updated 23 June 2017
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George Antheil

Compositeur américain né le 8 juillet 1900 à Trenton, New Jersey, mort le 12 février 1959 à New York.

Né le 8 juillet 1900 à Trenton, New Jersey, où son père tient un petit magasin de chaussures, George Antheil grandit dans une famille d’immigrés allemands. Il commence le piano à l’âge de 6 ans et montre des capacités musicales exceptionnelles. Dès 1916, il se rend régulièrement à Philadelphie pour étudier avec Constantin von Sternberg, un ancien élève de Franz Liszt. En 1917, il s’enrôle dans l’armée de l’air américaine et reprend, deux ans plus tard, en 1919, ses études à New York, avec Ernest Bloch, qui supervise la composition de sa Symphonie n° 1 « Zingaresca » (1920-1922, révision en 1923). Immergé dans le milieu moderniste new-yorkais, il compose essentiellement des pièces pour piano, percussives, influencées par le courant futuriste. Grâce à une bourse de la mécène Mary Louise Curtis Bok, il entre à la Philadelphia Settlement Music School.

En 1922, Antheil est invité par l’agent Martin H. Hanson à remplacer Leo Ornstein pour une tournée en Europe. Il débute alors une carrière de pianiste d’avant-garde et se produit d’abord à Londres, puis à Budapest, Vienne et Donaueschingen. Mais il réside principalement à Berlin, où il crée sa Sonate n° 2 - Airplane (1921) et fait la connaissance de Stravinsky. Il s’installe l’année suivante à Paris, y fréquente les artistes et les intellectuels, et se lie d’amitié avec James Joyce et ses compatriotes Ezra Pound, Ernest Hemingway, Aaron Copland et Virgil Thomson, entre autres. Il compose alors Sonate n° 2 pour violon, piano et tambour arabe (1923) après un séjour à Tunis, sa stravinskienne Symphonie pour cinq instruments (1922, seconde version en 1923) et son Concerto pour piano (1926). Le 19 juin 1926, au Théâtre des Champs-Élysées, est créé Ballet mécanique (1923-1924, révision en 1952-1953), pour pianos, percussions et divers mécanismes produisant des bruits, qui rencontre un « succès de scandale ». L’œuvre est reprise le 10 avril 1927, en première américaine, au Carnegie Hall de New York. Si A Jazz Symphony (1925, révision en 1955), jouée en première partie du concert, reçoit un accueil favorable du public, le Ballet mécanique est un échec retentissant qui décide Antheil à renoncer à poursuivre dans la voie de l’ultramodernisme musical. À l’hiver 1928, Antheil retourne à Berlin, où il fait la connaissance de Kurt Weill. Il est engagé comme directeur musical adjoint au Théâtre d’État de Berlin. Son premier opéra Transatlantic (1927-1928) est créé le 25 mai 1930 à Francfort. Au printemps 1931, il réside à nouveau en France. Deux bourses Guggenheim (en 1932 et en 1933) lui permettent de composer son deuxième opéra, Helen Retires, créé à New York le 28 février 1934. Durant cette période, il compose aussi de la musique de chambre, dont le Concerto pour quintette à vent (1932).

À l’automne 1933, face à la montée du nazisme, Antheil rentre aux États-Unis et s’installe à New York. Il s’implique dans la vie musicale en organisant des concerts et en participant, aux côtés d’Aaron Copland et Wallingford Riegger, à des comités et organismes liés à la musique moderne. L’année suivante, il compose la musique du ballet Dreams (1934-1935), sur une chorégraphie de George Balanchine, et commence sa Symphonie n° 3 « American » (1936-1939, révision en 1946).

En 1936, Antheil s’établit à Hollywood, comme compositeur de musiques de film. Il écrit une trentaine de partitions pour le cinéma et collabore notamment avec Cecil B. DeMille, Nicholas Ray et Ben Hecht. De 1936 à 1940, il est critique de musiques de film pour la revue Modern Music. Il écrit aussi sur divers sujets non musicaux dans les magazines Esquire et Coronet, puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, il est correspondant de guerre pour le Los Angeles Daily News. En 1940, il est profondément marqué par la mort de son frère, Henry, dont l’avion est abattu en mer Baltique. Sa Symphonie n° 4 « 1942 » (1942) et sa Symphonie n° 5 « Tragic » (1945-1946) témoignent de la douleur de cette perte et des angoisses de la guerre. C’est pendant cette période qu’il invente, avec l’actrice hollywoodienne Hedy Lamarr, un système de téléguidage de torpille marine. En dehors de son activité cinématographique, Antheil continue à composer de la musique de concert et des opéras, dont Volpone (1949-1952) et The Brothers (1954). Un voyage en Espagne, à la fin des années 1950, influence ses dernières œuvres, comme le ballet, composé pour la chaîne de télévision CBS, Capital of the World (1952) et la musique du film de Stanley Kramer The Pride and the Passion (1957). George Antheil meurt d’une attaque cardiaque le 12 février 1959, à New York.


