Date de mise à jour : 14 March 2008

Steve Reich

Compositeur américain né le 3 octobre 1936 à New York

Biographie

Né le 3 octobre 1936 à New York, Steve Reich partage son enfance entre New York et la Californie. Il étudie le piano puis se tourne vers la percussion après avoir entendu le batteur Kenny Clarke accompagner Milles Davis. Il entre à la Cornell University en 1953 et obtient une licence de philosophie en 1957. Reich approfondit aussi sa connaissance de l’histoire de la musique (de Bach au XXème siècle) en assistant aux cours de William Austin. De retour à New York, il étudie la composition avec le jazzman Hall Overton, puis avec William Bergsma et Vincent Persichetti à la Juilliard School (1958-61) où il fait la connaissance de Philip Glass. Il retourne en Californie au Mills College où il étudie la composition avec Darius Milhaud et Luciano Berio, rejette le sérialisme mais s’imprègne du jazz modal de Coltrane, et obtient, en 1963, son Master of Art. En 1964, il participe à la création de la pièce répétitive In C de Terry Riley qui influence fortement son approche de la musique répétitive.

Il fréquente le San Francisco Tape Music Center et compose ses premières œuvres pour bandes magnétiques dont It’s Gonna Rain (1965) basé sur le principe du déphasage graduel qu’il adaptera ensuite aux pièces instrumentales. De retour à New York en 1966, il fonde son propre ensemble, le Steve Reich and Musicians, qui va connaître un succès mondial. Il découvre la musique indonésienne à travers la lecture de Music in Bali de Colin McPhee. Reich fréquente alors les artistes plasticiens de sa génération tels que Sol LeWitt et Robert Smithson et se produit à la Park Place Gallery en 1966 et 1967. Il incarne alors la branche musicale du minimal art dont la pièce emblématique Pendulum Music, à mi-chemin entre sculpture sonore et performance, sera créée en 1968 par lui-même et le peintre William Wylie. En 1969, Steve Reich et Philip Glass travaillent quelque temps avec Moondog qu’ils proclament alors « fondateur du minimalisme ». Pendant l’été de 1970, Reich étudie les percussions africaines à l’Institut des Études africaines de l’Université du Ghana à Accra. Enrichi de cette expérience, il compose Drumming (1971-72), pour diverses percussions et voix, stade ultime de raffinement de la technique de déphasage et première apparition de la substitution des battements aux silences.

Entre 1970 et 1973, il collabore étroitement avec la danseuse et chorégraphe Laura Dean. En 1973 et 74, il travaille la technique des gamelans balinais Semar Pegulingan et Gambang à l’American Society for Eastern Arts à Seattle et à Berkeley, Californie. De cette période datent Six Pianos (1973) puis Music for Eighteen Musicians (1976). En 1974, il rencontre sa future épouse Beryl Korot grâce à qui il redécouvre le judaïsme et apprend l’hébreu. De 1976 à 1977, il étudie à New York et à Jérusalem les formes traditionnelles de cantillation des textes sacrés hébraïques dont Tehillim (1981) sera l’écho. L’œuvre, composée sur des psaumes bibliques — tout comme Desert Music (1984) sur des écrits de William Carlos Williams —, témoigne d’un nouveau désir de Reich de travailler sur des textes. À la fin des années quatre-vingt, Reich emploie à nouveau les bandes magnétiques notamment dans Different Trains, pour quatuor et bande, évocation des allers-retours en train de son enfance entre New York et Los Angeles et « d’autres trains » roulant en Europe vers les camps de la mort. Le nouveau mode de composition utilise les paroles de textes enregistrés pour générer le matériau instrumental.

