updated 7 June 2021

Luca Francesconi

Compositeur italien né le 17 mars 1956 à Milan.

Compositeur italien né à Milan en 1956, Luca Francesconi étudie le piano et la composition dans la classe d’Azio Corghi au conservatoire de Milan. Il se perfectionne à Boston et à Rome auprès de Karlheinz Stockhausen et de Luciano Berio dont il est l’assistant de 1981 à 1984 et qu’il suit à Tanglewood. Il est lauréat du concours international Gaudeamus en 1984 et de la New Music Composer’s Competition à New York en 1987.

Il est l’auteur de plus de cent pièces, du solo au grand orchestre et de l’opéra au multimédia, commandées fréquemment par de grandes institutions et radios internationales. Son intérêt pour le jazz, les musiques de scène, le cinéma et la télévision, mais aussi pour les systèmes analogiques, digitaux et informatiques de la musique électronique témoigne de l’éclectisme de son inspiration. Il fonde son studio de recherche électroacoustique en 1975 puis, en 1990, à Milan, l’institut AGON, centre de recherche et de composition assistée par ordinateur qu’il dirige jusqu’en 2006.

Professeur invité au conservatoire de Rotterdam en 1990-1991 et régulièrement sollicité pour des master classes en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, il enseigne la composition pendant vingt-cinq ans dans différents conservatoires italiens. Actuellement, il est directeur du département de composition au Musikhögskolan de Malmö en Suède.

Il collabore régulièrement avec les plus grands musiciens et orchestres internationaux et se produit également comme chef d’orchestre. Il est nommé directeur du festival international de musique de la Biennale de Venise pour quatre ans, de 2008 à 2012 et consultant artistique en 2011, puis directeur en 2012 du festival Ultima d’Oslo. En 2013, il est compositeur en résidence à la Casa Música à Porto.

Il compose plusieurs œuvres pour voix et ensemble avec traitement électronique comme Etymo (1994) et Etymo II (2005), Sirènes, créé en 2009 au festival Agora, de nombreux concertos, dont les récents Kubrick’s Bone, pour cymbalum et orchestre créé en janvier 2007 en Belgique, Hard Pace, concerto pour trompette créé en 2008 dans le cadre du projet Pollini à Rome, plusieurs quatuors à cordes dédiés au Quatuor Arditti, dont le quatrième I voli di Niccolò est créé en 2005. Des pièces pour grand orchestre, on peut citer Wanderer en 1998-1999, Cobalt, Scarlet en 1999-2000 et des pièces pour instruments solistes, accompagnés ou non par l’électronique, dont les dernières nées Body Electric, pour violon et électronique (2006) et Animus III pour tuba et électronique (2008).

Le catalogue de ses œuvres comprend de nombreux opéras radiophoniques composés pour la Rai, ainsi que des opéras scéniques et des oratorios. Parmi ces pièces, figurent Lips, Eyes, Bang (1998), avec traitement vidéo en temps réel, Buffa opera, pour récitant et orchestre sur un texte de Stefano Benni (2002), Gesualdo Considered as a Murderer, commande du Holland Festival, créé en 2004. En 2010, le théâtre Ponchielli de Crémone voit la création d’un Orphée revisité, Attraverso, pour soprano et ensemble. Pour célébrer les cent-cinquante ans de l’unité de l’Italie, Francesconi reçoit la commande de Terra, oratorio sur un texte de Valeria Parrella, créé en septembre 2011 au Teatro di San Carlo de Naples. En avril 2011, commande de la Scala de Milan, l’opéra Quartett est créé sous la direction de Susanna Mälkki et repris dans un effectif réduit au Festival Wiener Festwochen en mai 2012. En juin 2012, Atopia, oratorio profane d’après des textes de Piero della Francesca et Calderón de la Barca est créé à Madrid. En 2014, Dentro non ha tempo, pour grand orchestre est créé à la Scala de Milan. Bread, Water and Salt, sur un texte de Nelson Mandela, est créé en 2015 à Rome sous la direction d’Antonio Pappano. Il reçoit une commande de l’Opéra national de Paris, Trompe-la-Mort, opéra sur un livret du compositeur d’après Honoré de Balzac, est créé en 2017 au Palais Garnier. En 2017, il reçoit une commande de la fondation Daniel Barenboim pour Daedalus pour flûte et ensemble, créée à la Boulez Saal de Berlin en janvier 2018, année où lui est commandé Trauma Études pour ensemble par la Librairie du Congrès, où est créée la pièce en mars 2019.

