updated 14 September 2022
© Christophe Daguet

Edith Canat de Chizy

French composer born 26 March 1950 in Lyon.

  Édith Canat de Chizy was born in Lyon, France on 26 March 1950. She began her musical training studying the violin, an instrument she would play until she began her career as a composer. After completing her secondary studies in Lyon, Canat de Chizy moved to Paris to study art, archeology, and philosophy at the Sorbonne. At the same time, she entered the Conservatoire of Paris (CNSMDP), where she received six premiers prix, including one in composition, and began studying electroacoustics with the Groupe de recherche musicale (GRM). In 1983, as a student of Ivo Malec, she met Maurice Ohana in an encounter that was to prove a key moment in her career; she went on to publish a book on Ohana with François Porcile in 2005 (Paris, Editions Fayard Paris).

Canat de Chizy’s training as a violinist has been influential in her compositions, which now number over one hundred, and in which sinfonia concertante features extensively: Moïra (1998), a cello concerto, won the 1999 Concours Prince Pierre de Monaco and the following year, in 2000, her violin concerto Exultet, which had premiered in 1995 in a performance by Laurent Korcia, was nominated for the Victoires de la musique. Her viola concerto Les Rayons du jour was premiered in February 2005 by Ana Bela Chaves and the Orchestre de Paris, conducted by Christoph Eschenbach, and on 23 mars 2017, Missing, her second violin concerto, premiered at the Maison de la Radio in a performance by the Orchestre National de France.

Her compositions have been commissioned by the French Ministry of Culture, Radio France, the Orchestre de Paris, the IRCAM, and ensembles such as Musicatreize, Solistes XXI, Nederlands Kamerkoor, Sequenza 9.3, Accentus, and TM+. Notable pieces include her vocal works, such as Livre d’heures (1984), for soloists, women’s choir, and intrumental ensemble; Tombeau de Gilles de Rais (1993) – which was awarded the SACD Prix jeune talent musique in 1998 – and Corazon loco, created in collaboration with the choreographer Bianca Li and performed at the Théâtre National de Chaillot in January 2017. Other notable works include four string quartets, Vivere (2000), Alive (2003), Proche invisible (2010), and En noir et or (2017); her orchestral works, including Omen, which premiered in October 2006 with the Orchestre National de France, Pierre d’éclair, which premiered in March 2011 with the Orchestre National de Lyon; and her electronic compositions such as Over the Sea, which premiered on 11 May 2012 at the IRCAM’s Festival Manifeste and Visio (2016), which premiered at the Festival Présences of Radio France.

Édith Canat de Chizy has been invited as a guest composer on many occasions, including at the Arsenal de Metz, with the Orchestre National de Lyon, in Caen for the “Aspects des Musiques d’Aujourd’hui” Festival, and at the Festival de Besançon, where her piece for large orchestra Times was selected as a required piece for the final round of the International Competition for Young Conductors in 2009 and premiered by the BBC Symphony Orchestra. She was also composer-in-residence for the tenth “Présences féminines“ Festival in Toulon in 2020. Her album Visio, released in 2019 on the Solstice Label, was a selection of the Grand Prix lycéen des compositeurs in 2020.

Her work has received many awards and honors, including the International Rostrum of Composers Prize for Yell in 1990; the Prix Paul-Louis Weiller of the Académie des Beaux-Arts in 1992; a Coup de cœur de l’Académie Charles Cros for her album Moving; the SACD Jeune Talent Musique prize; and several SACEM prizes, including the Grand Prix de la musique symphonique in 2004. She was elected to the Académie des Beaux-Arts in 2005 and served as its first woman president in 2016, and the first woman composer to join the Institut de France. After directing the Conservatoire Municipal of Paris’ 15th and 7th arrondissements, she taught composition at the Paris Regional Conservatory until 2017. She is a Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre du mérite, and a Commandeur des Arts et lettres. In 2016 she received the Grand Prix du Président de la République from the Académie Charles Cros for lifetime achievement.


© Ircam-Centre Pompidou, 2020

By Michèle Tosi

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Réfutant tout système (sérialisation des hauteurs, pattern harmonique, processus…), Édith Canat de Chizy est toujours restée en marge des courants institutionnels. Ni sérielle, ni spectrale, elle n’appartient pas moins à cette « génération du son » qui, depuis Edgard Varèse, pense le timbre plutôt que la hauteur et revendique la primauté du matériau dans l’élaboration du projet compositionnel. La démarche n’est pas sans évoquer celle de Pierre Schaeffer (« Je trouve d’abord, je cherche ensuite », aimait à dire l’inventeur de la musique concrète), dont la jeune Édith prend la mesure au Conservatoire de Paris grâce à l’enseignement d’Ivo Malec (1925-2019), son premier maître. Elle est d’emblée attirée par un univers où l’approche directe du son permet d’accéder à l’immédiateté de l’idée, chose qu’elle tentera toujours de conserver en dépit des exigences de l’écriture. Si le travail aux manettes, auquel elle s’initie, ne parvient ni à la séduire ni à la captiver, elle s’ingénie à transférer les trouvailles de l’univers électroacoustique (trames, incrustations, boucles, granulations…) dans son écriture instrumentale, grâce à l’extension des techniques de jeu. En témoigne sa première pièce pour orchestre Yell (cri, hurlement), composée en 1985 et révisée en 1989, « une de mes œuvres-mère », souligne-t-elle. La partition, audacieuse dans l’élaboration des morphologies sonores, sollicite un large pupitre de percussions et définit d’ores et déjà certaines options compositionnelles, à savoir un travail très fin sur le timbre, une exploration des registres extrêmes et une flexibilité dans la conduite du matériau. Ainsi l’écriture ménage-t-elle des instants aléatoires, certes délimités dans le temps, mais qui ne sont plus sous contrôle, autorisant au sein de la partition la coexistence du mesuré et du non-mesuré, un enjeu essentiel dans sa musique.

