updated 13 April 2016

Edison Denisov

Compositeur russe né le 6 avril 1929 à Tomsk, Sibérie, mort le 24 novembre 1996 à Paris

Edison Denisov est né le 6 Avril 1929 à Tomsk, en Sibérie, où il fait ses études de mathématiques à la faculté. En 1956, il termine ses études musicales au Conservatoire de Moscou où il a été l’élève de Vissarion Chebaline en composition, Nikolaï Rakov en orchestration, Viktor Zuckerman en analyse, Vladimir Belov en piano.

Edison Denisov s’est consacré, dans les années 1960, à une étude approfondie de l’œuvre des compositeurs classiques du XXe siècle, Stravinsky, Bartók, de la Nouvelle École Viennoise, et de l’art occidental contemporain, Boulez, Nono, Stockhausen, Lutoslawski.

Ces années correspondent à la recherche de son style personnel qui tend alors à s’affirmer dans ses œuvres vocales et instrumentales. Parmi celles-ci, il faut mentionner Le Soleil des Incas, donnée en première audition par Guennady Rojdestvensky à Leningrad, puis dans de nombreux pays d’Europe et en Amérique. En 1965, Pierre Boulez inclut cette œuvre au programme du Domaine musical où elle est exécutée sous la direction de Bruno Maderna, puis par Pierre Boulez à Bruxelles et à Berlin. Le Soleil des Incas a marqué le point de départ de la voie personnelle du compositeur.

Dans les années 1970, Edison Denisov se consacre à des œuvres pour effectifs importants et écrit la plupart de ses concertos, dont beaucoup lui ont été commandés par d’éminents solistes occidentaux notamment Aurèle Nicolet, Heinz Holliger, Eduard Brunner, Jean-Marie Londeix. La première exécution du Concerto pour violon est donnée à Milan par Gidon Kremer. L’organisation rigoureuse du tissu musical qui a marqué ses œuvres des années 1960 cède la place à une utilisation souple et libre de techniques et de procédés de composition les plus divers, dictés par l’idée générale de chaque œuvre.

Les années 1980 correspondent à la période de maturité du compositeur. Elle est déterminée par des séries d’intonations caractéristiques, notamment des motifs sur des secondes et des tierces, lyriques et d’une nature très vocale. C’est une écriture qui rappelle souvent l’hétérophonie des chants populaires russes, avec des rythmes très diversifiés et recelant de nombreuses difficultés pour les interprètes. Sa dramaturgie intrinsèque implique un développement progressif du matériau et d’importants épisodes de culmination.

C’est aucours de ces années que le compositeur écrit ses œuvres les plus marquantes : l’opéra L’Écume des jours, d’après le roman de Boris Vian créé à Paris, à l’Opéra Comique, en 1986, I’opéra de chambre Les quatre jeunes filles d’après une pièce de Pablo Picasso, le ballet Confession d’après la nouvelle d’Alfred de Musset et le Requiem. Il reçoit également deux autres commandes françaises, l’une de l’Ensemble Intercontemporain pour son dixième anniversaire, Au plus haut des cieux, I’autre de Daniel Barenboïm, une symphonie pour le vingtième anniversaire de l’Orchestre de Paris, créée Salle Pleyel, en 1988, et que Baremboïm dirige ensuite, à trois reprises, à Chicago en 1991.

Au cours de cette période, le compositeur s’inspire des grands thèmes liés à l’existence et à la religion. Son œuvre exprime alors une symbolique au travers de la mélodie, de l’harmonie, du rythme et des timbres. Cette démarche se prolonge dans les années 1990 qui voient naître Histoire de la vie et de la mort de notre Seigneur Jésus Christ et Morgentraum. En 1990-1991, Edison Denisov est invité par Pierre Boulez à venir travailler à l’Ircam et compose à cette occasion Sur la nappe d’un étang glacé. Les œuvres d’Edison Denisov ont été dirigées notamment par Leonard Bernstein, Daniel Barenboïm, Charles Dutoit, Neeme Järvi, Gerd Albrecht, Pierre Boulez, Guennady Rojdestvensky, Wolf-Dieter Hauschild, Vassily Sinaisky et Bernhard Klee.

Edison Denisov a écrit de nombreuses musiques de films et de scènes et durant presque trente ans, il a collaboré avec Youri Liubimov, directeur du théâtre de la Taganka à Moscou, pour monter des spectacles en Russie et dans divers pays d’Europe. À partir de 1959, il a enseigné l’analyse des formes musicales et l’orchestration au Conservatoire de Moscou et, à partir de 1992, la composition. En 1990, il a pris la direction de l’Association de Musique Contemporaine de Moscou.

