updated 23 September 2020
© Anne Deniau

Michael Nyman

Compositeur britannique né le 23 mars 1944 à Londres.

Michael Laurence Nyman se forme à la Royal Academy of Music puis au King’s College, où il étudie la musique baroque anglaise auprès de Thurston Dart. Il en sort diplômé en 1967. Il entame une fructueuse carrière de critique musical, couvrant toutes sortes d’esthétiques, des Beatles à Cornelius Cardew. En 1968, dans un article pour The Spectator, il est le premier à appliquer à la musique le terme de « minimalisme ». S’ils ont fait l’objet d’une édition en recueil en 2013, ses articles fourniront surtout la matière de son livre Experimental Music. Cage and Beyond, dont la publication en 1974 a fait date. Durant toute cette période, Michael Nyman joue au sein d’ensembles emblématiques de cette « nouvelle musique » qu’il décrit dans son livre : le Scratch Orchestra de Cornelius Cardew et le Portsmouth Sinfonia de Gavin Bryars. Il y côtoie notamment Brian Eno (qui signera l’avant-propos de la réédition d’Experimental Music). Il compose par ailleurs la musique des premiers courts métrages d’un certain Peter Greenaway.

L’année 1976 marque cependant ses vrais débuts de musicien. Le compositeur Harrison Birtwistle (dont il avait déjà signé le livret de l’opéra Down by the Greenwood Side en 1969) lui commande des arrangements de chants populaires pour Il Campiellode Carlo Goldoni. Cette expérience donne naissance à un ensemble, le Ciampello Band, qui devient bientôt le Michael Nyman Band. Au fil des décennies, celui-ci a effectué de très nombreuses tournées, et travaillé avec de nombreux musiciens d’autres horizons (du Orqestra Andalusi de Tetouan à Evan Parker, des Indiens Rajan et Sajan Misra à Damon Albarn)… 1976 est aussi l’année de son premier disque,Decay Music, publié par Brian Eno sur le label Obscure : il regroupe deux pièces dont*1-100,très minimaliste composition pour piano de près d’une heure, écrite à l’origine pour un film de Peter Greenaway. C’est avec le premier long métrage de ce dernier,Meurtre dans un jardin anglais,qu’en 1982 Michael Nyman accède à la notoriété. Le succès de cette musique inspirée de Purcell non seulement scelle l’une des collaborations les plus fécondes du septième art entre un réalisateur et un compositeur (elle durera jusqu’àProspero’s Booksen 1991), mais inaugure surtout une phase d’activité intense pour le compositeur. En 1986, son premier opéra, L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, s’inspire du livre du neurologue Oliver Sacks. Entre 1987 et 1989 viennent ses trois premiers quatuors à cordes, puis, en 1990, le cycle desSix Celan Songspour la chanteuse Ute Lemper. Les commandes se succèdent à un rythme soutenu –La Traversée de Paris(1989) pour le bicentenaire de la Révolution Française ;Musique à Grande Vitesse* (1993) pour l’inauguration de la ligne TGV Paris-Lille –, également pour des chorégraphes telles que Lucinda Childs, Siobhan Davies ou Karine Saporta.

