAHL, Botschaften in Fragmenten : die Großen Vokalzyklen von György Kurtág, Saarbrücken, Pfau, 1998.
  • Grégoire TOSSER, « Hommages en fragments : le chemin entre György Kurtág et Luigi Nono », Drammaturgia Musicale e altri studi, fascicolo 2, inverno 2004, p. 45-67.
  • Bálint András VARGA, « György et Márta Kurtág s’entretiennent avec Bálint András Varga (Vienne, le 25 septembre 1996) », Po&sie, n° 120, 2007, p. 165-181.

Discographie

  • György KURTÁG, Kurtág’s Ghosts, Marino Formenti : piano, œuvres de György Kurtág, Guillaume de Mauchaut, Karlheinz Stockhausen, Olivier Messiaen, Pierre Boulez, Modest Mussorgsky, Domenico Scarlatti, Jean-Sébastien Bach, Joseph Haydn, Franz Schubert, Bela Bartók, Ludwig van Beethoven, Henry Purcell, Robert Schumann, leos Janácek, Frédéric Chopin, György Ligeti, Franz Liszt, 2 cds 2009, n° 0012902KAI.
  • György KURTÁG, Jeux et Transcriptions de Machaut à J. S. Bach [sélections 1 et 2], Gábor Csalog (avec la participation de András Kemenes, Ha Neul-Bit, Aliz Asztalos, Márta et György Kurtág), piano, 2 CD séparés Budapest Music Center, BMC 123 et 139, 2006 et 2008 [Játékok, enregistré entre 2003 et 2005].
  • György KURTÁG, …concertante… op. 42, Hipartita op. 43, Zwiegespräch, Sélection de Jeux et de Transcriptions de Machaut à J. S. Bach, György et Márta Kurtág, piano droit avec sourdine d’étude, Quatuor Keller, György Kurtág Junior, synthétiseur, Hiromi Kikuchi, violon, Ken Hakii, alto, Hungarian National Philharmonic Orchestra dirigé par Zoltán Kocsis, 1 CD Budapest Music Center, BMC 129, 2007 [Kurtág : 80, enregistré en public en février 2006].
  • György KURTÁG, Hölderlin-Gesänge op. 35a, …pas à pas – nulle part… op. 36, Extraits des Signes, jeux et messages pour cordes, Kurt Widmer, baryton, Heinrich Huber, trombone, David LeClair, tuba, Mircea Ardeleanu, percussion, Orlando Trio, 1 CD ECM New Series 1730, n° 461 833-2, 2003 [enregistré en 2002].
  • György KURTÁG, S.K. – Bruit-souvenir op. 12, Messages de feu Demoiselle R. V. Troussova op. 17, Scènes d’un roman op. 19, Fragments d’Attila József op. 20, Adieu op. 26 n° 4, Adrienne Csengery, soprano, Márta Fábián, cymbalum, András Keller, violon, Ferenc Csontos, contrebasse, György Kurtág, piano, Budapest Chamber Ensemble dirigé par András Mihály, 1 CD Hungaroton, HCD 31821, 1998 [Works for soprano, enregistré entre 1982 et 1994].
  • György KURTÁG, Extraits des Jeuxet des Transcriptions de Machaut à J. S. Bach, Márta et György Kurtág, piano, 1 CD ECM New Series 1619, n° 453 511-2, 1997 [enregistré en 1996].
  • György KURTÁG, Tombeau de Stephan op. 15c et Stèle op. 33, Jürgen Ruck, guitare, Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par Claudio Abbado, 1 CD Deutsche Grammophon, DG 447 761-2, 1996 [enregistré en 1994].
  • György KURTÁG, Fragments de Kafka op. 24, Adrienne Csengery, soprano, András Keller, violon, 1 CD Hungaroton, HCD 31135, 1995 [enregistré en 1990].
  • György KURTÁG, Signes op. 5, Hommage à R. Sch. op. 15d, Extraits des Signes, jeux et messages pour alto solo, Eduard Brunner, clarinette, Kim Kashkashian, alto, Robert Levin, piano, 1 CD ECM New Series 1508, 437 957-2, 1995 [enregistré en 1992 et 1994].
  • György KURTÁG, Extraits des Jeux, des Signes, jeux et messages*, et desTranscriptions de Machaut à J. S. Bach,Tombeau de Stephanop. 15c,Trois inscriptions anciennesop. 25,Requiem pour un amiop. 26,…quasi una fantasia…op. 27 n° 1,Op. 27 n° 2 [Double concerto],Samuel Beckett : Comment direop. 30b,*Ligatura-message à Frances-Marie (The Answered Unanswered Question)*op. 31b, etc., Adrienne Csengery, soprano, Zoltán Gál, alto, Márta et György Kurtág, piano, Quatuor Keller, Miklós Perényi, violoncelle, Zoltán Kocsis, célesta et piano, Ildikó Monyók, alto (récitation), Solisten des Tomkins Vokalensemble, Budapester Festival Orchester dirigé par Péter Eötvös, 2 CD Col Legno, WWE 31870, 1994 [Portraitkonzert : Salzburg 10.8.1993, enregistrement public].
  • György KURTÁG, Quatuor à cordes op. 1, Hommage à András Mihály : 12 microludes op. 13, Officium breve in memoriam Andreæ Szervánszky op. 28, Quatuor Arditti, 1 CD WDR / Audivis / Montaigne, MO 789007, 1994 [Arditti Quartet Edition 9, enregistré en 1990].
  • György KURTÁG, Huit pièces pour piano op. 3, Huit duos pour violon et cymbalum op. 4, Les Dits de Péter Bornemisza op. 7, Quatre chants sur des poèmes de János Pilinszky op. 11, etc., István Antal, piano, Zoltán Kocsis, piano, Judit Hevesi, violon, József Szalay, cymbalum, István Gáti, baryton-basse, Ensemble instrumental dirigé par András Mihály, Erika Sziklay, soprano, Loránt Szűcs, piano, 1 cd Hungaroton, HCD 31290, 1990 [Works by György Kurtág XE “Kurtág” , enregistré entre 1965 et 1986].

Vidéographie

Film documentaire

  • Judit KELE,L’Homme allumette suivi de Exercices, Les films d’Ici, ZDF / Arte, Hunnia film studio, France supervision, Centre Georges Pompidou, Sacem, Image Création, 1 DVD Juxtapositions / Ideal Audience International, DVD9DS16, 2006 [Films datant de 1996].
DVD proposant des œuvres de Kurtág
  • Eszter PETROVICS, Programme composé mêlant des extraits de L’Art de la fugue de Bach avec des œuvres de Kurtág : Hommage à András Mihály : 12 microludes op. 13, Officium breve in memoriam Andreæ Szervánszky op. 28, Quatre extraits des Signs, Games and Messages, Ligatura, Quatuor Keller, 1 dvd EuroArts 2050759, 2004 [Enregistré en 2000].
  • János DARVAS, Quinze extraits des Jeux, Zoltán Kocsis, piano, 1 dvd Ideal Audience / ARTE France / INA / Naïve, DR 2100 AV 103, 2003 [« La Roque d’Anthéron / Les pianos de la nuit », enregistrement public en 2002].

Liens Internet

(liens vérifiés en novembre 2017).