Edison Denisov a été membre correspondant des Académies des Beaux-Arts de Bavière et de Berlin. Le ministère français de la Culture l’a nommé en 1986 officier des Arts et Lettres et il a reçu, en 1993, le Grand Prix de la Ville de Paris.


© Ircam-Centre Pompidou, 1998

Catalog sources and details

Yuri Kholopov et Valeria Tsenova, Edison Denisov, Chur, Harwood Academic Publishers, 1995.
Œuvres de jeunesse :
  • Préludes pour piano, 1947-1949.
    *Suite classique, pour deux pianos (en 5 mouvements : Prélude, Gavotte, Minuet, Intermezzo, Gigue), 1948-1949.
    *Chansons pour voix et piano, sur des poèmes de H. Heine, A. Mickiewics, A. Block, S. Yesenin, et M. Lermontov, 1948-1948.
    *Échec (Neudacha) d’après Anton Tchekhov, 1949.
    *Suite pour chœur et orchestre, 1949.
    *Menuet pour hautbois et piano, 1949.
    *Chansons pour voix et piano, sur des poèmes d’A. Blok et H. Heine, 1950-1951.
Œuvres des années du conservatoire :
  • Soir, pour voix et piano, sur des poèmes de Fyodor Tyutchev, 1951.
    *Deux chœurs a cappella, sur des poèmes d’Avetik Isahakian, 1952.
    *Trois chansons pour voix et piano, sur des poèmes d’Avetik Isahakian, 1952.
    *Vous aimez le printemps, pour voix et piano, sur des poèmes de Sandor Petöfi, 1952.
    *Les vents soufflent, pour soprano et piano, sur des poèmes d’Alexei Koltsov, 1952.
    *Derrière la rivière, derrière la montagne (Za rekoi, za goroi), chansons russes pour chœur, 1953.
    *Nocturnes, cycle de chansons pour mezzo-soprano et piano, sur des poèmes de Bo Tzu-i, 1954.
    *Symphonie en do majeur, 1955.
    *Blacksmith, You Blacksmith (Kuznetsy, vi kuznetsy), chanson russe pour voix et piano, 1955.
    *Boriska marche (Khodit Boriska), chanson russe pour voix et piano, 1955.
    *Ivan Soldat, opéra en une scène, 1956.
    *Quatuor à cordes n° 1, 1957 (partition perdue).
    *Symphonie sur un thème Tajik, 1957.
    *Petite suite pour orchestre, 1958.
    *Ivan Soldat, opéra en trois actes et cinq scènes d’après un conte russe, 1959.
    *Symphonie de chambre, pour clarinette, basson, piano et cordes, 1960.
    *Terre sibérienne, pour récitant, basse, chœur mixte et orchestre, sur des poèmes d’Alexander Tvardovsky, 1961.

Catalog source(s)

Yuri Kholopov et Valeria Tsenova, Edison Denisov, Chur, Harwood Academic Publishers, 1995.
Œuvres de jeunesse :
  • Préludes pour piano, 1947-1949.
    *Suite classique, pour deux pianos (en 5 mouvements : Prélude, Gavotte, Minuet, Intermezzo, Gigue), 1948-1949.
    *Chansons pour voix et piano, sur des poèmes de H. Heine, A. Mickiewics, A. Block, S. Yesenin, et M. Lermontov, 1948-1948.
    *Échec (Neudacha) d’après Anton Tchekhov, 1949.
    *Suite pour chœur et orchestre, 1949.
    *Menuet pour hautbois et piano, 1949.
    *Chansons pour voix et piano, sur des poèmes d’A. Blok et H. Heine, 1950-1951.
Œuvres des années du conservatoire :
  • Soir, pour voix et piano, sur des poèmes de Fyodor Tyutchev, 1951.
    *Deux chœurs a cappella, sur des poèmes d’Avetik Isahakian, 1952.
    *Trois chansons pour voix et piano, sur des poèmes d’Avetik Isahakian, 1952.
    *Vous aimez le printemps, pour voix et piano, sur des poèmes de Sandor Petöfi, 1952.
    *Les vents soufflent, pour soprano et piano, sur des poèmes d’Alexei Koltsov, 1952.
    *Derrière la rivière, derrière la montagne (Za rekoi, za goroi), chansons russes pour chœur, 1953.
    *Nocturnes, cycle de chansons pour mezzo-soprano et piano, sur des poèmes de Bo Tzu-i, 1954.
    *Symphonie en do majeur, 1955.
    *Blacksmith, You Blacksmith (Kuznetsy, vi kuznetsy), chanson russe pour voix et piano, 1955.
    *Boriska marche (Khodit Boriska), chanson russe pour voix et piano, 1955.
    *Ivan Soldat, opéra en une scène, 1956.
    *Quatuor à cordes n° 1, 1957 (partition perdue).
    *Symphonie sur un thème Tajik, 1957.
    *Petite suite pour orchestre, 1958.
    *Ivan Soldat, opéra en trois actes et cinq scènes d’après un conte russe, 1959.
    *Symphonie de chambre, pour clarinette, basson, piano et cordes, 1960.
    *Terre sibérienne, pour récitant, basse, chœur mixte et orchestre, sur des poèmes d’Alexander Tvardovsky, 1961.

