11 juillet 2006 15 min
11 juillet 2006 09 min
25 juillet 1980 01 h 16 min
26 juillet 1980 46 min
23 juillet 1980 01 h 02 min
24 juillet 1980 44 min
24 juillet 1980 31 min
27 juillet 1980 01 h 12 min
28 juillet 1980 43 min
31 juillet 1980 01 h 21 min
17 juillet 1981 01 h 08 min
19 juillet 1981 01 h 40 min
22 juillet 1981 01 h 14 min
29 juillet 1981 01 h 49 min
Composé par Mariana Ungureanu , concert du 11 juillet 2006
Livret d’Emmanuel Reibel.
Autrefois, elle s’amusait à endormir des poèmes. Les poèmes voulaient bien dormir. Elle les faisait dormir longtemps parfois pour son âge. Quand elle voulait les réveiller, les poèmes dormaient toujours. Aucun n’était assez timide pour s’éveiller.
La nuit était obscure et elle éclairait la nuit. Elle venait me trouver. Je la prenais dans mes bras… lentement. Je laissais reposer ma tête sur son épaule… Elle était si lourde ma tête, si lourde… sans doute à cause du sommeil des poèmes. Elle avait un petit rire bizarre, un rire de je ne sais quelle nuit éteinte. Les poèmes ne s’éveillaient jamais plus.
J’ai tant rêvé… J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps que je m’éveille. Je dors debout, le corps exposé aux apparences de la vie et de l’amour… Je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les lèvres et le front de la première venue. J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes.
Je voudrais être… Je voudrais être… je voudrais être ce petit insecte qui t’a chatouillée quand je t’ai connue. Je voudrais être une puce… qui fond dans un escalier où je vivrais avec toi. Je voudrais être ! Sans toi je suis à peine l’interstice entre les pavés des prochaines barricades. Je t’aime comme… Je t’aime comme… je t’aime comme un coquillage aime son sable. Quelqu’un le dénichera quand le soleil aura la forme d’un haricot qui commencera à germer comme un caillou montrant son cœur sous l’averse. Je t’aime, j’ai tant rêvé de toi…
Je porte d’un rivage à l’autre les navires démâtés de ton amour. Je vogue vers une île où je voudrais dormir avec toi. J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille. Ile, bleue, comme, t’aime, talirphe, istphle, toi, yteisse.
Autrefois, elle s’amusait à endormir des poèmes. Les poèmes voulaient bien dormir. Quand elle voulait les réveiller, les poèmes dormaient toujours. Aucun n’était assez timide pour s’éveiller. Les poèmes ne s’éveillaient jamais plus./M.U.
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