En 1983, elle rencontre Maurice Ohana (1913-1992), un second mentor qui la conforte dans sa voie et lui enseigne non pas un savoir-faire qu’elle a déjà acquis, mais la liberté d’écrire et la toute puissance de l’intuition : « Ne faire que la musique que vous sentez extraite du plus profond de vous », lui dira-t-il, un précieux adage dont elle se souviendra. Dans l’élan, elle compose Le Livre d’heures (1984), dédié à Ohana, convoquant les voix (un chœur de femmes) et le texte sacré : « J’étais alors fascinée par la vie monastique, rythmée par les offices du jour et de la nuit »1. S’affirme d’emblée, dans une œuvre forte et emblématique, cette volonté de traiter les voix comme les instruments, en s’attachant aux sonorités des mots, souvent hybridées par celles du timbre instrumental : un travail qu’elle poursuit en imaginant des stratégies plus ambitieuses quelques décennies plus tard. Cette invocation des lignes vocales au souple profil et l’écriture acérée d’une percussion résonnante (glockenspiel, crotales, cymbales…) trahissent une certaine influence ohanienne que la compositrice assimile et fait rapidement sienne.

Matière, mouvement

Si l’orchestre et la voix restent des constantes dans le travail d’Édith Canat de Chizy, c’est dans l’univers des cordes que s’origine le geste personnel d’une compositrice, elle-même violoniste, dont le catalogue affiche toutes les formations chambristes dévolues aux archets (du solo au quintette, jusqu’aux douze cordes de Siloël, 1992), ainsi qu’un large panel d’œuvres concertantes. Peu de compositeurs ont avec un tel ressort imaginatif exploré le potentiel sonore et expressif de l’archet sur la corde, sa ductilité, son grain, sa brillance et la virtuosité de ses trajectoires. « Au fur et à mesure de mon travail s’est imposée de façon de plus en plus insistante la nécessité d’une musique en perpétuel mouvement. Une musique qui procède plus par mutations que par développement, une musique à multiples facettes, changeante, irisée, insaisissable […] et que seules les cordes peuvent approcher »2. En 1999, Irisations, pour violon solo, fait figure d’œuvre sinon source du moins manifeste, à une époque particulièrement active où s’écrivent, pour les cordes toujours, deux quatuors (Vivere, 2000, et Alive, 2003) et trois trios (Hallel, 1991, Tiempo, 1999, et Moving, 2001), ainsi que Formes du vent (2003), cinq études de mouvement pour le violoncelle. La tension du geste et l’élan qui propulse la ligne soliste d’Irisations dessinent une trajectoire mouvante et comme aimantée par l’extrême aigu du registre : musique gorgée d’énergie, qui vibrionne et dont l’oscillation finale laisse planer le mystère. « Cette idée de mouvement a aussi pour moi un sens métaphysique : celui d’une question sans réponse qui exclut le repos »3. La note répétée et diffractée en d’incessantes arabesques au début de la partition est une figure chère à la compositrice, sur laquelle s’amorcent nombre de pièces pour cordes écrites à cette époque. Elle s’entend dans Exultet (1995), le premier concerto pour violon, qui précède de quatre années Irisations. Le titre fait référence à un texte latin très ancien chanté pendant la nuit de Pâques : « La nuit resplendira comme le jour, la nuit même est lumière pour ma joie. » « La vie spirituelle est une quête, une relation à Dieu que j’ai mis un certain temps à découvrir et dont je voudrais témoigner à travers ma musique »4. La partition inaugure la longue liste des œuvres concertantes (pour les instruments à cordes, mais aussi pour la flûte, la clarinette, la percussion), où le soliste, ici instrument de la lumière, est placé au cœur de l’orchestre qui en est la caisse de résonance et l’émanation spatiale, voire la toile flottante et transparente sur laquelle évolue le violon, comme dans « Soleil immobile », troisième des neuf parties d’Exultet. Car l’immobilité peut être une autre face du mouvement. Évoquant les techniques de mixage de l’univers électroacoustique, le violon et l’orchestre sont soumis à deux vitesses métronomiques différentes, qui neutralisent toute tension et instaurent une suspension temporelle dans une des pages les plus poétiques de la partition. Plus de vingt ans s’écouleront avant l’écriture du second concerto pour violon, Missing (2016), composé à la mémoire de Devy Erlih5. La partition s’avère l’une des plus risquées et virtuoses de la compositrice, confortée dans cette nouvelle aventure sonore par le choix d’un instrument dont elle connaît toutes les vertus et par ses deux passages à l’Ircam, qui lui ont ouvert de nouvelles voies dans l’élaboration du timbre et l’extension des registres. Les sonorités filtrées et détempérées au plus haut de la tessiture violonistique, à la faveur du travail sur les harmoniques de l’instrument, rejoignent la pureté des fréquences électroniques et pointent un ailleurs du son, via cet instrument des hauteurs que la compositrice situe entre l’humain et le divin.

Autre pièce charnière dans l’évolution d’une écriture que l’on sent toujours plus proche des objectifs qui la portent, Les Rayons du jour (après Moïra convoquant le violoncelle solo) est un troisième concerto (2004),dédié cette fois à l’alto, qui emprunte son titre à la toile éponyme de Nicolas de Staël. Dans cette même perspective, où le soliste se situe au cœur de l’orchestre (incluant toujours un large dispositif de percussions), Canat de Chizy appréhende le mouvement du son dans l’espace, matérialisant la trace qu’y laisse l’alto par le biais d’un contrepoint de lignes instrumentales aussi fluides que réactives. Les vents vont par deux au sein d’un orchestre où l’alto, toujours conducteur, reste « en dehors », explorant les graves chaleureux de sa tessiture jusqu’aux régions lumineuses de son timbre. Les trois parties du concerto, « Déchirure », « Mouvement », « Transparence », correspondent aux différentes étapes de la création picturale de Nicolas de Staël, trois manières de traiter le matériau qui retiennent l’attention de la compositrice. Si la percussion prend un relief singulier (le trait inaugural du xylophone est saisissant), l’écriture du mouvement au sein de l’orchestre impressionne, telles ces grandes trajectoires qui balaient toute la tessiture à la faveur des relais instrumentaux.

Ce n’est qu’en 2015-2016 que naît l’idée du concerto pour percussion, un médium pourtant presque aussi familier que celui des cordes chez Canat de Chizy. On retrouve dans Seascape, ses couleurs et ses matières de prédilection : métaux résonnants (cloches de vache, gong thaïlandais, cloches-plaque), percussions mates et peaux tendues (polyblocks, mokubios, toms et tumbas), ainsi que l’importance des claviers (marimba, vibraphone, glockenspiel et crotale) auxquels est annexé le piano. Extrêmement rare dans son catalogue, l’instrument est ici sollicité pour ses capacités de résonance et joué souvent dans les cordes pi sous l’action de la pédale tonale, pour se faire l’écho, voire l’émancipation spectrale de la percussion soliste.