L’œuvre de Luca Francesconi est récompensée par plusieurs prix, parmi lesquels le Prix Martin Codax et le Prix Guido d’Arezzo en 1985, le Prix Kranichsteiner de Darmstadt en 1990, le Prix Ernst-von-Siemens de Munich en 1994, le Prix Italia pour Ballata del rovescio del mondo en 1994, le Prix Franco Abbiati Critics pour l’Opéra Quartett en 2011, le prix de la Royal Philharmonic Society de Londres pour Duende. The Dark Notes en 2015, et le prix Premio Italiques pour Trompe-la-Mort en 2018.


© Ircam-Centre Pompidou, 2017

By Robert Coheur

« La musique est séduction 1. » Sans vouloir assimiler l’œuvre de Luca Francesconi à quelque maxime toujours réductrice, cette courte pensée exprime indéniablement l’un des fondements importants de sa démarche compositionnelle. Cette formulation, pour elliptique qu’elle soit, est l’aboutissement d’une longue réflexion, amorcée durant ses années d’apprentissage au Conservatoire de Milan et sans cesse remise sur le métier jusqu’à aujourd’hui. Elle est suscitée par une double réalité. D’un côté, la fascination pour la tradition musicale occidentale, non seulement les œuvres des maîtres du passé, mais également les outils que cette tradition a forgés au fil des siècles (notamment les instruments, et surtout, le plus extraordinaire d’entre tous : l’orchestre), et de l’autre côté, la jouissance d’une énergie créatrice libre de contrainte, primitive, archaïque (c’est-à-dire non réflexive) vécue dans la pratique nocturne du rock et du jazz.

Pour Francesconi, il ne s’agissait pas de choisir entre l’une ou l’autre de ces réalités vécues, souvent considérées comme antinomiques au sein de la culture musicale occidentale, mais de chercher à les faire coexister : ni négation de l’esprit d’analyse ou d’une recherche portée vers la complexité issue de la tradition – qui s’interdirait toute expressivité ou abandon à l’irrationnel –, ni refus d’une musique énergétique inconsciente de ses mécanismes internes. C’est « dans une danse, proprement dans une danse entre instinct et raison, à la recherche constante d’un équilibre, [que] notre expérience perceptive trouve son accomplissement le plus vrai. C’est donc l’éternel dualisme, et l’éternelle tentative de synthèse. Apollon et Dionysos, bien sûr 2 ! »

Luca Francesconi se définit ainsi, pour le versant rationnel, comme le successeur de la « génération des pères » (Boulez, Berio dont il fut l’assistant de 1981 à 1985, Stockhausen, Maderna, etc.). Il se donne pour tâche d’accomplir la synthèse de l’évolution musicale occidentale que ces compositeurs n’ont pas opérée à l’issue de leur intense activité de recherche des années 1950 à 1970 (ceux-ci s’étant arrêtés, selon lui, au seuil d’une nouvelle grammaire musicale).

Pour le versant irrationnel, Francesconi se définit comme un compositeur conscient de la nécessité de donner à l’auditeur une « trame » – titre d’une de ses œuvres pour saxophone et orchestre, Trama (1987), amplification de Plot in fiction (1986), que l’on peut traduire par L’intrigue dans la fiction, pour hautbois / cor anglais et douze instruments –, « trame » qui puisse guider son écoute à l’intérieur de la composition : quête d’une transparence compositionnelle (sans pour autant tomber dans la simplicité ; les moyens ne pouvant se substituer à la qualité de la pensée de l’auteur) basée notamment sur l’énergie pure, directement sensible, sans nécessité d’une intellection profonde des mécanismes opératoires.

