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Billie Holiday, Édith Piaf et Elisabeth Schwarzkopf sont trois grandes dames de la musique, nées en 1915. Pourrait-on les faire chanter ensemble ? C’était l’objet d’une performance conçue pour le festival de musique Le pietre che cantano à L’Aquila (Italie) en 2015. Ce défi soulève plusieurs questions musicales: quel type de son serait susceptible de relier Billie Holiday à Schwarzkopf, Schwarzkopf à Piaf? Quel type de structure musicale ? Au moyen du logiciel DYCI2Lib, les trois dames chantent finalement ensemble The Man I Love. ImproteK, la version antérieure de DYCI2Lib, permettait déjà de relier intelligemment l’harmonie du matériau de base utilisé (appelé «souvenirs») à la progression harmonique de la chanson de référence (appelé «scénario »).
Nous ne sommes plus en 2015 : nous avons abandonné Schwarzkopf en route et ferons référence à quatre dames plutôt qu’à trois (Lisa della Casa et Dianne Reeves s’étant entretemps invité à la fête)… Maintenant douée de capacités d’écoute, la machine peut puiser dans sa mémoire musicale pour réagir au jeu de l’instrumentiste improvisateur, en fonction de catégories qu’elle a déduites en analysant cette mémoire. Le processus fait émerger de fascinantes problématiques quant à la notation et au style musicaux: le choix d’une notation commune définira la manière dont l’improvisation suivra le scénario de référence, et l’endroit précis où certains souvenirs sélectionnés proposeront leurs sonorités et caractères propres, en interaction avec la structure. Le résultat peut être saisissant, détonnant, surréaliste, kitsch ; et souvent amusant.
Il n’y avait dans le projet d’origine pas de vidéo : celle-ci a été conçue ensuite comme une application des nouvelles architectures informatiques, celles, musicales, mises en œuvre par Jérôme Nika et celles pour l’image utilisant OpenGL.
Georges Bloch et Jérôme Nika