© Ircam-Centre Pompidou, 2017

Catalog sources and details

Musique pour le cinéma, la télévision et la radio

  • 1934 : Harlem Picture (?)
  • 1935 : Once in a Blue Moon de Ben Hecht
  • 1935 : The Scoundrel (Le Goujat) de Ben Hecht et Charles MacArthur (perdu)
  • 1936 : Millions in the Air de Ray McCarey
  • 1936 : The Plainsman (Une aventure de Buffalo Bill) de Cecil B. DeMille
  • 1937 : Make Way for Tomorrow (Place aux jeunes ou Au crépuscule de la vie) de Leo McCarey (perdu)
  • 1937 : The Buccaneer (Les Flibustiers) de Cecil B. DeMille (perdu)
  • 1938 : Union Pacific (Pacific Express) de Cecil B. DeMille
  • 1939 : Music to a World’s Fair, film pour la World’s Communications Building
  • 1940 : Angels Over Broadway (L’Ange de Broadway) de Ben Hecht
  • 1941 : Orchids to Charlie (?)
  • 1946 : Spectre of the Rose de Ben Hecht
  • 1946 : That Brennan Girl d’Alfred Santell
  • 1946 : The Plainsman and the Lady de Joseph Kane
  • 1946 : Repeat Performance d’Alfred L. Werker
  • 1947 : Ballerina (?)
  • 1948 : Knock on Any Door (Les Ruelles du malheur) de Nicholas Ray
  • 1949 : The Fighting Kentuckian (Le Bagarreur du Kentucky) de George Waggner
  • 1949 : Tokyo Joe de Stuart Heisler
  • 1949 : We Were Strangers (Les Insurgés) de John Huston
  • 1950 : House by the River de Fritz Lang
  • 1950 : In a Lonely Place (Le Violent) de Nicholas Ray
  • 1951 : Sirocco de Curtis Bernhardt
  • 1952 : Actors and Sin de Ben Hecht
  • 1952 : The Sniper (L’Homme à l’affût) d’Edward Dmytryk
  • 1953 : The Juggler (Le Jongleur) d’Edward Dmytryk
  • 1955 : Conquest of the Air, pour la télévision (perdu)
  • 1955 : Dementia de John Parker
  • 1955 : Hunters of the Deep (?)
  • 1955 : Not as a Stranger (Pour que vivent les hommes) de Stanley Kramer
  • 1955 : Target Ploesti, pour la télévision (perdu)
  • 1957 : The Pride and the Passion (Orgueil et Passion) de Stanley Kramer
  • 1957 : The Young Don’t Cry d’Alfred L. Werker (il ne reste que deux chansons)
  • 1957 : Woman without Shadow, pour la télévision (CBS)
  • 1957-1958 : The Twentieth Century Series, dix documentaires de télévision (CBS)
  • 1959 : Musique pour les programmes d’Edward R. Murrow à la CBS (perdu)
  • s.d., The Path and the Door, pour la radio
  • s.d., Airpower, pour la télévision
  • s.d., Rough Sketch

Catalog source(s)