Au départ de ce binôme compositionnel, les œuvres de Francesconi sont toujours une tentative de construction d’un sens, d’un signifié musical chaque fois redécouvert. Son attitude est donc fondamentalement différente, à la fois des courants déconstructionnistes de la création contemporaine – dont les tenants cherchent à nier toute empreinte traditionnelle dans le matériau musical (mais que reste-t-il encore à détruire ?) –, comme des tentatives formalistes et de surdétermination de l’écriture, aussi bien que des courants cherchant des solutions soit dans un passé musical muséifié (utilisé comme pièce d’un jeu musical intellectuel et élitiste par essence qui n’est autre qu’un « ballet de morts »), soit dans une quête d’immédiateté émotionnelle par le recours à des langages supposés compréhensibles par un large public. Autant d’académismes de la part de compositeurs retirés « dans [leur] citadelle, dans [leur] laboratoire ultra-protégé qui, paradoxalement, est financé par les mêmes institutions de l’État qu’ils désirent critiquer 3 »). La responsabilité du créateur contemporain est au contraire pour Francesconi de reconstruire, de refonder, par un parcours analytique synthétique – fruit d’une nécessaire et permanente recherche musicale –, qui soit toujours en syntonie avec la réalité historique contemporaine. En somme un engagement, non nécessairement politique ; un langage qui puisse soutenir un discours musical conscient de son appartenance à une culture déterminée (et donc d’accepter son héritage en jouant avec la pression sémantique dont celui-ci est porteur) ; une volonté de laisser agir une énergie pure, interne à tout élément musical. Une quête de l’épistèmê inlassablement remise sur le métier, c’est-à-dire la « capacité de vivifier les grandes valeurs de la pensée occidentale, à travers une confrontation continue et risquée, parfois batailleuse, avec les défis du quotidien, avec l’évolution du monde – ou la réponse de la koinê de la planète 3. »

Les œuvres de Francesconi relèvent donc d’une perpétuelle tentative d’établir un équilibre signifiant entre « la séduction dangereuse de la beauté », sans pour autant « renoncer un instant à la complexité, à la richesse des articulations internes de la pensée, de l’action, et de l’élaboration musicale 3 ». Le cycle sur la mémoire, Studio sulla memoria (Richiami II, 1989-1992 ; Memoria, 1990 ; Riti neurali, 1991 ; et A fuoco, 1995) est révélateur de cette palingénésie du sens, aboutissement d’une recherche inlassable et nécessaire sur le langage musical. Le point de départ anecdotique de Memoria (le bicentenaire de la mort de Mozart – l’œuvre étant dédiée, notamment, à « Wolfgang Amadeus ») offre au compositeur un matériau de base exogène issu de la Symphonie concertante pour violon et alto KV 364 de Mozart. Francesconi se livre alors à une analyse minutieuse de quelques mesures afin d’en explorer les éléments structuraux et d’en percevoir les potentialités. Il élabore ensuite sa composition en prenant comme point de départ l’antipode architectural du fragment mozartien et explore toutes les transformations possibles de la matière musicale qui permettent une réinvention littérale de cet emprunt. Durant toute la durée de l’œuvre, on sent plier la musique, on suit les mutations et les conversions successives de la substance musicale qui donnent naissance, à l’extrême fin de l’œuvre, à la musique de Mozart. Il n’est donc pas question, comme dans toutes ses œuvres, de citation ou de collage : l’extrait de Mozart n’est pas greffé au travail de Francesconi, il n’est pas l’événement causal de l’œuvre, mais devient une conséquence, parmi d’autres, de la composition ; l’œuvre, après s’être abreuvée à cette source historique, pourrait se passer de ces quelques mesures empruntées. C’est donc avant tout par un esprit d’analyse totale et un contrôle permanent des phénomènes que Francesconi élabore son travail, ce qui lui permet notamment de jouer avec l’histoire, sans en être prisonnier.

Cet esprit d’analyse des phénomènes, la volonté de contrôler les diverses transformations de la matière musicale en suivant au plus près l’évolution de tous les paramètres sonores, suscitent naturellement le recours à l’électronique. Pour Francesconi, ces nouveaux outils font partie intégrante de son panorama musical et de son background compositionnel. L’évolution musicale occidentale est, bien évidemment une histoire de la langue ou de la pratique musicale par exemple, mais également une histoire du perfectionnement de la technique instrumentale qui a toujours fourni aux musiciens des prothèses capables de répondre à leurs exigences ou, au contraire, de susciter chez eux l’envie d’explorer de nouveaux espaces encore vierges en se confrontant à l’innovation technique. La technologie dont dispose aujourd’hui Francesconi lui permet ainsi « de visiter des lieux qui autrement seraient impossibles à visiter » (Entretien avec l’auteur, 2006), à savoir le microscopique et le macroscopique.

