2 flutes (also alto flute, piccolo, oboe (also English horn, 2 clarinets (also bass clarinet, bassoon (also contrabassoon, 2 horns, trumpet, trombone, tuba, 3 percussionists, celesta, harp, 3 violins, 2 violas, 2 cellos, double bass
Le titre de la nouvelle œuvre de Charlotte Bray, Nothing Ever Truly Ends [Rien ne finit jamais vraiment], dédiée à Pierre Boulez pour la célébration du centenaire de sa naissance, est emprunté au livre de Colum McCann, American Mother, qui a inspiré un opéra à la compositrice. L’ouvrage raconte l’histoire de Diane Foley et sa lutte désespérée pour sauver son fils fait prisonnier par le groupe État islamique. Avec la récurrence d’une courte séquence (deux mesures) notée « Ritualistic » où le temps se suspend, la pièce écrite pour l’Ensemble intercontemporain prend des allures de cérémonial. Charlotte Bray fait appel aux instruments du rituel comme le bol chantant et les cloches à main. S’y ajoute la permanence d’une trame légère, faite de deux notes tenues, qui va voyager dans les différents registres instrumentaux. Célesta, glockenspiel et cymbalum sont autant de couleurs qui alertent l’écoute tout comme le grain très fin obtenu sur les cordes en sourdine jouées « vibrato et sur le chevalet » ou encore cette courte figure chromatique descendante entendue au contrebasson que double le piano. Balisé par ces retours, le parcours de l’œuvre se dessine clairement, amenant l’écriture vers un climax aux deux tiers de la partition, par imbrication et resserrement des motifs mélodico-rythmiques dans une intensité croissante allant jusqu’au triple forte. Les cloches à main signalent le retour au calme (Ritualistic) : la tension se relâche, l’animation se dissipe, l’œuvre finissant comme elle a commencé.
Charlotte Bray conçoit son travail de composition en termes d’engagement, qu’il soit politique, féministe ou encore écologique. « Je trouve primordial en tant qu’artiste de porter un regard sur le monde dans lequel nous vivons », nous confie la compositrice britannique : son premier opéra Entanglement (2015) traite de la peine de mort et des violences domestiques ; sa pièce récente pour violon et piano Mriya (2023), accompagnée d’une installation de la plasticienne Caroline Burraway, se veut un hommage au courage de Volodymyr Zelensky et de son peuple.
Michèle Tosi
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