updated 23 May 2013

Aaron Copland

Compositeur américain né le 14 novembre 1900 à Brooklyn, mort le 2 décembre 1990 à North Tarrytown, New York.

Aaron Copland naît à Brooklyn le 14 novembre 1900 dans une famille de Russes juifs émigrés. Il commence le piano avec sa sœur à l’âge de onze ans puis se perfectionne avec Ludwig Wolfsohn. En 1918, il obtient son diplôme à la Boys’ High School de Brooklyn mais ne poursuit pas d’études universitaires. De 1917 à 1921, il étudie l’harmonie et le contrepoint en privé avec Rubin Goldmark et le piano avec Victor Wittgenstein (1917-1919) puis avec Clarence Adler (1919-1921). De 1921 à 1924, il séjourne en France où il suit l’enseignement de Nadia Boulanger (harmonie, composition) au Conservatoire américain de Fontainebleau puis à Paris. Il étudie également le piano avec Ricardo Viñes et s’initie à la direction d’orchestre avec Albert Wolff (1921). De retour aux États-Unis, il va mener une brillante carrière de pianiste, de compositeur, de chef d’orchestre et d’enseignant.

En 1925, sa Symphonie pour orgue et orchestre (1924) est créée par Walter Damrosch avec Nadia Boulanger comme soliste. Il compose également Music for the Theater et écrit ses premiers articles dans Modern Music (une revue à laquelle il collaborera régulièrement entre 1936 et 1939). Sous la direction de Serge Koussevitzky (qui devient alors son interprète de prédilection) il crée, en 1927, son propre Concerto pour piano (1926) dont les éléments inspirés du jazz font scandale. C’est à cette époque qu’il entreprend une série de conférences à la New School for Social Research de New York qu’il poursuivra jusqu’en 1938. Ces conférences seront publiées dans deux ouvrages : What to Listen for in Music(1939, rév. 1957) etOur New Music(1941, édition révisée en 1968 sous le titre*The New Music:*1900-1960).

En 1928, il fonde, avec Roger Sessions, les Copland-Sessions Concerts (1928-1931) destinés à promouvoir la musique moderne américaine. La même année, il rejoint une autre association majeure de l’avant-garde musicale : la League of Composers, dont il restera membre jusqu’en 1954 et dont il sera directeur de 1948 à 1951. Copland continuera par la suite à jouer un rôle important dans les associations et structures musicales américaines en dirigeant notamment le festival de musique contemporaine de Yaddo (1932-1933), l’American Composers Alliance (1939-1945) et en co-fondant l’American Music Center en 1939.

En 1930, il compose les Variations pour piano (orchestrées en 1957) qui s’imposeront rapidement comme un des chefs-d’œuvre du répertoire pianistique américain. En 1932, il visite Mexico où Carlos Chávez dirige le premier concert entièrement consacré à ses œuvres. Les musiques populaires du Mexique — un pays où il se rendra souvent — lui inspirent El Salón México (1932-1936). Durant la Dépression, il affirme ses idées socialistes en soutenant le Composer’s Collective, le Young Composers Group et le Group Theater, tous proches du Parti Communiste. En 1935, il donne ses premiers cours à l’Université d’Harvard où il enseignera jusqu’en 1944. Il retournera ensuite à Harvard en 1951 pour occuper pendant un an la prestigieuse chaire de Norton Professor of Poetics. Ses conférences seront publiées l’année suivante sous le titre Music and Imagination.

En 1937, il écrit son premier opéra The Second Hurricane et, l’année suivante, compose pour le Ballet Caravan de Lincoln Kirstein Billy the Kid qui contribuera grandement à sa notoriété. La même année, il fait la connaissance de Leonard Bernstein avec qui il se liera d’une profonde amitié et qui jouera un rôle essentiel dans la diffusion de sa musique à travers le monde. En 1939, il compose ses premières musiques de film : The City (O. Sterlin) et  (L. Milestone), vingt ans avant qu’Hollywood ne lui décerne l’Oscar de la meilleure musique de film pour The Heiress (W. Wyler).