Ainsi dans son œuvre Etymo (1994), pour soprano, électronique et orchestre de chambre, Francesconi utilise la technologie mise à sa disposition par l’Ircam (commanditaire de l’œuvre) afin d’explorer les différentes conceptions de la relation entre la parole et le son qui peuvent se concevoir selon trois états : phonétique, sémantique et poétique (ou esthétique). L’électronique intervient non seulement pour sillonner les multiples résonances internes de ces trois étapes (en donnant à entendre ce que l’oreille humaine ne peut percevoir que partiellement), mais également pour provoquer le passage d’une situation à une autre. Ainsi, entre la première et la seconde partie de l’œuvre, l’électronique permet de faire « bouillir tous les sons » (Entretien avec l’auteur, 2006), toute la matière sonore produite par la voix et d’en faire émerger progressivement un son articulé, première étape d’une ébauche de signification, à l’instar de la découverte par les enfants de leur premier phonème : apparition du son « m ». Cette lettre, évocatrice d’un sens à venir, d’un sémantisme encore balbutiant, va dévoiler progressivement à travers la voix de soprano un vers de Charles Baudelaire extrait du Voyage: « même dans nos sommeils / La curiosité nous tourmente et nous roule ». L’électronique nous a fait basculer d’un état de turbulences des phénomènes sonores, énergie pure, à un état d’équilibre entre le discours musical de Francesconi et le discours poétique de Baudelaire.

Cette utilisation de l’électronique comme outil synthétique d’une architecture dialogique est particulièrement mise en évidence dans son œuvre pour trombone solo et électronique en temps réel, Animus (1995-1996). Cette composition « relate l’histoire qui se déroule entre un animal (humain) et une pièce de métal. […] L’ordinateur explore ces deux corps, grâce au va et vient d’un zoom examinant leur matière organique : la chair, le métal. Puis il les fait exploser dans l’espace. Tente finalement de les recomposer 4. »

L’aspect technologique dans la musique de Francesconi, que nous venons d’esquisser, ne doit pas occulter la richesse de l’écriture instrumentale. Si l’intervention du medium électronique au cours de l’exécution d’une œuvre fascine souvent, l’auditeur ne manquera pas d’être frappé par la fragrance des sonorités instrumentales. Comme nous l’avons déjà signalé dès l’amorce de cette étude, Francesconi est un amoureux de l’héritage occidental et particulièrement de son panel instrumental. Il ne s’interdit donc pas de faire sonner les instruments en recourant à leurs qualités sonores traditionnelles. On ne trouvera que rarement dans ses compositions d’utilisation contre-nature de l’instrument ou de modes de jeu inusités qui, chez certains compositeurs, frôlent parfois l’excentricité gratuite, tenant plus de l’exhibition que d’une quelconque nécessité compositionnelle. Si de telles recherches d’extension (ou de déconstruction, selon les cas) des techniques instrumentales se sont basées sur des raisons historiques valables à une époque, elles ne peuvent plus constituer aujourd’hui le seul fondement d’un projet compositionnel. Les compositeurs contemporains se doivent d’en acter l’existence et de les intégrer à leurs ressources créatives mais sans exclusive ni rejet catégorique. Francesconi ne se refuse donc pas à la recherche dans le domaine instrumental, lorsqu’elle est impliquée dans un projet plus global. Comme nous l’avons déjà étudié ci-dessus, l’électronique était déjà un moyen d’explorer la matière sonore produite par les instruments. Dans ses œuvres sans électronique, l’exploration du son est également omniprésente mais sans tenter de faire sonner l’instrument pour ce qu’il n’est pas, comme il s’en explique lors de son travail sur Rest (2004) pour violoncelle et orchestre : « Le violoncelle est un instrument très puissant qui se suffit à lui-même. Il possède une ampleur étonnante au registre grave, à l’aigu, une variété d’articulation infinie, une habileté mimétique de timbre et de style proche de celle du caméléon. Mais sa puissance n’est pas dynamique, « musculaire ». Elle est entièrement concentrée dans sa matière. Et c’est ainsi que l’on doit l’utiliser : ce n’est pas un tuba ni une guitare électrique 3. » L’abstraction du travail sur le domaine instrumental vient ainsi s’insérer naturellement à l’intérieur des qualités propres de l’instrument : « Je désirais atteindre [la] nature cachée [du violoncelle], pleine de force et d’énergie […] d’un côté – une « secousse » tellurique et forte, très grave. Scintillante, légère et « féerique » de l’autre […]. Ces extrêmes « abstraits » de l’instrument, représentent […] deux états du son encore inconnus : un son, en un certain sens préverbal (une matière crue) et l’autre postverbal (une matière proche de la fable). […] Ainsi, après cette navigation périlleuse parmi des lieux et des couleurs inattendus, apparaît le violoncelle tel que nous avons l’habitude de l’entendre. Arrivés à ce stade, nous nous apercevons que l’instrument que nous connaissons ne correspond qu’à l’un des multiples instruments qu’il pourrait être en réalité 3. » Nous retrouvons ici les trois étapes de la construction d’un langage articulé (phonétique, sémantique et poétique) déjà explorée dans Etymo, et qui traversent toutes les œuvres de Francesconi.

