updated 11 July 2022
© Manu Theobald

Zeynep Gedizlioğlu

Compositrice turque née le 4 décembre 1977 à Izmir.

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Zeynep Gedizlioğlu s’éveille à la musique à 8 ans, au contact de la discothèque de ses parents. Son expérience d’écoute d’un album de Deep Purple, Perfect Strangers, la fascine et lui révèle sa vocation : composer de la musique, et que celle-ci soit diffusée largement.

Elle commence son apprentissage musical à 11 ans, dans le département hautbois du conservatoire d’État d’Istanbul. Elle s’inscrit ensuite au département de composition de ce même conservatoire et reçoit les enseignements de Cengiz Tanç, ainsi que d’İlhan Usmanbaş, Erçivan Saydam, Babür Tongur, Meliha Doğuduyal et Hasan Uçarsu. Elle obtient son diplôme en 2000.

En 2001, elle part pour l’Europe et poursuit son parcours universitaire en Allemagne et en France. Elle étudie la composition à Sarrebrück avec Theo Brandmüller, à Karlsruhe avec Wolfgang Rihm, et avec Ivan Fedele à Strasbourg ; elle étudie également la théorie musicale avec Michael Reudenbach. En 2009, elle suit le programme Proficiency in Art avec Wolfgang Rihm à la Hochschule für Musik de Karlsruhe. Elle effectue un passage par l’Ircam en 2010-2011, où elle suit le Cursus de composition et d’informatique musicale, au sein de la promotion encadrée par Yan Maresz.

Son processus compositionnel est singulier : elle compose dans des lieux publics comme des cafés ou des bibliothèques. Cette méthode lui vient du choc causé par les cours de théorie musicale auxquels elle a assisté à son arrivée en Europe : les élèves n’avaient pour outil de travail que des feuilles de papier, un crayon et leur imagination. Cette contrainte nourrit à présent sa pratique de la composition, lui offrant une liberté créative affranchie des outils habituellement utilisés par les compositeurs (un piano, un ordinateur, des programmes de notation…).

Le langage sonore de Zeynep Gedizlioğlu oscille entre vitalité, tension et une certaine rugosité. Considérant sa musique comme multiculturelle, elle se refuse aux clichés de l’extranéité et met de côté les sonorités moyen-orientales. Mais la Turquie n’est jamais loin : le contexte socio-politique de son pays natal revient de manière récurrente dans son œuvre. Ainsi, le deuxième quatuor à cordes Susma (2007) est dédié au journaliste turc Hrant Dink, assassiné par un nationaliste ; quant à la pièce Durak (2013), œuvre orchestrale commandée par Deutsche Welle, elle fait référence à la répression violente des manifestations de Gezi.

Ses compositions sont jouées lors de festivals internationaux tels que le Festival de musique d’Istanbul, Musica Strasbourg, les Journées mondiales de musique nouvelle de l’ISCM, Maerz Musik, Ultraschall Berlin, Beethovenfest Bonn, Eclat Stuttgart, Wien Modern, Wittener Tage für Neue Kammermusik, Salzburger Festspiele, Musikprotokoll Steirischer Herbst Graz, cresc Biennale à Francfort, G((o))ng Tomorrow à Copenhague, et le Festival SoundState à Londres.
Sa musique est interprétée, entre autres, par l’Orchestre philharmonique Borusan d’Istanbul, l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne, l’Orchestre symphonique Bilkent, l’Ensemble Modern, l’Ensemble recherche, l’Ensemble Accroche Note, l’Ensemble Intercontemporain, Neue Vocalsolisten Stuttgart, Aleph Gitarrenquartett, l’Ensemble 2e2m, Oenm, le Klangforum Wien ou encore le Quatuor Arditti.

En 2012, Elle reçoit le prix du Jeune compositeur de l’année de la fondation Ernst von Siemens pour la musique, aux côtés du compositeur britannique Luke Bedford et du compositeur allemand Ulrich Kreppein. Elle est la première compositrice turque à recevoir ce prix. Zeynep Gedizlioğlu est également récipiendaire du prix du compositeur de l’année de la 5e édition des Donizetti Music Awards Istanbul (2014) et est nommée pour le Deutsche Musikautoren Preis en 2016 dans la catégorie Musique pour ensemble. En 2018, elle reçoit le prix de l’artiste féminine de Heidelberg (Heidelberger Künstlerinnenpreis) pour l’ensemble de son œuvre compositionnelle. En 2019, elle est récompensée par le jury de l’Académie des Arts de Berlin dans la catégorie Musique.

Elle donne également des masterclasses en composition à l’Université Bilkent d’Ankara, à la Hochschule für Musik de Karlsruhe, à Musik21 Niedersachsen à Hanovre et aux Jeunesses Musicales Deutschland de Weikersheim.

Zeynep Gedizlioğlu vit et travaille à Berlin depuis 2001.


© Ircam-Centre Pompidou, 2022

Sources

Site de la compositrice ; Deutsche Welle ; Fondation Ernst von Siemens pour la musique.

Liens internet

(liens vérifiés en juillet 2022).

Discographie sélective

  • Zeynep GEDIZLIOGLU, Verbinden und Abwenden, Yukiko Sugawara, piano, Tomoko Hemmi, Tamara Stefanovich : piano ; Quatuor Diotima ; Klangforum Wien ; Ensemble Modern ; Neue Vocalsolisten Stuttgart ; Leonhard Garms : direction, 1 Cd Wergo, 2020, WER 64282.
  • Zeynep GEDIZLIOGLU, Akdenizli ; Susma, dans « Of Light and Shadows », Ensemble Hezarfen, avec des œuvres de Tolga Ayalar, Füsun Köksal, Onur Türkmen, Hasan Uçarsu, Ahmet Altınel, 1 Cd Çağsav Müzik, 2015.
  • Zeynep GEDIZLIOGLU, Aksak, dans « Tanzmusik für Fortgeschrittene », RSO Wien ; Wien Modern, avec des œuvres de Johanna Doderer, Friedrich Cerha, Reinhard Fuchs, Arturo Fuentes, Gerald Resch, Franz Hautzinger, Wolfgang Suppan, Kurt Schwertsik, Bernhard Lang, HK Gruber, Hannes Löschel, Patrick Pulsinger, Gerhard E. Winkler, 1 Cd ORF, 2013, ORF-CD-3196.
  • Zeynep GEDIZLIOGLU, « Kesik », Sarah Maria Sun ; Arditti Quartet ; Ensemble Modern ; Oswald Salaberger, direction, 1 Cd Col Legno, 2012, WWE 1 CD 40405.
  • Zeynep GEDIZLIOGLU, Die Wand Entlang (Along the Wall), dans « Seda Röder, Listening to Istanbul », Seda Röder : piano, avec des œuvres de Tolga Tüzün, Turgut Erçetin, Murt Yakın, Tolga Yayalar, Özkan Manav, 1 Cd Seda Röder, 2010.
  • Zeynep GEDIZLIOGLU, Akdenizli, dans « Bir Ağaç Gibi », Ulucan Trio, avec des œuvres de Franz Schubert, Franz Liszt, Fazıl Say, Inci Yakar, 1 Cd Lilamüzik Istanbul, 2007.