De 1940 à 1967, Copland dirige le département de musique au Berkshire Music Center de Tanglewood où il enseigne la composition. Les années quarante sont les plus productives de sa carrière. Il devient le compositeur de musique classique le plus populaire des États-Unis. Il compose, entre autres, les ballets Rodéo (1942) et Appalachian spring (Prix Pulitzer 1944) qui connaissent un énorme succès, A Lincoln Portrait et Fanfare for the Common Man (1942), dont les accents patriotiques témoignent de sa participation à l’« effort de guerre », la Symphonie n° 3 (1944-1946), In the Beginning (1947), son œuvre chorale la plus ambitieuse, et le Concerto pour clarinette (1947-1948) commandé par Benny Goodman.

En 1949, il retourne en Europe après douze ans d’absence et s’intéresse à la jeune génération de compositeurs d’avant-garde, notamment à Pierre Boulez, chef de file du courant sériel. Il utilise la technique sérielle dans le Quatuor avec piano (1950), puis dans la Fantaisie pour piano (1952-1957). Il compose également les Twelve Poems of Emily Dickinson (1950), pour voix et piano, et les deux cycles d’arrangements de folk songs Old American Songs (1950 et 1952).

En 1951, grâce à l’obtention d’une bourse Fulbright, il réside quelques temps à l’Académie américaine de Rome. La même année, il effectue son premier voyage en Israël. À Jérusalem, il donne une conférence sur les compositeurs juifs dans laquelle il affirme sa conviction qu’un compositeur peut être profondément national tout en demeurant profondément juif. En 1952, il entreprend la composition de son opéra The Tender Land qui sera créé au New York City Opera en 1954. Victime du maccarthysme, il est assigné à comparaître devant le Congrès en 1953 et doit déclarer sur l’honneur n’avoir jamais été communiste. En 1958, il dirige pour la première fois le New York Philharmonic. Sa carrière de chef d’orchestre, marquée par de nombreuses tournées à l’étranger, s’intensifiant, son activité de compositeur ralentit quelque peu. Il compose deux œuvres sérielles pour orchestre : Connotations, en 1962, pour le concert d’inauguration du Lincoln Center de New York et Inscape, en 1967, pour le cent cinquantième anniversaire de l’Orchestre philharmonique de New York.

Copland cesse pratiquement de composer dès le début des années soixante-dix. Il se consacre alors principalement à sa carrière de chef d’orchestre qu’il poursuivra jusqu’en 1983. Atteint de la maladie d’Alzheimer, sa santé se détériore. Il meurt le 2 décembre 1990 à North Tarrytown, New York, d’une insuffisance respiratoire.

Au cours de sa prestigieuse carrière, Copland a fait de nombreuses tournées à l’étranger notamment en Europe et en Amérique du Sud. Il a reçu de très nombreuses distinctions parmi lesquelles figurent la Médaille Présidentielle de la Liberté (1964) et la médaille d’or de musique de l’American Academy of Arts and Letters (1986).