Sa position de compositeur se conçoit donc toujours comme celle d’un voyageur infatigable (le Wanderer, auquel il consacra une vaste composition éponyme pour orchestre en 1998-1999) parcourant les espaces linguistiques à la recherche de leurs frontières toujours mouvantes ; une étude éthologique portée sur l’homme pour sonder les limites entre bruit et son, entre instinct et raison. Chaque situation ou élément musical donne ainsi lieu à une enquête minutieuse sur les différentes relations qu’il est susceptible d’établir avec le milieu qui l’entoure : depuis, par exemple, les interactions multiples des instrumentistes entre eux – comme dans Riti neurali (1991), pour violon et dix-huit instruments, « où le soliste occupe un grand nombre de situations par rapport au petit orchestre (l’entraînant, lui obéissant, le contredisant, l’ignorant, etc.), comme autant de postures. […] La complexité du contrepoint […] vient de la simultanéité de postures différentes 1. » – jusqu’à la confrontation de matériaux musicaux distincts – comme dans Mambo (1987) pour piano, où « la texture de l’œuvre se compose de trois couches plus ou moins répétitives, dont la rivalité donne à la pièce sa dynamique 5. » Cette courte pièce pour piano servira de matériau de base pour la composition d’Islands (1992), concerto pour piano et orchestre de chambre, en faisant proliférer ces relations explorées furtivement en 1987.

« La musique est séduction », nous disait pour commencer Francesconi. La phrase suivante s’explicite maintenant d’elle-même : « Il n’y a que cela qui puisse être en profondeur. C’est une expérience riche et exhaustive qui, outre le premier niveau de la fascination sensorielle, mobilise aussi notre cerveau 2. »


  1. Dominique DRUHEN, « Vers la transparence », Disques Montaigne, 1996, MO 782032.
  2. Luca FRANCESCONI, « Les Esprits libres », dans La Loi Musicale. Ce que la lecture de l’histoire nous dés(apprend) (Danielle COHEN-LEVINAS, textes réunis et présentés par), Paris, L’Harmattan / Itinéraire, coll. « Musique et Musicologie : les Dialogues », 1999, pp. 19-40 [éd. o. en ital. : 1994, trad. fr. présente : Philippe Allé].
  3. Luca FRANCESCONI, « Cobalt Scarlet et Rest », CD Stradivarius, 2005, STR 33703.
  4. Luca FRANCESCONI, « Animus », Notes de programme, Ircam, 1995.
  5. Luca FRANCESCONI et Jean-Luc PLOUVIER, « Mambo, Plot in fiction, Attesa, etc. », Disque Megadisc Classic, 1998, MDC 7834.