Espace, temps

L’« ailleurs », cette quête que la compositrice met au centre de toute sa recherche, est aussi le titre, traduit en latin par Alio, d’une pièce d’orchestre de 2002, aussi courte que tendue, dominée par la percussion sèche qui en cerne les contours : « Le désir d’appréhender quelque peu ce qui nous dépasse est devenu une obsession qui sous-tend ma musique comme une vague incessante »6, fait alors remarquer Canat de Chizy, qui s’est tournée vers l’orchestre, le médium répondant au mieux à son désir d’inouï : « Comment vivre sans inconnu devant soi » : le vers est de René Char, qui inspire Pierre d’éclair (2010), un titre emprunté au poète. De 2002 à 2011, naissent cinq pièces d’orchestre traduisant, dans la plénitude du son instrumental, cette même aspiration vers l’inconnu, porté par un imaginaire que nourrissent la littérature et la peinture. L’impulsion première de l’œuvre provient le plus souvent d’une donnée extérieure à la musique, une toile de peintre (de Staël, mais aussi Van Gogh, Turner, Monet, Whistler…) ou la lecture d’un poème (von Bingen, Conrad, Reverdy, Dickinson, Char…), autant de correspondances qui s’établissent et de thématiques communes qui stimulent l’écriture, appellent les couleurs et sous-tendent la dramaturgie de l’œuvre. À l’instar d’un Varèse toujours, la compositrice défend l’idée que chaque œuvre découvre sa propre forme, sans devoir obéir à quelque modèle que ce soit. La forme est dictée par le choix du matériau et son évolution-transformation : « J’appréhende un matériau brut, je le sculpte et le précise petit à petit. » Pour autant, elle a soin d’ébaucher au préalable l’esquisse graphique de son projet, qu’elle compare volontiers au « monstre » de l’architecte. Au départ, il y a l’idée, qu’il faut tenter de saisir dans sa fulgurance et qu’elle fixe de manière globale sur le papier. Puis vient le temps de l’écriture, opérant sur la vision première le passage du flou au net : les cadres temporels une fois posés, chronomètre en main, s’ensuivent le choix des registres et l’élaboration des textures auxquelles sont liés l’aspect rythmique et l’idée du timbre. Ainsi Canat de Chizy aime-t-elle parler de « forme organique ». La question des hauteurs n’est réglée qu’in fine, sur la base d’échelles non octaviantes7 qui fondent la syntaxe harmonique.

La Ligne d’ombre (2004) s’empare de la nouvelle éponyme de l’écrivain ukrainien Joseph Conrad (1857-1924), pour en traduire musicalement le climat d’attente avant la tempête. Les signaux que lance le temple-block au tout début de la partition, sur la trame suspensive des cordes graves réverbérées par la cymbale, cernent le contexte de tension inquiète que soutient l’écriture jusqu’au climax. La trame des cordes, souvent non mesurée, matérialise ce temps long, tel un fond vibratile sur lequel s’inscrivent les figures, dans une dialectique constante du mobile et de l’immobile. La réflexion sur le temps est l’enjeu même de Times (2010), une partition écrite pour la « ville du temps » qu’est Besançon et son Concours international de jeunes chefs d’orchestre. On y mesure l’efficacité et le geste musclé d’une écriture où la percussion sèche (marimba, wood-block, temple-block, etc.) est particulièrement active, autant que le crépitement des cordes et le jeu itératif des cuivres. Entre tension et relâchement, incandescence orchestrale et suspension quasi silencieuse, s’exercent les différentes mesures du temps, jusqu’au « hors-temps », une catégorie où le temps devient espace.

En 2006, un nœud de correspondances fait naître la partition d’Omen (présage en anglais et en latin). Le tableau de Van Gogh, Champ de blé avec corbeaux, est le stimulus d’une partition qui convoque également la poésie de Rainer Maria Rilke, les vers de ses Quatrains valaisans. Jamais encore la cinétique du mouvement et ses allures obsessionnelles, le choix des couleurs pures, envisagées comme « timbres-espaces », et l’audace des trajectoires vertigineuses n’avaient encore aussi précisément exprimé cette « troisième dimension » du sonore, dimension métaphysique dont la musique d’Édith Canat de Chizy est le lieu de l’expérience.

Au-delà

Une première commande de l’Ircam en 2012 permet à la compositrice d’aborder l’outil électronique qui lui ouvre un champ de perspectives encore inconnu. Over the Sea renoue avec le trio à cordes, auquel est associé l’accordéon, envisagé comme une sorte d’interface entre la couleur des cordes et sa transformation électronique. L’œuvre regarde cette fois vers Claude Monet et la touche miroitante d’une peinture dont l’aspect toujours mouvant s’avère fascinant. Soulignons, au vu des titres notamment (Pluie, vapeur, vitesse, 2007, Seascape, 2015-2016, Vagues se brisant contre le vent, 2006…), la présence récurrente du thème de l’eau et de la mer, comme métaphore du mouvement, de la transparence et de l’infini, trois concepts que les ressorts de l’électronique portent désormais « au-delà ».

D’une durée de vingt et une minutes, Over the Sea est une partition sensiblement plus longue que la moyenne des pièces de musique de chambre, l’écriture devant compter avec le temps de propagation du son dans l’espace, sous l’action de la « réverbération à permanence harmonique », du « spatialisateur » ou du « vocodeur » aux effets giratoires, autant d’outils destinés à l’écriture de l’espace. Le traitement en temps réel tire les sonorités instrumentales vers un univers bruité (souffle, granulation, nuées, crépitement, mouvements d’onde) qui n’est pas sans évoquer les morphologies électroacoustiques chez une compositrice qui n’a d’ailleurs jamais réalisé d’œuvres acousmatiques proprement dites. Le travail sur les textures, en lien avec l’outil électronique, lui permet d’instaurer des polyrythmies complexes et d’accéder aux divisions plus fines que le demi-ton (une micro-polyphonie qu’elle n’a pas encore sondée), allant jusqu’à la pulvérisation de la matière. L’électronique en temps différé (sons enregistrés) s’entend parfois comme une cinquième voix du contrepoint, dans une perspective spatiale où les registres extrêmes sont explorés plus avant.

