updated 4 February 2019
© Marco Delogu

Fausto Romitelli

Compositeur italien né le 1er février 1963 à Gorizia, mort le 27 juin 2004 à Milan.

Compositeur des plus prometteurs de la jeune génétation italienne, Fausto Romitelli, né à Gorizia (Italie) en 1963, disparut prématurément en 2004 des suites d’une longue maladie.

Il étudia tout d’abord avec Franco Donatoni à l’Accademia Chigiana de Sienne et à la Scuola Civica de Milan. Outre Donatoni, ses premiers grands modèles furent György Ligeti, Giacinto Scelsi, puis Stockhausen, Boulez et Grisey. Les œuvres des années quatre-vingt témoignent déjà de l’importance du son comme « matière à forger », selon l’expression du compositeur : Ganimede (1986), pour alto, (1989), pour quatorze musiciens.

Dans les années quatre-vingt dix, il poursuivit son investigation du sonore à Paris, à l’Ircam et avec les musiciens de l’Itinéraire – Murail, Grisey, Lévinas, Dufourt. Il suivit le Cursus de composition de l’Ircam et collabora de 1993 à 1995, avec l’équipe Représentations musicales en qualité de compositeur de recherche. Ces expériences sur la synthèse sonore et l’analyse spectrale irriguent les pièces composées à partir de cette période : Sabbia del Tempo (1991) pour six interprètes, Natura morta con fiamme (1991) pour quatuor et électronique.

Compositeur non formaliste, Romitelli ne craignait pas l’hybridation, décloisonnant la frontière entre musique savante et populaire. Distortion, saturation, inspiration du rock psychédélique, harmonie « sale » font partie de son univers musical : Acid Dreams & Spanish Queens (1994), pour ensemble amplifié, EnTrance (1995), Cupio Dissolvi (1996). Le cycle Professor Bad Trip I, II et III (1998-2000), associant des couleurs instrumentales acoustiques distordues, électriques ainsi que d’accessoires comme le mirliton et l’harmonica, s’inspire des œuvres d’Henri Michaux écrites sous l’effet de drogues et recrée une atmosphère hallucinatoire.

An Index of Metals (2003), video-opéra pour soprano et ensemble avec vidéo de Paulo Pachini est l’œuvre testament de Fausto Romitelli, synthèse et sommet de son langage musical.


© Ircam-Centre Pompidou, 2019

Sources

  • Site de l’ensemble Ictus (voir ressources documentaires)
  • Site du label Cyprès (voir ressources documentaires)

Documents

Bibliographie

  • Alessandro ARBO, Anamorphoses : études sur l’œuvre de Fausto Romitelli, Paris, Hermann, 2015.
  • Alessandro ARBO (textes réunis par.), Le corps électrique. Voyage dans le son de Fausto Romitelli, éd. L’Harmattan, 2005 [titre original : Il corpo elettrico: viaggio nel suono di Fausto Romitelli, ed. Teatro communale di Monfalcone, 2003 ; recueil des entretiens et des écrits de Fausto Romitelli, par Alessandro Arbo, Pierre Michel, Marco Mazzolini, Pierre-Albert Castanet, Éric Denut, Danielle Cohen-Levinas, Omer Corlaix, Véronique Brindeau].
  • Alessandro ARBO, Oltre le periferie dell’impero : omaggio a Fausto Romitelli, Turin, Trauben, 2014.
  • Éric DENUT, Fausto Romitelli, a Short Index, texte en ligne sur le site de l’ensemble Ictus avec extrait audio et extrait vidéo de An Index of Metals (lien vérifié en mai 2020).
  • Fausto ROMITELLI, preliminary notes, sur le site du label Cyprès, http://www.cypres-records.com (lien vérifié en mai 2020).

Discographie, filmographie

  • Fausto ROMITELLI, Domeniche alla periferia dell’impero, Prima domenica, Ensemble Multilatérale, direction : Léo Warinsky, dans « J’Ouïs », 1 cd L’Empreinte digitale, 2020, ED13260, avec des œuvres de Gérard Grisey, Tristan Murail, Franck Bedrossian et Yann Robin.
  • Fausto ROMITELLI, Solare, La Lune et les Eaux, Seascape, Coralli, Simmetria d’oggetti, Highway to Hell, Trash TV Trance, dans « Solare », 1 cd Stradivarius, 2018, STR 37099.
  • Fausto ROMITELLI, Gofi d’Ombra, dans « Golfi d’Ombra », 1 cd Stardivarius, 2014, STR 33998.
  • Fausto ROMITELLI, « Anamorphosis » : Amok Koma ; Domeniche alla periferia dell’impero ; La sabbia del tempo ; Nell’alto dei giorni immobili ; Blood On The Floor ; Painting, Talea Ensemble, direction : James Baker, 1 cd Tzadik, 2012.
  • Fausto ROMITELLI, « The Nameless City » : Amok Koma ; Flowing down too slow ; Domeniche alla periferia dell’impero ; Nell’alto dei giorni immobiliThe Nameless City, ensemble Musiques Nouvelles, direction : Jean-Paul Dessy, 1 cd Cyprès, 2012.
  • Fausto ROMITELLI, Cupio dissolvi, Ensemble Phoenix Basel, 1 cd MGB, 2008, avec des œuvres de Jim Grimm, Beat Furrer, Jorge Sanchez-Chiong et Alex Buess, n° MGB 110.
  • Fausto ROMITELLI, Audiodrome [œuvres orchestrales] : Dead City Radio. Audiodrome ; EnTrance ; Flowing Down Too Slow ; The Nameless City, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, Donatienne Michel-Dansac : soprano, direction : Peter Rundel, 1 cd Stradivarius, 2005, STR33723.
  • Fausto ROMITELLI, Paolo PACHINI, An Index of Metals, ensemble Ictus, direction : Georges-Elie Octors, Donatienne Michel-Dansac : soprano, 1 cd et 1 dvd Cyprès, 2003. Livret complet disponible sur le site de l’ensemble Ictus (lien vérifié en mai 2020).
  • Fausto ROMITELLI, Professor Bad Trip, ensemble Ictus, 1 cd Cyprès, 2003.
  • Fausto ROMITELLI, Chorus dans « Entente préalable », Les Percussions de Strasbourg, 1Cd collectif Universal Label Una Corda - MFA 12, 2002, avec des œuvres de Jean-Pierre Drouet, Philippe Hurel, Michaël Jarrell, Christian Lauba, Philippe Leroux, Michaël Levinas, François-Bernard Mâche, Martin Matalon, Marc Monnet, Gérard Pesson, Jean-Marc Singier.

Sites Internet

(liens vérifiés en mai 2020)