Bibliographie sélective

  • Jean-Pierre ARMENGAUD, Entretiens avec Denisov, Paris, Plume, 1993.
  • Susan BRADSHAW, « The Music of Edison Denisov », Tempo, vol. 151, 1984.
  • Zachary A. CAIRNS, Mulptiple-Row Serialism in Three Works by Edison Denisov, University of Rochester, 2010.
  • Edison DENISOV, Udarnye instrumenty v sovremennom orkestre [Les percussions dans l’orchestre contemporain], Moscou, Sovetskij Kompozitor, 1982.
  • Edison DENISOV, Sovremennaâ muzyka i problemy êvolûcii kompozitorskoj tehniki [L’orchestre contemporain et les problèmes de l’évolution des techniques de composition], Moscou, Sovetskij Kompozitor, 1986.
  • Ora Paul HAAR, The influence of jazz elements on Edison Denisov’s Sonata for alto saxophone and piano, University of Texas at Austin, 2004.
  • Yuri KHOLOPOV et Valeria TSENOVA, Edison Denisov, Chur, Harwood Academic Publishers, 1995.
  • Ekaterina KOUPROVSKAIA-BRUGGEMAN (éd.), Edison Denisov, compositeur de la lumière, Paris, Cdmc, 2011.
  • Pierre RIGAUDIÈRE, Tradition et modernité chez Edison Denisov, Mémoire de DEA, Paris, EHESS / ENS / IRCAM, 1993.

Discographie sélective

  • Works for Small Ensemble : Trio pour piano, violon et violoncelle. Quintette avec clarinette. Romantic Music. Trio à cordes, Mobile Fidelity Sound Lab, MFCD 917, 1989.
  • Cycle de mélodies, Elena Vassilieva (soprano), Jacques Schab (piano), Le chant du monde, LDC278951, 1990.
  • Sonate pour saxophone alto et Piano. Nuages noirs. Apparitions et disparitions. Rayons des étoiles lointaines dans l’espace courbé. Trois pièces pour piano à quatre mains. Concerto piccolo, Claude Delangle (saxophone), Odile Delangle (piano), Madalena Soveral (piano), Jean-Louis Haguenauer (piano), Georges van Gucht (vibraphone), Les Percussions de Strasbourg, Georges van Gucht (direction), Pierre Verany, PV 790112, 1990.
  • Concerto pour deux altos, clavecin et cordes. Musique de chambre pour alto, clavecin et cordes. Variations sur le thème du choral « Es ist genug » de Jean-Sébastien Bach. Épitaphe pour orchestre de chambre, Nobuko Imai (alto), Patra Vahle (alto), Annelie de Man (clavecin), Nieuw Sinfonietta Amsterdam, Lev Markiz, (direction), BIS 518, 1991
  • Trio pour piano, violon et violoncelle. Sonate pour violon et piano. Signes en blanc pour piano. Trois pièces pour piano à quatre mains, Jean-Pierre Armengaud (piano), Jean-Claude Pennetier (piano), Devy Erlih (violon), Alain Meunier (violoncelle), Le chant du monde, LDC 2781057, 1991.
  • Symphonie, Orchestre du Ministère de la Culture de l’URSS, Melodiya, Gennadi Rozhdestvensky (direction), SUCD 10-00060, 1994
  • Concerto pour piano. Peinture. Günter Philipp (piano), Orchestre Symphonique de la Radio de Leipzig, Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin, Wolf-Dieter Hauschild (direction), Berlin Classics 0092602BC, 1996.
  • Musique pour piano, Jean-Pierre Armengaud (piano), Mandala, MAN 4888, 1996
  • Ode. Quintette avec clarinette. Concerto pour clarinette et orchestre, Eduard Brunner (clarinette), Robert Levin (piano), Peter Sadlo (percussion), Wilanow Quartett, Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, Hansung Kakhidze (direction), Col Legno, WWE 31864, 2000.
  • Symphonies de chambre No 1 et 2. Au plus haut des cieux, Brigitte Peyré (soprano), Ensemble Orchestral Contemporain, Daniel Kawka (direction), Harmonia Mundi, HMC 905268, 2012.

Liens internet