« À son sommet était un être resplendissant d’une telle clarté que mes yeux étaient éblouis » ; c’est le texte extrait des visions de la poétesse du XIIe siècle Hildegarde von Bingen qu’a choisi Canat de Chizy dans Visio (2015), pour six chanteurs, ensemble instrumental et électronique, une œuvre déterminante dans l’évolution de son écriture : parce qu’elle appelle une seconde fois les capacités de l’électronique pour mener une recherche spécifique sur la mise en musique d’un texte, confronté ici aux instruments à vent. Face à l’exaltation mystique du verbe se pose d’emblée la question de son rapport à la musique et à la voix. Dans le montage du texte, le latin précède ou se mêle à la version française, excepté dans « De circulo gyrante »entièrement traduit. La langue française passe le plus souvent par la voix parlée, voire recto tono (sur une même hauteur) qui en permet la compréhension. Quant aux vers latins, ils ne seront pas chantés, mais « traités » comme on le dit d’un matériau sonore soumis à l’outil électronique. Pour exemple, l’emblématique « vidi » (« j’ai vu ») devient un « objet sonore » malléable, sans perdre pour autant l’idée qu’il véhicule. Le texte, envisagé sous l’angle de la sonorité et des trajectoires, est une manière de le dire autrement. L’écriture vocale foisonnante est cernée de près par le jeu instrumental en une sorte de « voix multiple » que la poétesse appelle de ses vœux. Le parti pris d’un temps qui se libère de la métrique, et la recherche du continuum sonore transposent musicalement la sphère contemplative de la sainte. Domine là encore, aux côtés des six instruments, un set de percussions pléthorique, dont le dispositif s’est considérablement renouvelé, émancipé pourrait-on dire. Le choix des bols tibétains, steel-drums, waterphone, mokubios, cloches de vache, tuyau harmonique, gong d’eau, flexatone, cymbale tournante, témoigne clairement d’une recherche accrue sur la couleur et le nuancier des résonances, conférant à la partition sa part de mystère et d’irréalité. S’y emploie également l’électronique (sons fixés et temps réel comme dans Over the Sea), dont les nappes scintillantes fibrent la texture vocale et instrumentale dans une ambiguïté sidérante des sources sonores. Outre l’effet d’amplification permettant un travail ciselé sur l’émission vocale autant qu’instrumentale (whistle tone de la flûte, sifflement avec le bec de la clarinette, sillage d’harmoniques du violoncelle…), l’action de l’électronique vise l’étirement des registres dans un espace qui se veut sans limite. À cet effet, le dispositif de diffusion s’est enrichi des « sub », haut-parleurs destinés à la projection des fréquences les plus graves du spectre. L’idée du mouvement circulaire évoqué dans le texte est également relayé par les logiciels de l’Ircam, via des modes de rotation du son et une spatialisation des percussions. Aussi les couleurs moirées de la cymbale tournante, associées aux oscillations légères des voix bouche fermées, au centre de la partition, génèrent-elles une texture inouïe, réalisation la plus accomplie d’un mouvement de pensée communiqué par la puissance émotive du son.

Comme Missing (2017), le second concerto pour violon déjà évoqué, Paradiso (2018) pour douze voix mixtes et deux accordéons, est écrit dans le sillage de Visio et intègre à sa façon une certaine pensée de l’électronique acquise durant les deux passages de la compositrice dans les studios de l’Ircam. L’accordéon désormais microtonal, qui a convoqué son double, se substitue à l’outil électronique, via ses capacités à se fondre à l’univers des voix en hybridant leurs timbres en temps réel, à l’instar des logiciels de transformation. Après les visions de von Bingen, Canat de Chizy invoque Dante Alighieri. Le texte, en italien et dans sa traduction française, emprunte à la troisième partie de la Divine Comédie, là où le poète franchit les neuf sphères avant d’atteindre le dixième ciel (Empyrée), où il s’éteint complètement en Dieu. C’est ce mouvement ascensionnel qui concentre l’intérêt, depuis le son « fry » des voix basses, dont les accordéons projettent les résonances bien au-delà de leur sphère acoustique, jusqu’à la lumière du dixième ciel, où le sifflement des chanteurs (une manière lo-fi de filtrage) fusionne avec le registre suraigu des deux instruments. L’imaginaire est à l’œuvre et les techniques s’affinent dans cette recherche inlassable de « l’au-delà du son », cette « grande lumière » dont parle Nicolas de Staël dont la quête relève de l’utopie sonore.

Aucun opéra n’est à ce jour inscrit à son catalogue. Il ne faudrait pas en déduire un désintérêt pour le genre, de la part d’une compositrice viscéralement attachée à la voix, qui s’est déjà confrontée au « drame lyrique » avec Tombeau de Gilles de Rais (1993), oratorio scénique pour chœurs, solistes et récitant. Mais désireuse d’aborder l’opéra dans son grand format scénique, Canat de Chizy cherche encore son livret.


  1. Notice du CD Livre d’Heures (Hortus) – pour la discographie, voir les ressources documentaires.
  2. Notice du CD Moving (Aeon).
  3. Notice du CD Times (Aeon).
  4. Notice du CD Exultet (Timpani).
  5. Devy Erlih, violoniste émérite, est mort le 7 février 2012 dans un accident de la circulation.
  6. Notice du CD Times (Aeon).
  7. Manière d’organiser les hauteurs qui évite la périodicité de l’octave.