© Ircam-Centre Pompidou, 2013

Site Internet officiel

Bibliographie sélective

  • William W. AUSTIN, « Aaron Copland », Twentieth-Century American Masters, New York, The New Grove, W.W. Norton & Company, 1987, pp. 183-212.
  • Arthur BERGER, Aaron Copland, New York, Oxford University Press, 1953.
  • Neil BUTTERWORTH, The Music of Aaron Copland, London, Toccata Press, 1985. New York, Universe Books, 1986.
  • Theodore CHANLER, « Aaron Copland », American Composers on American Music, Henry Cowell (sous la dir. de), Stanford, CT, 1933. New York, F. Ungar, 1962, pp. 49-56.
  • Edward T. CONE, « Conversation with Aaron Copland », Perspectives of New Music, 6.2, 1968, pp. 57-72.
  • Elizabeth B. CRIST, Music for the Common Man: Aaron Copland During the Depression and War, Oxford, Oxford University Press, 2005.
  • Aaron COPLAND, Copland on Music, New York, Doubleday, 1960. New York, W. W. Norton, 1963. Da Capo Press, 1976.
  • Aaron COPLAND, « Le Compositeur en Amérique industrielle », traduit de l’anglais par Vincent Barras, Musiques Nord-Américaines, Contrechamps n° 6, avril 1986, pp. 24-34.
  • Aaron COPLAND, Music and Imagination, Cambridge, MA, Havard University Press, 1952.
  • Aaron COPLAND, The New Music 1900-1960, W.W. Norton & Company, New York, 1968.
  • Aaron COPLAND, What to Listen for in Music, New York, McGraw-Hill, 1939. Rév. et aug. 1939. London, Penguin Books, 2002.
  • Aaron COPLAND, Vivian PERLIS, Copland: 1900 through 1942 (volume 1), Faber and Faber, London, Boston, 1984.
  • Aaron COPLAND, Vivian PERLIS, Copland Since 1943, New York, St. Martin’s Press, 1989.
  • Arnold DOBRIN, Aaron Copland: His Life and Times, New York, Thomas Y. Crowell, 1967.
  • Carol J. OJA, Judith TICK (édit.), Aaron Copland and his World, Princeton and Oxford, Princeton University Press, 2005.
  • Catharine Owens PEARE, Aaron Copland: His Life, New York, Holt, Rinehart and Winston, 1969.
  • Howard POLLACK, Aaron Copland: The Life and Work of an Uncommon Man, Henry Holt, New York, 1998.
  • Joann SKOWRONSKI, Aaron Copland: A Bio-Bibliography, Westport, Greenwood Press, 1985.
  • Julia SMITH, Aaron Copland: His Work and Contribution to American Music, New York, Dutton, 1955.
  • Lawrence STARR, « Copland Style », Perspectives of New Music, 19, 1980-81, pp. 68-89.

Discographie sélective

  • Aaron COPLAND, Appalachian Spring; Rodeo; Billy the Kid; Fanfare for the Common Man; New York Philharmonic Orchestra, direction : Leonard Bernstein, 1 cd Sony SMK 63082.
  • Aaron COPLAND, The complete Music for Piano, Leo Smit : piano, 1 cd Sony SM2K 66 345.
  • Aaron COPLAND, « Copland The Modernist » : Concerto for Piano and Orchetra; Orchestral Variations; Short Symphony (Symphony n° 2) ; Symphonic Ode, Garrick Ohlsson : piano, San Francisco Symphony Orchestra, direction : Michael Tilson Thomas, 1 cd RCA Victor 09026 68541 2.
  • Aaron COPLAND, In the Beginning ; The Second Hurricane, Martha Lipton*: mezzo-soprano, Chorus Pro musica*, Solists and Chorus of the High School of Music and Art, New York City, Leonard Bernstein (dir., narrator), 1 cd Sony SMK 60560.
  • Aaron COPLAND, « Music for Films » : The Red Pony; Our Town; The Heiress Suite; Music for Movies; Prairie Journal (Music for Radio), Saint Louis Symphony Orchestra, direction : Leonard Slatkin, 1 cd RCA
  • Aaron COPLAND, Symphony n° 3 ; Symphony for Organ and Orchestra, New York Philharmonic Orchestra, E. Power Biggs : orgue, Leonard Berstein : direction, 1 cd Sony SMK 63155.
  • Aaron COPLAND, Music for the Theatre; Concerto for Piano and Orchestra; Connotations; El Salón México, Columbia Symphony Orchestra, New York Philharmonic Orchestra, direction : Leonard Bernstein, 1 cd Sony SMK 60177.
  • Copland and The American Sound, Keeping Score, Revolution in Music, San Francisco Symphony Orchestra, Michael Tilson Thomas, 1 DVD, 2006.