Sa musique s’est progressivement éloignée du minimalisme. City Life (1995), pour instruments et samplers, marque une évolution dans l’utilisation technologique : deux claviers jouent en direct des fragments de paroles et des bruits urbains échantillonnés. Son inclination pour la musique ancienne (Pérotin) lui inspire Proverb (1995). Avec The Cave (1989-1993), conçu autour d’Abraham, père des trois religions monothéistes, et composé pour un ensemble instrumental accompagnant la projection d’une vidéo réalisée par Beryl Korot, Reich se lance dans la création multimédia. En 1994, il devient membre de l’American Academy of Arts. De 1998 à 2002, il compose Three Tales, opéra vidéo traitant de la domination technologique du XXème siècle à travers trois épisodes : le crash du Zeppelin en 1937 (Hindenburg), les essais nucléaires américains dans le Pacifique de 1946 à 1952 (Bikini) et la brebis clone conçue en 1997 (Dolly). En 2006, il reçoit le prix Praemium Imperial (Japon) et en 2007 le Polar Music Prize (Suède).

Sources
  • Paul GRIFFITHS, « Steve Reich » (en anglais), dans Grove Music Online, ed. L Macy, http://www.grovemusic.com
    (Vérifié le 5 septembre 2007).
  • Steve REICH, Écrits et entretiens sur la musique, textes préfacés et traduits par Bérénice Reynaud [Writings about Music, 1974], Paris, Christian Bourgois, coll. « Musique/Passé/Présent », 1981.

© Ircam - Centre Pompidou, 2008

Parcours de l'œuvre

Par Max Noubel

Les premiers essais de composition de l’Américain Steve Reich (né en 1936), dont il ne reste guère de traces, datent de la fin des années cinquante. Il vient de renoncer à poursuivre des études de philosophie à Harvard pour entrer à la Juilliard School (1958-1961). Sa culture musicale est encore lacunaire ; ses goûts éclectiques. Mais à l’orée des années soixante, il fait des découvertes musicales essentielles. Il s’initie en 1962 à la musique africaine par la lecture de Studies In African Music de A. M. Jones et, un peu plus tard, à la musique indonésienne par celle de Music in Bali de Colin Mc Phee.

L’œuvre de Bartók, et notamment les derniers quatuors, vont constituer une expérience majeure en développant sa connaissance de la musique modale et de l’écriture canonique. Les musiques anciennes – les organa de Pérotin en particulier ...

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Œuvres

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Ressources documentaires

Bibliographie

  • Célestin DELIÈGE, « Steve Reich » ; « Les idées de Steve Reich », dans Cinquante ans de modernité musicale : de Darmstadt à l’Ircam, Sprimont, Mardaga, 2003, pp. 639-642 et pp. 642-644.
  • Leyli DARYOUSH, « Quelques considérations autour d’un opéra de Steve Reich : The Cave », dans L’Opéra au second XXe siècle, Musurgia, Volume X/2, 2003, pp. 29-41.
  • William DUCKWORTH, « Steve Reich » (entretien en anglais), dans Talking Music, Conversations with John Cage, Philip Glass, Laurie Anderson, and five Generations of American Experimetal Composers, New York, Schirmer Books, 1995, pp. 290-317.
  • Clytus GOTTWAL/Steve REICH, « Signaux entre exotisme et industrie », traduite de l’allemand (Melos NZ, I, 1975) par Carlo Russi, dans Musiques Nord-américaines, Lausanne, L’Âge d’Homme, Contrechamps N° 6, avril, 1986, pp. 140-156.
  • Stéphane LELONG, « Steve Reich (interview) », dans Musique nouvelle, à la découverte de 24 compositeurs, Paris, Balland, 1996, pp. 283-313.
  • Keith POTTER, « Steve Reich », (en anglais) dans Four Musical Minimalists, Cambridge, New York, Melbourne, Cambridge University Press, 2000, pp. 151-250.
  • Steve REICH, Écrits et entretiens sur la musique, textes préfacés et traduits par Bérénice Reynaud [Writings about Music, 1974], Paris, Christian Bourgois, coll. « Musique/Passé/Présent », 1981.
  • Steve REICH, Writings on music : 1965-2000, préface et postface de Paul Hillier, New York, Oxford University Press, 2002.
  • Sabine SANIO, « Steve Reich » (en allemand), MGG, Die Musik in Geschichte und Gegenwart, vol. 13, Kasel, Basel, London, New York, Prag, Bärenreiter Metzler, 1999, pp. 1450-1452.
  • David SCHWARZ « Listening Subjects : Semiotics, Psychoanalysis, and the Music of John Adams and Steve Reich », (en anglais) dans Perspectives of New Music, 31/2, Summer1993, pp. 24-56.
  • K. Robert SCHWARZ, « Steve Reich, Minimalist » ; « Steve Reich, Maximalist » dans Minimalists, (en anglais), London, Phaidon, 1996, pp. 50-76 et 78-106.
  • K. Robert SCHWARZ, « Steve Reich : Music as a Gradual Process » dans Perspectives of New Music, Fall-Winter 1980/ Spring-Summer1981, pp. 373-92, and 20, Fall-Winter 1981/Spring-Summer 1982, pp. 225-286.