© Ircam-Centre Pompidou, 2020

  • Solo (excluding voice)
  • Chamber music
    • Sextuor for strings (1982), 15 mn, Lemoine
    • Nyx for three violas (1984), 10 mn, Lemoine
    • Nyx for three cellos (1984), 10 mn, Lemoine
    • Nyx educational piece for three violins (1984), 10 mn, Jobert
    • Saxy educational piece for alto saxophone and piano (1985), 3 mn 30 s, Billaudot
    • Black Light for oboe, viola, double bass and piano (1986), 10 mn, Jobert - Lemoine
    • Suites for two guitars (1987), 10 mn, Billaudot
    • Hallel for string trio (1991), 15 mn, Jobert - Lemoine
    • Estampes for piano and four percussionists (1997), 16 mn, Jobert - Lemoine
    • Tiempo string trio n° 2 (1999), 7 mn, Lemoine
    • Vivere string quartet n°1 (2000), 14 mn, Lemoine
    • Moving string trio n°3 (2001), 12 mn, Lemoine
    • Alive string quartet n° 2 (2003), 13 mn, Lemoine
    • Wild for viola and cello (2003), 5 mn 30 s, Lemoine
    • Canto a due educational piece for two violins (2004), 1 mn 50 s, Lemoine
    • Libertysurf educational piece for violin and piano (2004), 2 mn 12 s, Lemoine
    • En bleu et or for viola and piano (2005), 6 mn, Lemoine
    • Dance hommage à Antoine Bourdelle, for violin and vibraphone (2006), 9 mn, Lemoine
    • Burning for clarinet, piano, violin and cello (2007), 12 mn, Lemoine
    • Trance for harpsichord, cymbalum and percussion (2009), 13 mn, Lemoine
    • elec Le vol blanc for two violins and electronics (2010), 12 mn, Lemoine
    • Proche invisible string quartet n°3 (2010), 20 mn, Lemoine
    • Orph'Aeon for Chinese flute and percussion (2011), 1 mn 30 s, Lemoine
    • elec ircam Over the sea for accordion, string trio and electronics (2011-2012), 22 mn, Lemoine [program note]
    • Cinq miniatures for piano and violin (2013), 7 mn 30 s, Lemoine
    • L'Ibis rouge for flute, clarinet, piano and cello (2014), 5 mn, Lemoine
    • En noir et or string quartet n °4 (2017), 9 mn 45 s, Durand
    • Bells trio for mandolin, guitar and harp (2019), 11 mn, Lemoine
    • Sparkle for clarinet, piano and violin (2019), 9 mn 15 s, Lemoine
    • Beyond for flute and string trio (2020), 8 mn, Lemoine
    • O God ! string quartet n°5 (2020), 9 mn, Lemoine
    • elec Arcanes for two accordions and electronics (2021), Lemoine
    • J'ai vu le ciel ouvert for viola and organ (2021), 7 mn, Lemoine
    • Suono for organ and two accordions (2021), Lemoine
  • Instrumental ensemble music
    • Luceat educational piece for ten violins (1983), 10 mn, Jobert - Lemoine
    • Yell for orchestra (1985), 20 mn, Jobert - Lemoine
    • Kyoran for ensemble (1986), 10 mn, Jobert
    • Appels for ensemble (1989), 12 mn, Jobert - Lemoine
    • De Noche for orchestra (1991), 18 mn, Jobert - Lemoine
    • Siloël for string orchestra (1992), 10 mn, Jobert - Lemoine
    • Alphaï for ensemble (1993), 10 mn, Jobert - Lemoine
    • Alio for orchestra (2001-2002), 10 mn, Lemoine
    • Nedjma for orchestra (2003), 13 mn, Lemoine
    • Intrada La septième trompette for orchestra (2004), 3 mn, Lemoine
    • La Ligne d'ombre for orchestra (2004), 9 mn, Lemoine
    • Omen for orchestra (2006), 18 mn, Lemoine
    • La Maison du miroir educational piece for string orchestra (2007), 5 mn, Lemoine
    • Pluie, vapeur, vitesse for ensemble (2007), 10 mn, Lemoine
    • Deux miniature for orchestra (2009), 4 mn, Lemoine
    • Times for large orchestra (2009), 12 mn, Lemoine
    • Pierre d'éclair for large orchestra (2010), 12 mn, Lemoine
    • Couleur d'abîme for orchestra (2015), 12 mn 30 s, Lemoine
  • Concertant music
    • Exultet for violin and orchestra (1995), 18 mn, Jobert
    • Moïra for cello and orchestra (1998), 20 mn, Lemoine
    • Lands away homage to Emily Dickinson, for cymbalum and string orchestra (1999), 15 mn, Lemoine
    • Falaises for string quartet and principal cello (2003), 10 mn, Lemoine
    • Les Rayons du jour Hommage à Nicolas de Staël, for viola and orchestra (2004), 20 mn, Lemoine
    • Vagues se brisant contre le vent for flute and ensemble (2006), 15 mn, Lemoine
    • Drift concerto for clarinet and orchestra (2013), 20 mn, Lemoine
    • Missing concerto for violin and orchestra (2016), 18 mn, Durand
    • Seascape concerto for percussion and orchestra (2015-2016), 15 mn 30 s, Lemoine
    • Missing II concerto for violin and ensemble (2020), 16 mn, Lemoine
    • Outrenoir for viola and ensemble (2021), Lemoine
    • Sunrise for clarinet and orchestra (2022), 10 mn, Lemoine
  • Vocal music and instrument(s)
    • Litanie for mezzo-soprano and flute in G (1982), 10 mn, Lemoine
    • Récitatif for soprano and percussion (1982), 10 mn, Inédit
    • Livre d'Heures for vocal quartet or female choir and instrumental ensemble (1984), 21 mn, Jobert - Lemoine
    • stage Tombeau de Gilles de Rais oratorio for baritone, two reciters, children's choir including a soloist, mixed choir and orchestra (1993), 50 mn, Jobert - Lemoine
    • Messe de l'Ascension liturgical version, for vocal ensemble, children's voice soloist, liturgical choir ad libitum and ensemble (1996), 35 mn, Jobert - Lemoine
    • Messe de l'Ascension concert version, for soprano, choir and ensemble (1996), 21 mn, Jobert - Lemoine