© Ircam-Centre Pompidou, 2007

  • Effectif non spécifié
    • stage Scene opera in two acts (1985), Inédit
  • Musique électronique / sur support / instruments mécaniques
  • Musique soliste (sauf voix)
  • Chamber music
    • Accordo for wind quintet (2005), 13 mn, Ricordi
    • Attesa for wind quintet (1988), 13 mn, Ricordi
    • Concertante for flute, guitar, percussion and string quartet (1982), Inédit
    • Fil rouge for violin and flute (1991), Inédit
    • I voli di Niccolò fourth string quartet (2004), 21 mn, Ricordi
    • Impulse II for violin, clarinet and piano (1985, 1995), 11 mn, Ricordi
    • Insieme for flute, clarinet, piano, violin and cello (2014), 11 mn, Ricordi
    • Mirrors third string quartet (1993), 22 mn, Ricordi [program note]
    • Moscow Run for vibraphone, marimba and two pianos (2019), 11 mn
    • Papier Plein for flute, guitar and string trio (1981), Inédit
    • Piccoli Voli for violin and piano (1999), Inédit
    • Primo quartetto for string quartet (1976), Ricordi
    • Respondit II for wood quintet (2007), 8 mn, Ricordi
    • Secondo quartetto for string quartet (1985)
    • elec Sestetto for piano, string quinet and tape (1979), Inédit
  • Musique instrumentale d'ensemble
    • Aria for wind octet in two groups (1993), 15 mn, Ricordi
    • Aria Novella for double quartet (2001), 15 mn, Ricordi
    • Caduta Libera for chamber orchestra (1992), Inédit
    • Cobalt and Scarlet for large orchestra (1999-2000), 17 mn, Ricordi
    • Cobalt, Scarlet - Two Colours of Dawn for large orchestra (1999-2000), 25 mn, Ricordi
    • Controcanto for set (2003), 5 mn, Ricordi
    • Da capo for nine instruments (1985-1986), 12 mn, Ricordi
    • Da capo II for eight instruments (2007), 12 mn about , Ricordi
    • Dentro non ha tempo for orchestra (2014), 15 mn, Ricordi
    • Dia-ballein for set (2016), 7 mn, Ricordi
    • Encore/Da capo for nine instruments (1985-1995), 12 mn, Ricordi
    • Fresco for five harmony orchestras in motion (2007), 30 mn, Ricordi
    • elec Inquieta Limina Un omaggio a Berio , for ensemble with accordion (1996), 7 mn, Ricordi
    • Insieme II for flute, clarinet, vibraphone, piano, violin and cello (2016), 10 mn, Ricordi
    • Lontananza e ora, qui for ensemble in eight groups (2002), 18 mn, Ricordi
    • Memoria for orchestra (1990), 11 mn, Ricordi
    • Memoria II for orchestra (1998), 11 mn, Ricordi
    • Miniature for sixteen instrumentalists (1992), 13 mn, Ricordi
    • Mittel for five harmonies in motion (1991), 30 mn, Ricordi
    • Onda sonante for eight instruments (1985), 13 mn, Ricordi
    • Passacaglia for large orchestra (1982), 10 mn, Ricordi
    • elec Respondit two Gesualdo madrigals transcribed and reimagined for five instruments with electronic spatialization processing (1997), 8 mn, Ricordi
    • Richiami for chamber orchestra (1989), partition retirée du catalogue
    • elec Richiami II first study on memory, for amplified ensemble (1989-1992), 20 mn, Ricordi
    • Risonanze d'Orfeo instrumental suite for wind orchestra for Claudio Monteverdi's Orfeo (1993), 35 mn, Ricordi
    • elec Strade parallele for six instruments and electronics (2007, 2009), 10 mn about , Ricordi
    • Tardo meriggio for orchestra (2003), 6 mn, Ricordi
    • Trauma Études for set (2018), 21 mn, Ricordi
    • Vertige for string orchestra (1985), 11 mn, Ricordi
    • Wanderer for large orchestra (1998-1999), 26 mn, Ricordi
  • Musique concertante
    • A fuoco fourth study on memory, for guitar and ensemble (1995), 15 mn, Ricordi
    • elec Body Electric for violin with realtime electronics and double ensemble (2006), 25 mn, Ricordi
    • elec ircam Corpo elettrico viral version, violin concerto (2020), 25 mn, Ricordi
    • Corpo elettrico violin concerto (2020), 25 mn, Ricordi
    • Daedalus for flute and ensemble (2017), 27 mn, Ricordi
    • Das Ding singt for cello and orchestra (2017), 20 mn, Ricordi
    • Duende. The Dark Notes for violin and orchestra (2014), 26 mn, Ricordi
    • Hard Pace concerto for trumpet and orchestra (2007), 25 mn about , Ricordi
    • Interplay for oboe, harpsichord and double bass soloists and small orchestra (1983), Inédit