En 1993, le film La Leçon de piano de Jane Campion remporte la Palme d’Or au Festival de Cannes, et la musique composée par Nyman envahit la planète : la bande originale s’est vendue à plus de 3 millions d’exemplaires. Il en tirera aussitôt un Concerto pour piano qui inaugure une série d’œuvres concertantes, pour trombone (1994), clavecin et cordes (1995), saxophone et violoncelle (1995) ; en 2003, son Concerto pour violon sera créé à Hambourg par Gidon Kremer. Très fréquemment sollicité par le cinéma (Patrice Leconte, puis Neil Jordan, Michael Winterbottom, Andrew Niccol ou Völker Schlöndorff), Nyman revient régulièrement à l’opéra. Après Facing Goya en 2000, il est en 2002 compositeur en résidence au Badisches Staatstheaer de Karlsuhe, pour lequel il livre Man and Boy: Dada (2003), autour de la vie du dadaïste Kurt Schwitters. Suivra notamment, en 2009, Sparkie: Cage and Beyond, avec le plasticien et musicien électronique Carsten Nicolai (Alva Noto). Cet ouvrage témoigne de l’intérêt de Nyman – devenu lui-même cinéaste – pour les projets pluridisciplinaires, qui s’est affirmé durant la décennie 2010 avec NYman with a movie camera, installation multi-écrans (2010) ou encore War Work: 8 songs with Film, composé en 2014 pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. De 2014 date également la Symphonie n° 11 d’un compositeur qui prévoit d’en écrire dix-sept. Depuis 2005, il dirige son propre label discographique, MN Records, dont le catalogue compte plus de 60 références. Michael Nyman a été fait en 2008 Commandeur de l’Empire britannique.


© Ircam-Centre Pompidou, 2020

Catalog sources and details

Compositions pour le cinéma (publiées chez Chester)

  • A Walk through H (Peter Greenaway, 1977)
  • Vertical Features Remake (Peter Greenaway, 1978)
  • The Falls (Peter Greenaway, 1980)
  • The Draughtman’s Contract (Peter Greenaway, 1982)
  • Frozen Music (Michael Eaton, 1983)
  • I’ll stake my cremona to a Jew’s Trump (Sara Jolly, 1983)
  • Nelly’s Version (Maurice Hatton, 1983)
  • A Zed and Two Naughts (Peter Greenaway, 1985)
  • The Disputation (Geoff Sax, 1986)
  • Drowning by Numbers (Peter Greenaway, 1988)
  • Death in the Seine (Peter Greenaway, 1989)
  • Out of the Ruins (Agnieszka Piotrowska, 1989)
  • The Cook, the Thief, his Wife and her Lover (Peter Greenaway, 1989)
  • Men of Steel (Agnieszka Piotrowska, 1990)
  • Prospero’s books (Peter Greenaway, 1991)
  • The Piano (Jane Campion, 1992)
  • The Fall of Icarus (Jacques Bourton, Thomas De Norre, 1992)
  • The Final Score (Matthew Whiteman, 1992)
  • A la Folie (Six days, six nights) (1994)
  • Carrington (Christopher Hampton, 1994)
  • The Diary of Anne Frank (Akinori Nagaoka, 1995)
  • Enemy Zero (Kenji Eno, 1996)
  • The Ogre (Volker Schlöndorff, 1996)
  • Wonderland (Michael Winterbottom, 1999)
  • Act without words (Karel Reisz, 2000)
  • The Claim (Michael Winterbottom, 2001)
  • 24 heures de la vie d’une femme (Laurent Bouhnik, 2002)
  • The Actors (Connor McPherson, 2002)
  • The Libertine (Laurence Dunmore, 2005)
  • The Eleventh Year (Dziga Vertov, 2009)
  • Battleship Potemkin (Dziga Vertov, 2011)

Catalog source(s)

Compositions pour le cinéma (publiées chez Chester)