    • Exil for six voices and six cellos (2000), 15 mn, Lemoine
    • Ode à Purcell for eight mixed voices and ensemble (2001), 21 mn, Lemoine
    • Clair et noir for twelve mixed voices, harpsichord and percussion (2002), 17 mn, Lemoine
    • Berceuse - Mon Ame est en peine orchestration of two popular Berber songs, for soprano, choir and orchestra (2003), 7 mn, Lemoine
    • La Sorcière de Jasmin oratorio in Occitan in four tableaux for narrator, mixed choir and instrumental ensemble (2003-2004), 25 mn, Lemoine
    • Suite de la nuit for children's choir and string sextet (2005), 11 mn, Lemoine
    • stage Corazon Loco choreographic show by Blanca Li, for eight voices and percussion (2006), 60 mn, Lemoine
    • Heaven for twelve mixed voices and saxophone quartet (2007), 12 mn, Lemoine
    • P'oasis educational piece for children's choir, flute, clarinet and vibraphone (2007), 5 mn, Lemoine
    • A song of joys for mixed choir and orchestra (2008), 14 mn, Lemoine
    • Prière de Christophe Colomb for four male voices, narrator and piano (2008), 14 mn, Lemoine
    • Duerme for twelve mixed voices and percussion (2012), 5 mn 15 s, Lemoine
    • Et c'est le souvenir... sixth and last painting in a collective musical fresco on the life of Joan of Arc, for soprano, narrator and wind ensemble (2012), 7 mn, Inédit
    • L'Invisible for twelve female voices and trumpet (2012), 5 mn 30 s, Lemoine
    • Sombra for three female voices and viola (2012), 11 mn, Lemoine
    • Hadewijch ou la fureur d'aimer triptych on the Spiritual Poems of Hadewijch of Antwerp for three female voices, four male voices and viola da gamba (2013), 33 mn, Inédit
    • Kyrie for children's choir for two equal voices and organ (2013), 3 mn 30 s, Lemoine
    • Voilé, dévoilé lyrical scene for female voice and orchestra based on a poem by Philippe Jaccottet (2014), 20 mn 30 s, Lemoine
    • As a blues arrangement of an extract from the score of the choreographic show Corazon loco, for soprano and instrumental ensemble (2015), 4 mn 30 s, Lemoine
    • elec ircam Visio for six voices, instrumental and electronic ensemble (2015), 24 mn 30 s, Inédit
    • Staël, peindre l'inaccessible for narrator and instrumental ensemble (2016), 40 mn, Inédit
    • Le front de l'aube oratorio for narrator, baritone, children's choir and orchestra (2017), 30 mn, Salabert
    • El Grito for voice and piano (2018), 3 mn 30 s, Alphonse Leduc
    • Paradiso for mixed choir and accordion duo (2018), 15 mn, Lemoine
    • Sound and silence for soprano, clarinet and percussion (2018), 8 mn, Lemoine
    • Apocalypsis for choir and orchestra (2020), 19 mn 30 s, Lemoine
  • A cappella vocal music
    • Llama for four-part mixed choir (1986), 18 mn, Jobert - Lemoine
    • Canciones for twelve mixed voices (1992), 14 mn, Jobert - Lemoine
    • Messe de l'Ascension short version, for twelve mixed a cappella voices (1996), 12 mn, Jobert - Lemoine
    • To Gather Paradise for choir a cappella (2001), 13 mn, Lemoine
    • Quatrains for twelve mixed voices (2004), 10 mn, Lemoine
    • Dios for chamber choir a cappella (2005), 12 mn, Lemoine
    • La Chanson des orphelins for children's choir (2005), 5 mn 30 s, Lemoine
    • Suite de la nuit for choir a cappella (2005), 11 mn, Lemoine
    • Suite de la nuit for children's choir a cappella /i> (2006), 11 mn, Lemoine
    • Dancing in the wind for double choir (2007), 9 mn 30 s, Lemoine
    • Vuelvete for six voices a cappella (2007), 8 mn, Lemoine
    • Nunc dimittis for mixed choir a capella (2015), 5 mn, Lemoine
    • Amore for five female voices (2019), 5 mn, Lemoine
  • 2022
    • Sunrise for clarinet and orchestra, 10 mn, Lemoine
  • 2021
  • 2020
    • Apocalypsis for choir and orchestra, 19 mn 30 s, Lemoine
    • Beyond for flute and string trio, 8 mn, Lemoine
    • Missing II concerto for violin and ensemble, 16 mn, Lemoine
    • O God ! string quartet n°5, 9 mn, Lemoine
    • Over the sky for accordion, 6 mn, Lemoine
  • 2019
    • Amore for five female voices, 5 mn, Lemoine
    • Bells trio for mandolin, guitar and harp, 11 mn, Lemoine
    • Sparkle for clarinet, piano and violin, 9 mn 15 s, Lemoine
    • World Song for organ, 8 mn, Lemoine
  • 2018
    • El Grito for voice and piano, 3 mn 30 s, Alphonse Leduc
    • Paradiso for mixed choir and accordion duo, 15 mn, Lemoine
    • Sound and silence for soprano, clarinet and percussion, 8 mn, Lemoine
    • Sun Dance for organ, 7 mn, Lemoine
  • 2017
    • En noir et or string quartet n °4, 9 mn 45 s, Durand
    • Le front de l'aube oratorio for narrator, baritone, children's choir and orchestra, 30 mn, Salabert
  • 2016
  • 2015
    • As a blues arrangement of an extract from the score of the choreographic show Corazon loco, for soprano and instrumental ensemble, 4 mn 30 s, Lemoine
    • Couleur d'abîme for orchestra, 12 mn 30 s, Lemoine
    • Lament for viola, 8 mn, Lemoine
    • Nunc dimittis for mixed choir a capella, 5 mn, Lemoine
    • elec ircam Visio for six voices, instrumental and electronic ensemble, 24 mn 30 s, Inédit
  • 2014
    • L'Ibis rouge for flute, clarinet, piano and cello, 5 mn, Lemoine