    • Islands concerto for piano and twelve instruments (1992), 15 mn, Ricordi [program note]
    • Islands concerto for piano and chamber orchestra (1992), 15 mn, Ricordi
    • Kubrick's Bone concerto for cymbalum and ensemble (2005), 25 mn, Ricordi
    • Les barricades mystérieuses for flute and orchestra (1989), 16 mn, Ricordi
    • Lichtschatten for flute and ensemble (2020), 5 mn, Ricordi
    • Macchine in echo for two pianos and orchestra (2015), 25 mn, Ricordi
    • Phoenix Concerto for harpsichord and orchestra (1983), Inédit
    • Piano Concerto (2013), 24 mn, Ricordi
    • Piccola trama for saxophone (or viol) and eight instruments (1989), 10 mn, Ricordi
    • Plot II for saxophone and ensemble (1993), 10 mn, Ricordi
    • Plot in Fiction for oboe / english horn (or clarinet) and ensemble (1986), 10 mn, Ricordi
    • Rest Luciano Berio in memoriam , for cello and orchestra (2003-2004), 25 mn, Ricordi
    • Riti neurali third study on memory, for violin and eight instruments (1991), 18 mn, Ricordi
    • Secondo concerto for oboe and ensemble (1991), 15 mn, Ricordi
    • Suite 1984 for orchestra, African percussions and jazz quartet (1984)
    • Trama for saxophone and orchestra (1987), 20 mn, Ricordi [program note]
    • elec Trama II for clarinet, orchestra and electronics in real time (1993), 20 mn, Ricordi
    • elec Unexpected End Of Formula for cello and ensemble (2008), 25 mn, Ricordi
    • Vertical Invader concerto grosso for wind quinet and orchestra (2015), 25 mn, Ricordi
    • Vertigo for violin and string orchestra (2018), 13 mn, Ricordi
    • Zero formula for electric guitar and orchestra (2019), 18 mn, Ricordi
    • Zero formula II for guitar and ensemble (2019), 18 mn, Ricordi
  • Vocal music and instrument(s)
    • Aeuia for baritone and twelve instruments (1989), 7 mn, Ricordi
    • stage Atopia secular oratorio for narrator, choir and orchestra (2012), Ricordi
    • Attraverso for soprano and ensemble (2010), 20 mn, Ricordi
    • elec ircam stage Ballata opera in two acts (1996-1999), 2 h 25 mn, Ricordi
    • Bread, Water and Salt for soprano, mixed choir and orchestra (2015), 15 mn, Ricordi
    • stage Buffa opera concerto for crickets, daisies, cockroach and orchestra (2002), 1 h 30 mn, Ricordi
    • Dolce Terra for soprano and piano (1980), Inédit
    • elec ircam Etymo for soprano, electronics and ensemble (1994), 23 mn, Ricordi [program note]
    • elec Etymo II for soprano, electronics and large orchestra (1994-2005), 24 mn, Ricordi
    • Finta-di-nulla for soprano and ensemble (1985), 14 mn, Ricordi
    • stage Gesualdo considered as a murderer opera (2004), 1 h 10 mn, Ricordi
    • In nuce for three sopranos and chamber orchestra (1983), Inédit
    • elec In ostaggio radio opera for soprano, actor and string quartet (1987-1989)
    • La voce folksong for soprano and thirteen instruments (1988), 6 mn, Ricordi
    • elec stage Lips, Eyes, Bang for actress-singer, twelve instrumentalists, audio and video in real time (1998), 20 mn, Ricordi
    • Nacht im Offend Feld for baritone and piano (1997), Inédit
    • Notte for mezzo-soprano and ensemble (1983-1984), 13 mn, Ricordi
    • elec ircam stage Quartett opera, for soprano, baritone, choir, orchestra and ensemble (2010-2011), 1 h 20 mn
    • elec ircam stage Quartett opera, version for soprano, baritone, ensemble and fixed sounds (2010-2012), 1 h 20 mn [program note]
    • elec ircam stage Sirene/Gespenster pagan oratorio for four female choirs, brass, percussion and electronics (1996), 35 mn, Ricordi
    • elec ircam Sirènes for forty voices, orchestra and electronic device (2009), 33 mn, Ricordi [program note]
    • stage Terra oratorio, for seven solo voices, choir and orchestra (2011)
    • Terre del rimorso for soloists, choir and orchestra (2000-2001), 40 mn, Ricordi
    • Time, real and imaginary for soprano, flute, clarinet, vibraphone, cello (2009), 15 mn [program note]
    • stage Trompe-la-Mort opera (2017), 1 h 45 mn, Ricordi
    • Viaggiatore insonne for soprano and five instruments (1983), 9 mn, Ricordi
    • elec Voci for soprano, amplified violin and electronics (1992), 8 mn, Ricordi
  • Musique vocale a cappella