Liens internet

  • The Steve Reich Website (site officiel) : Biographie, informations, discographie, œuvres, articles, concerts, fichiers sonores et vidéos, http://www.stevereich.com/ (vérifié le 14 mars 2008).
  • Page Steve Reich, site de l’éditeur Boosey & Hawkes, http://www.boosey.com (vérifié le 14 mars 2008).
  • Site spécialement conçu par Boosey & Hawkes pour le soixante-dixième anniversaire du compositeur http://www.reich70.com (vérifié le 14 mars 2008).
  • David ALLENBY, « A Theater of Ideas » Entretien avec Steve Reich et Beryl Korot (en anglais) Newsletter N° 9, 05/2002 Site de l’Ensemble Modern de Frankfort http://www.ensemble-modern.com/english/index.htm (vérifié le 14 mars 2008).
  • Richard KESSLER, « The Next Phase: Steve Reich talks to Richard Kessler About Redefinition and Renewal » Entretien avec Steve Reich sur le site New Music Box http://www.newmusicbox.org/article.nmbx?id=2528 (vérifié le 14 mars 2008).

Discographie

  • Steve REICH, Works 1965-95 : The Cave (extraits) ; City Life ; Come Out ; Clapping Music ; The Desert Music ; Different Trains ; Drumming ; Eight Lines ; Electric Counterpoint ; Four Organs ; The Four Sections ; It's Gonna Rain ; Music for 18 Musicians ; Music for Mallet Instruments, Voices, and Organ ; Nagoya Marimbas ; New York Counterpoint ; Piano Phase ; Proverb ; Sextet ; Six Marimbas ; Tehillim ; Three Movements. Divers artistes dont : Bradley Lubman, Michael Tilson Thomas, Paul Hillier, Reinbert de Leeuw (direction), Hugo Munday, Donald Palma, Jeanne LeBlanc, Evan Ziporyn, Leslie Scott (interprètes), 10 CD, Nonesuch, 1997, 79451.
  • Steve REICH, Different Trains ; Electric Counterpoint ; Kronos Quartet, Pat Metheny, guitare, CD, Nonesuch, 1990, 79176.
  • Steve REICH, The Desert Music, Steve Reich and Musicians; Brooklyn Philharmonic Orchestra & Chorus / Michael Tilson Thomas, CD, Nonesuch, 1990, 79101.
  • Steve REICH, The Cave, Steve Reich Ensemble / Paul Hillier, 2CD, 1996, Nonesuch 79327.
  • Steve REICH, City Life ; Nagoya Marimbas ; Proverb ; Bob Becker et James Preiss, Steve Reich Ensemble / Bradley Lubman Theatre of Voices/Paul Hillier, CD, Nonesuch, 1996, 79430.
  • Steve REICH, Three Tales, Steve Reich Ensemble & Synergy Vocals dirigé par Bradley Lubman, DVD & CD, Nonesuch Records, 2003, 79662.
  • Steve REICH, You Are (Variations) & Cello Counterpoint, the Los Angeles Master Chorale, direction Grant Gershon, Maya Beiser, violoncelle, CD, , Nonesuch Records, 2005, 79891-2.