    • Voilé, dévoilé lyrical scene for female voice and orchestra based on a poem by Philippe Jaccottet, 20 mn 30 s, Lemoine
  • 2013
    • Cinq miniatures for piano and violin, 7 mn 30 s, Lemoine
    • Drift concerto for clarinet and orchestra, 20 mn, Lemoine
    • Hadewijch ou la fureur d'aimer triptych on the Spiritual Poems of Hadewijch of Antwerp for three female voices, four male voices and viola da gamba, 33 mn, Inédit
    • Kyrie for children's choir for two equal voices and organ, 3 mn 30 s, Lemoine
  • 2012
    • Duerme for twelve mixed voices and percussion, 5 mn 15 s, Lemoine
    • Et c'est le souvenir... sixth and last painting in a collective musical fresco on the life of Joan of Arc, for soprano, narrator and wind ensemble, 7 mn, Inédit
    • L'Invisible for twelve female voices and trumpet, 5 mn 30 s, Lemoine
    • elec ircam Over the sea for accordion, string trio and electronics, 22 mn, Lemoine [program note]
    • Sombra for three female voices and viola, 11 mn, Lemoine
  • 2011
  • 2010
  • 2009
    • Deux miniature for orchestra, 4 mn, Lemoine
    • En mille éclats for violin, 7 mn, Lemoine
    • Times for large orchestra, 12 mn, Lemoine
    • Trance for harpsichord, cymbalum and percussion, 13 mn, Lemoine
  • 2008
  • 2007
    • Burning for clarinet, piano, violin and cello, 12 mn, Lemoine
    • Dancing in the wind for double choir, 9 mn 30 s, Lemoine
    • Heaven for twelve mixed voices and saxophone quartet, 12 mn, Lemoine
    • La Maison du miroir educational piece for string orchestra, 5 mn, Lemoine
    • P'oasis educational piece for children's choir, flute, clarinet and vibraphone, 5 mn, Lemoine
    • Pluie, vapeur, vitesse for ensemble, 10 mn, Lemoine
    • Vuelvete for six voices a cappella, 8 mn, Lemoine
  • 2006
    • stage Corazon Loco choreographic show by Blanca Li, for eight voices and percussion, 60 mn, Lemoine
    • Dance hommage à Antoine Bourdelle, for violin and vibraphone, 9 mn, Lemoine
    • Omen for orchestra, 18 mn, Lemoine
    • Suite de la nuit for children's choir a cappella /i>, 11 mn, Lemoine
    • Vagues se brisant contre le vent for flute and ensemble, 15 mn, Lemoine
  • 2005
  • 2004
  • 2003
    • Alive string quartet n° 2, 13 mn, Lemoine
    • Berceuse - Mon Ame est en peine orchestration of two popular Berber songs, for soprano, choir and orchestra, 7 mn, Lemoine
    • Falaises for string quartet and principal cello, 10 mn, Lemoine
    • Formes du vent five studies of movement, based on poems by Pierre Reverdy, for cello, 10 mn, Lemoine
    • Nedjma for orchestra, 13 mn, Lemoine
    • Wild for viola and cello, 5 mn 30 s, Lemoine
  • 2002
    • Alio for orchestra, 10 mn, Lemoine
    • Clair et noir for twelve mixed voices, harpsichord and percussion, 17 mn, Lemoine
  • 2001
  • 2000
    • Exil for six voices and six cellos, 15 mn, Lemoine
    • Vivere string quartet n°1, 14 mn, Lemoine
    • Véga for organ, 7 mn, Lemoine
  • 1999
    • Irisations for violin, 7 mn, Lemoine
    • Lands away homage to Emily Dickinson, for cymbalum and string orchestra, 15 mn, Lemoine
    • Tiempo string trio n° 2, 7 mn, Lemoine
  • 1998
  • 1997
    • Estampes for piano and four percussionists, 16 mn, Jobert - Lemoine
  • 1996
    • Messe de l'Ascension liturgical version, for vocal ensemble, children's voice soloist, liturgical choir ad libitum and ensemble, 35 mn, Jobert - Lemoine
    • Messe de l'Ascension concert version, for soprano, choir and ensemble, 21 mn, Jobert - Lemoine
    • Messe de l'Ascension short version, for twelve mixed a cappella voices, 12 mn, Jobert - Lemoine
  • 1995
    • Exultet for violin and orchestra, 18 mn, Jobert
  • 1993
    • Alphaï for ensemble, 10 mn, Jobert - Lemoine
    • stage Tombeau de Gilles de Rais oratorio for baritone, two reciters, children's choir including a soloist, mixed choir and orchestra, 50 mn, Jobert - Lemoine
  • 1992
    • Canciones for twelve mixed voices, 14 mn, Jobert - Lemoine
    • Siloël for string orchestra, 10 mn, Jobert - Lemoine
  • 1991
    • De Noche for orchestra, 18 mn, Jobert - Lemoine
    • Hallel for string trio, 15 mn, Jobert - Lemoine
  • 1989
    • Appels for ensemble, 12 mn, Jobert - Lemoine
  • 1987
    • Suites for two guitars, 10 mn, Billaudot
  • 1986
    • Black Light for oboe, viola, double bass and piano, 10 mn, Jobert - Lemoine
    • Kyoran for ensemble, 10 mn, Jobert
    • Llama for four-part mixed choir, 18 mn, Jobert - Lemoine
  • 1985
    • Saxy educational piece for alto saxophone and piano, 3 mn 30 s, Billaudot
    • Yell for orchestra, 20 mn, Jobert - Lemoine
  • 1984
    • Livre d'Heures for vocal quartet or female choir and instrumental ensemble, 21 mn, Jobert - Lemoine
    • Nyx for three violas, 10 mn, Lemoine
    • Nyx for three cellos, 10 mn, Lemoine
    • Nyx educational piece for three violins, 10 mn, Jobert
    • Tlaloc for percussion, 13 mn, Jobert - Lemoine
  • 1983
    • Luceat educational piece for ten violins, 10 mn, Jobert - Lemoine
  • 1982
    • Litanie for mezzo-soprano and flute in G, 10 mn, Lemoine
    • Récitatif for soprano and percussion, 10 mn, Inédit
    • Sextuor for strings, 15 mn, Lemoine