Liens Internet

(liens vérifiés en juin 2021).

Bibliographie

  • Dominique DRUHEN, « Vers la transparence », livret du cd Montaigne, 1996, MO 782032.
  • Anne GENETTE, « Ballata, de Luca Francesconi », sur le site de la Médiathèque de la communauté française de Belgique, http://www.lamediatheque.be (lien vérifié en juin 2021).
  • Luca FRANCESCONI, « Les Esprits libres », dans La Loi Musicale. Ce que la lecture de l’histoire nous dés(apprend) (Danielle COHEN-LEVINAS, textes réunis et présentés par), Paris, L’Harmattan / Itinéraire, coll. « Musique et Musicologie : les Dialogues », 1999, pp. 19-40 [éd. o. en ital. : 1994, trad. fr. présente : Philippe Allé].
  • Luca FRANCESCONI, « Let me bleed et Terre del rimorso», livret du cd Stradivarius, 2004, STR 33683.
  • Luca FRANCESCONI, « Cobalt Scarlet et Rest », livret du cd Stradivarius, 2005, STR 33703.
  • Luca FRANCESCONI, « Invitation au voyage. Propos recueillis par Jean-Claire Vançon », Accents, n° 30, septembre-décembre 2006, pp. 6-7.
  • Luca FRANCESCONI et Jean-Luc PLOUVIER, « Encore/Da capo, Mambo, Attesa, Charlie Chan et Plot in fiction », livret du cd Megadisc Classic, 1998, MDC 7834.
  • Paolo PETAZZI, « Complissità, profondità e trasparenza », livret du Montaigne, MO 782032, 1996.
  • Michel RIGONI, « Luca Francesconi, la profondeur de la séduction », Résonances, n° 7, octobre 1994.
  • Michael STRUCK-SCHLOEN, « Die Poesie der Erinnerung. Zur Musik von Luca Francesconi », livret du cd Montaigne, 1996, MO 782032.

Discographie

  • Luca FRANCESCONI, Herzstück, Neue Vocalsolisten Stuttgart, avec des œuvres de Gordon Gampe, Mischa Käser et Friedrich Cerha, 1 cd Col Legno, 2014, WWE20413.
  • Luca FRANCESCONI, Rest, Enrico Dindo : violoncelle, Orchestre symphonique de la Rai, direction : Roberto Abbado, dans « Milano Musica Festival vol. 5 », avec des œuvres d’Ivan Fedele et Giovanni Verrando, 1 cd Stradivarius, 2011, STR 33891.
  • Luca FRANCESCONI, Ballata, Marco Beasley, Anders Larsson, Ildiko Komlosi, Eberhard Francesco Lorenz, Woo-Kyung Kim, Laure Delcampe, Donal J. Byrne, Stephan Loges, Susanne Schimmack, Silvia Weiss, Orchestre symphonique et Chœurs de la Monnaie, direction : Thanos Adamopoulos, enregistrement live de la création le 29 octobre 2002 à la Monnaie de Bruxelles, 2 cd Ricordi oggi, Stradivarius, 2011, STR 57012.
  • Luca FRANCESCONI, Viaggiatore insonne; Plot in fiction, ensemble Firebird, direction : Barrie Webb, dans « Plot in fiction », avec des œuvres de Enrico Correggia, Ada Gentile et Dario Maggi, 1 cd METIER, 2009, n° 92018.
  • Luca FRANCESCONI, Etymo ; Da Capo ; A fuoco ; Animus, Barbara Hannigan, soprano, Pablo Márquez, guitare, Benny Sluchin, trombone, Ircam, Ensemble intercontemporain, direction : Susanna Mälkki, 1 cd Kairos / Ircam / Ensemble intercontemporain, coll. Sirènes, 2008, n° 0012712KAI.
  • Luca FRANCESCONI, Etude pour cymbalum, dans « Un brin de bruyère », Luigi Gaggero : cymbalum, avec des œuvres de György Kurtág et Alessandro Solbiati, 1 cd Stradivarius, 2007, STR 33785.
  • Luca FRANCESCONI, Terzo quartetto (mirrors), Plot in fiction, Riti neurali, Richiami II, Arditti String Quartet, Marieke Schut, hautbois/cor anglais, Irvine Arditti, violon, Asko Ensemble, direction : David Porcelijn, Jonathan Nott et Guido Maria Guida, 1 cd Montaigne, 1995, MO 782032.
  • Luca FRANCESCONI, Encore/Da capo ; Mambo, Attesa ; Charlie Chan ; Plot in fiction, Jean-Luc Plouvier : piano, Paul de Clerck : alto, Ensemble Ictus, direction : Georges-Elie Octors, 1 cd Megadisc Classic, 1998, MDC 7834.
  • Luca FRANCESCONI, Second concerto pour hautbois et orchestre, Ernest Rombout, hautbois, Xenakis Ensemble, direction : Luca Francesconi, 1 cd Aurophon, Aur 32082.
  • Luca FRANCESCONI, I. Let me bleed ;II. Terre del rimorso, Swedish Radio Choir, direction : Andreas Hanson (I), chœur et orchestre symphonique de la Radio SWR de Stuttgart, direction : Peter Eötvös (II), 1 cd Stradivarius, 2004, STR 33683.
  • Luca FRANCESCONI, Cobalt Scarlet ; Rest, Anssi Karttunen, violoncelle, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, direction : Roberto Abbado, 1 cd Stradivarius, 2005, STR 33703.