  • A Walk through H (Peter Greenaway, 1977)
  • Vertical Features Remake (Peter Greenaway, 1978)
  • The Falls (Peter Greenaway, 1980)
  • The Draughtman’s Contract (Peter Greenaway, 1982)
  • Frozen Music (Michael Eaton, 1983)
  • I’ll stake my cremona to a Jew’s Trump (Sara Jolly, 1983)
  • Nelly’s Version (Maurice Hatton, 1983)
  • A Zed and Two Naughts (Peter Greenaway, 1985)
  • The Disputation (Geoff Sax, 1986)
  • Drowning by Numbers (Peter Greenaway, 1988)
  • Death in the Seine (Peter Greenaway, 1989)
  • Out of the Ruins (Agnieszka Piotrowska, 1989)
  • The Cook, the Thief, his Wife and her Lover (Peter Greenaway, 1989)
  • Men of Steel (Agnieszka Piotrowska, 1990)
  • Prospero’s books (Peter Greenaway, 1991)
  • The Piano (Jane Campion, 1992)
  • The Fall of Icarus (Jacques Bourton, Thomas De Norre, 1992)
  • The Final Score (Matthew Whiteman, 1992)
  • A la Folie (Six days, six nights) (1994)
  • Carrington (Christopher Hampton, 1994)
  • The Diary of Anne Frank (Akinori Nagaoka, 1995)
  • Enemy Zero (Kenji Eno, 1996)
  • The Ogre (Volker Schlöndorff, 1996)
  • Wonderland (Michael Winterbottom, 1999)
  • Act without words (Karel Reisz, 2000)
  • The Claim (Michael Winterbottom, 2001)
  • 24 heures de la vie d’une femme (Laurent Bouhnik, 2002)
  • The Actors (Connor McPherson, 2002)
  • The Libertine (Laurence Dunmore, 2005)
  • The Eleventh Year (Dziga Vertov, 2009)
  • Battleship Potemkin (Dziga Vertov, 2011)

Liens Internet

(liens vérifiés en septembre 2020).

Bibliographie

  • Pwyll AP SIÔN, The Music of Michael Nyman: Texts, Contexts and Intertexts, Ashgate, Aldershot and Burlington, 2007.
  • Pwyll AP SIÔN (éd.), Michael Nyman, Collected Writings, Farnham: Ashgate, 2013.
  • Maartein BEIRENS, The Identity of European Minimal Music, thèse de doctorat, Université de Louvain, Belgique, 2005.
  • Daniel CAUX, « Une musique visuelle », in Danièle RIVIÈRE (éd.), Peter Greenaway, Paris, éditions Dis Voir, coll. « Entrevues », 1996.
  • Michael NYMAN, Experimental Music, Cage et au-delà, traduit de l’anglais par Nathalie Gentili, Paris, Allia, 2005.
  • Michael O’SHAUGHNESSY, « Romantic Minimalist**»: meaning and emotion in the film music of Michael Nyman, The University of Western Australia, 2010 (non publiée).

Discographie

  • Michael NYMAN, Decay Music, Michael Nyman, piano et percussion, Nigel Shipway, percussion, 1 LP, Obscure/Island Records, 1976, Obscure no. 6 (rééd. CD Virgin, 2004, CDVE 964).
  • Michael NYMAN, Michael Nyman, Michael Nyman Band, 1 LP, Piano Records, 1981, SHEET-1 (rééd. CD MN Records, 2011, MNRCD 123.
  • Michael NYMAN, The Draughtman’s Contract (B.O.F.), Michael Nyman Band, 1 LP, Charisma, 1982, CAS 1158 (rééd. CD Virgin, 1989, 0777 7 86463 2 7).
  • Michael NYMAN, The Kiss And Other Movements, Michael Nyman Band, 1 LP, EG/Polydor, 1985, 825 937-1 (rééd. CD Virgin, 1990, 0777 7 87385 2 7).
  • Michael NYMAN, The Man Who Mistook His Wife For A Hat, Michael Nyman, direction, 1 CD, CBS, 1988, MK 44669.
  • Michael NYMAN, Drowning By Numbers (B.O.F.), Michael Nyman Band, 1 CD, Virgin, 1988, 0777 7 87399 2 0.
  • Michael NYMAN, La Traversée de Paris, Michael Nyman Band, 1 CD, Criterion, 1989, CRITCD 1.
  • Michael NYMAN, Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (B.O.F.), Michael Nyman Band, London Voices, 1 CD, Venture, 1989, 30730.
  • Michael NYMAN, Quatuors à cordes n° 1 à n° 3, Balanescu Quartet, 1 CD, Argo, 1991, 433 093-2.
  • Michael NYMAN, Song Book, