Kaija Saariaho (1952)

Château de l'âme (1995)

five songs, for soprano, eight female voices and orchestra

  • General information
    • Composition date : 1995
    • Duration : 20 mn
    • Publisher : Chester Music
    • Commission: Betty Freeman pour le Festival de Salzburg de 1996 et Gérard Mortier
    • Dedication : à Aliisa et Dawn
    • Libretto (details, author) :

      poèmes antiques d’Inde et d’Egypte (traduits en français par Louis Renou et François Lexa)

Detailed formation
  • soloist : solo soprano
  • women's choir à 8 voix , 2 flutes, 2 oboes, 2 clarinets, 2 bassoons, 4 horns, 2 trumpets, 2 trombones, tuba, 4 percussionists, harp, piano, 12 violins, 10 second violins, 8 violas, 6 cellos, 5 double basses

Premiere information

  • Date : 10 August 1996
    Location :

    Autriche, Salzburg


    Performers :

    Dawn Upshaw, soprano, Arnold Schönberg Choir, London Philharmonic Orchestra, direction : Esa-Pekka Salonen.

Table of contents

  1. La liane
  2. À la terre
  3. La liane
  4. Pour repousser l'esprit
  5. Les formules

Program note

Château de l’âme est une mise en musique de textes issus des traditions hindoues et d’Égypte antique. Les trois premières sections empruntent ainsi au Artharva Veda, l’un des livres de Veden, un ouvrage fondamental dans la tradition spirituelle de l’hindouisme. La première section, La liane (dont les vers apparaissent dans l’ordre inverse dans la section 3), dit l’amour entre un homme et une femme – sa naissance, sa continuité et son inlassable renouvellement. À la terre, sur un collage de textes de la main de Saariaho, tire son titre d’une prière védique. Les deux dernières sections s’appuient sur des formules magiques égyptiennes : Pour repousser l’esprit est un sort « pour repousser un esprit » justement, et Les formules sont extraites de sorts destinés à guérir les enfants. Le titre Château de l’âme est emprunté à une œuvre de sainte Thérèse d’Avila.
La relation entre les mots et la musique dans Château de l’âme est d’une complexité unique. D’abord, certaines structures immanentes des poèmes trouvent une transposition musicale, telles que le refrain « et ne t’écarte de moi ! » qui, dans La liane, est toujours chanté sur la même mélodie par la soprano solo. Plus encore, la polyphonie perpétuellement mouvante qui s’installe entre la soliste et le chœur (à l’exception notable de la section centrale, où le chœur se tait) modèle la pièce aussi bien structurellement que musicalement. Au début de la pièce, par exemple, le chœur introduit le texte en en récitant certaines parties avant même l’entrée de la soprano solo, et cette texture se retrouvera en miroir dans Les formules où le chœur crie de brefs extraits du premier vers, tandis que la soliste chante et récite le deuxième vers. Le son des mots lui-même donne sa forme à la pièce : les phonèmes chantés par la soprano solo et les voix féminines se fondent dans la texture orchestrale et sont développés de manière similaire.

Source : saariaho.org

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