Musique pour le cinéma, la télévision et la radio

  • 1934 : Harlem Picture (?)
  • 1935 : Once in a Blue Moon de Ben Hecht
  • 1935 : The Scoundrel (Le Goujat) de Ben Hecht et Charles MacArthur (perdu)
  • 1936 : Millions in the Air de Ray McCarey
  • 1936 : The Plainsman (Une aventure de Buffalo Bill) de Cecil B. DeMille
  • 1937 : Make Way for Tomorrow (Place aux jeunes ou Au crépuscule de la vie) de Leo McCarey (perdu)
  • 1937 : The Buccaneer (Les Flibustiers) de Cecil B. DeMille (perdu)
  • 1938 : Union Pacific (Pacific Express) de Cecil B. DeMille
  • 1939 : Music to a World’s Fair, film pour la World’s Communications Building
  • 1940 : Angels Over Broadway (L’Ange de Broadway) de Ben Hecht
  • 1941 : Orchids to Charlie (?)
  • 1946 : Spectre of the Rose de Ben Hecht
  • 1946 : That Brennan Girl d’Alfred Santell
  • 1946 : The Plainsman and the Lady de Joseph Kane
  • 1946 : Repeat Performance d’Alfred L. Werker
  • 1947 : Ballerina (?)
  • 1948 : Knock on Any Door (Les Ruelles du malheur) de Nicholas Ray
  • 1949 : The Fighting Kentuckian (Le Bagarreur du Kentucky) de George Waggner
  • 1949 : Tokyo Joe de Stuart Heisler
  • 1949 : We Were Strangers (Les Insurgés) de John Huston
  • 1950 : House by the River de Fritz Lang
  • 1950 : In a Lonely Place (Le Violent) de Nicholas Ray
  • 1951 : Sirocco de Curtis Bernhardt
  • 1952 : Actors and Sin de Ben Hecht
  • 1952 : The Sniper (L’Homme à l’affût) d’Edward Dmytryk
  • 1953 : The Juggler (Le Jongleur) d’Edward Dmytryk
  • 1955 : Conquest of the Air, pour la télévision (perdu)
  • 1955 : Dementia de John Parker
  • 1955 : Hunters of the Deep (?)
  • 1955 : Not as a Stranger (Pour que vivent les hommes) de Stanley Kramer
  • 1955 : Target Ploesti, pour la télévision (perdu)
  • 1957 : The Pride and the Passion (Orgueil et Passion) de Stanley Kramer
  • 1957 : The Young Don’t Cry d’Alfred L. Werker (il ne reste que deux chansons)
  • 1957 : Woman without Shadow, pour la télévision (CBS)
  • 1957-1958 : The Twentieth Century Series, dix documentaires de télévision (CBS)
  • 1959 : Musique pour les programmes d’Edward R. Murrow à la CBS (perdu)
  • s.d., The Path and the Door, pour la radio
  • s.d., Airpower, pour la télévision
  • s.d., Rough Sketch

Bibliographie

  • Daniel ALBRIGHT, Modernism and Music: An Anthology of Sources, Chicago / Londres, University of Chicago Press, 2004.
  • George ANTHEIL, Bad Boy of Music, Garden City, New York, Doubleday, Doran & Co., 1945.
  • Hugh FORD, Four Lives in Paris, San Francisco, North Point Press, 1987.
  • John Andrew JOHNSON, « George Antheil (1900-1959) », dans Larry Sitsky et Jonathan D. Kramer (éds.), Music of the Twentieth-Century Avant-garde: A Biocritical Sourcebook, Westport, CT, Greenwood Publishing Group, 2002, p. 1-10.
  • Susan KEY et Larry ROTHE, American Mavericks: Musical Visionaries, Pioneers, Iconoclasts*, Berkeley / Los Angeles, University of California Press, 2001 p. 53–59.
  • Clifford Mc CARTY, « Revising George Antheil’s Filmography », The Cue Sheet, VI/4 (1989), p. 139-142.
  • Carol J. OJA, Making Music Modern: New York in the 1920s, Oxford / New York, Oxford University Press, 2000, p. 71-94.
  • Linda WHITHESITT, The Life and Music of George Antheil, 1900-1959, Ann Arbor, MI, UMI Research Press, 1981.

Discographie

  • George ANTHEIL, String Quartets, Mondriaan String Quartet, 1 cd Etcetera, 1990, KTC 1093.
  • George ANTHEIL, Sonatas for Violin and Piano 1923, 1946. Sonata n° 1Sonata n° 2, formerly New Sonata n° 2, Vera Beths (violin), Reinbert De Leeuw (piano), 1 cd Montaigne, 1994, MO 782022.
  • George ANTHEIL, Jazz Sonata; Sonatina; La Femme 100 têtes, Hideki Nagano (piano), 1 cd Pianovox, 1998, PIA 511-2v.
  • George ANTHEIL, Symphony n° 1Symphony n° 6, Radio-Sinfonie-Orchestrer Frankfurt, sous la direction de Hugh Wolff, 1 cd cpo, 2000, 999 604-2.
  • George ANTHEIL, Symphony n° 4; Symphony n° 6; McKonkey’s Ferry, National Symphony Orchestra of Ukraine, sous la direction de Theodore Kuchar, 1 cd Naxos, 2000, 8.559033.
  • George ANTHEIL, Ballet mécanique (révision de 1953) ; Serenade for String Orchestra n° 1Symphony for Five Instruments (second version) ; Concerto for Chamber Orchestra, Philadelphia Virtuosi Chamber Orchestra, sous la direction de Daniel Spalding, 1 cd Naxos, 2001, 8.559060.

Liens internet