Liens Internet

(liens vérifiés en septembre 2022).

Bibliographie

  • Edith CANAT DE CHIZY, Entre nécessité et liberté, entretiens avec François Porcile, livre avec 1 DVD, éditions Cig’art, 2008.
  • Edith CANAT DE CHIZY,François PORCILE, Maurice Ohana, éditions Fayard, 2005.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Du spirituel dans l’art », Revue des deux mondes, 2001, n° 1, p. 48-53.
  • Pascale GUITTON-LANQUEST, « Edith Canat de Chizy : Canciones del Alma », Intemporel, mars 1997, n° 21, p. 1-6.
  • Sophie STÉVANCE, « Le souffle d’une passion. À corps et à cordes : le quatuor Vivere d’Édith Canat de Chizy », Dissonance, n° 91, septembre 2005, p. 22-27.

Discographie

  • Edith CANAT DE CHIZY, « Over the Sea », Pierre d’éclair ; Over the Sea ; Drift, Pascal Contet (accordéon), Paul Meyer (clarinette), Quatuor Diotima, Orchestre national de Lyon, Orchestre national de Lille, Ilan Volkov et Roberto Rizzi Brignoli (dir.), Solstice, CD SOCD 312, 2015.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Visio », Visio ; En noir et or ; Lament ; La Ligne d’ombre ; Missing, Fanny Clamagirand (violon), Christophe Desjardins (alto), Quatuor van Kuijk, Ensemble Solistes XXI, Ensemble Multilatérale, Orchestre français des Jeunes, Orchestre national de France, Léo Warynski, David Zinman et John Storgårds (dir.), Solstice, CD SOCD 359, 2019.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Tlaloc », Trance ; Dance ; Seascape ; Tlaloc, solistes, Orchestre de Caen, Vahran Mardirossian (dir.), UMV, CD 18001, 2019.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Times. L’œuvre pour orchestre », Times ; La Ligne d’ombre ; Yell ; Alio ; Omen, Orchestre symphonique de la BBC, direction : Kazuki Yamada, Orchestre de Besançon Montbéliard Franche-Comté, direction : Peter Csaba, Nouvel orchestre philharmonique, direction : Michiyoshi Inouë, Orchestre Poitou-Charentes, direction : Peter Csaba, Orchestre national de France, direction : Alain Altinoglu, 1 cd æon, 2011, AECD 1105.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Les rayons du jour », Alive ; Wild ; Formes du vent ; Falaises; Les rayons du jour, Quatuor Ebène, Emmanuelle Bertrand : violoncelle, Ana-Bela Chaves : alto, Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach, 1 cd Solstice, 2007, SOCD 234.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Livre d’Heures », Livre d’Heures ; Messe brève pour l’Ascension ; Véga, Chœur Britten, ensemble Les Temps Modernes, direction : Nicole Corti, Loïc Mallié : orgue, 1 cd Hortus, 2007, 051.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Canciones, dans « French Choral Music 3 », avec Swan Song de Maurice Ohana, Nederlands Kamerkoor, direction : Roland Hayrabedian, 1 cd Globe Codaex, 2006, GLO 5229.
  • Edith CANAT DE CHIZY, En bleu et or, dans « Tenebrae »  Arnaud Thorette : alto et Johan Farjot : piano, avec des œuvres de Philippe Hersant, Nicolas Bacri, Karol Beffa, Bruno Letort et Thierry Escaich, 1 cd Accord-Universal, 2006, 442 8464.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Véga, dans « Passions », Jean-Christophe Revel : orgue, avec des œuvres de Claudio Merulo, Régis Campo, Louis Couperin, Brice Pauset, Nicolas de Grigny, Gérard Pesson, Bruno Mantovani, 1 cd aeon, 2004, AE0420.
  • Edith CANAT DE CHIZY, « Moving », Irisations ; Tiempo ; Moving ; Hallel ; Vivere ; Danse de l’aube, Trio à cordes de Paris, Quatuor Parisii, Diego Tosi : violon, Marc Siffert : contrebasse, 1 cd æon, 2002, AE021.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Suite de l’eau, Jean Horreaux et Jean-Marie Trehard, 1 cd MFA-Radio France, coll. « Répertoires polychromes 3 », avec des œuvres de Michael Jarrell, Yoshihisa Taïra, Georges Boeuf, Philippe Fénelon, Jean-Christophe Feldhandler, 2001, MFA 216032.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Exultet ; Siloël; Moïra, Laurent Korcia : violon, Sonia Wieder-Atherton : violoncelle, Philharmonie de Lorraine, direction : Pascal Rophé, 1 cd Timpani, 1999, 1C1048.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Tombeau de Gilles de Rais, Lionel Peintre : baryton, Feodor Atkine et Jean Boissery : récitants, Camillo Angarita : l’enfant, Brigitte Peyre : soprano, Mireille Quercia : alto, Patrice Balter et Richard Taylor : basses, Maîtrise de Paris, ensemble Musicatreize, Philharmonie de Lorraine, direction : Roland Hayrabedian, 1 cd Verany, 1994, PV795091.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Yell ; Hallel ; Canciones ; De Noche, Orchestre philharmonique de Radio-France, direction : Michiyoshi Inouë, Trio à cordes de Paris, Ensemble Musicatreize, 1 cd REM, 1994, REM 311246, Grand Prix de l’Académie du Disque 1994, Choc du Monde de la Musique.
  • Edith CANAT DE CHIZY, Suites pour deux guitares, Jean Horreaux et Jean-Marie Trehard, 1 cd REM, REM 311 206.

Filmographie

  • Émission consacrée à l’Orchestre Poitou-Charentes, série France 2 « Le tour de France en musique , comprend l’exécution intégrale de De Noche sous la direction d’Ernst Schelle, filmée en l’Église Saint Pierre d’Oléron, le 1er juillet 1993. Production Caméras Continentales, réalisation Gérard Lafont, durée 1 h 28’, 1993.
  • Les Voix de l’imaginaire, un portrait d’Édith Canat de Chizy. Production Les Films du Village/Mezzo, avec le soutien de la Sacem, réalisation François Porcile (extraits de*Tombeau de Gilles de Rais,*Irisations, Danse de l’aube, Nyx, Hallel, Luceat, Siloel, Suites, Exil, Vega, De Noche, Canciones, Exultet, Vivere, Yell ), durée 57’10’’. Diffusions : Muzzik, 13, 17, 20, 25 et 28 décembre 2001 ; Mezzo, 30 mai 2004, 15, 16, 25 et 30 août 2005
  • Magazine culturel de LCI, 12 février 2005, reportage de Jacques Collet sur les répétitions de la création des Rayons du jour (entretiens avec Édith Canat de Chizy, Ana Bela Chaves et Christoph Eschenbach), durée : 8’. Diffusions : 12, 13 et 18 février 2005
  • Couleurs d’orchestre. Production Les films d’ici, avec le soutien du Centre National de la Cinématographie et de la Sacem, réalisation Marie-Claude Treilhou, durée 130’. Dans ce portrait de l’Orchestre de Paris, une longue séquence est consacrée aux répétitions de la création desRayons du jour, en janvier-février 2005. Sortie en salles : 19 mars 2008
  • Pas à pas, réalisation de Blanca Li sur le montage de son spectacleCorazon loco, 2010.
  • Besançon 2009, Cinquante et unième Concours international des jeunes chefs d’orchestre. 4 films d’une heure (volet 4 consacré à la finale du concours, avec l’exécution intégrale deTimes). Production Bel Air Media/ARTE, réalisation Andy Sommer. Diffusion : Arte, 25 septembre 2011
  • Sacem, Entretiens filmés avec Éric Dalmon. Sortie à l’automne 2020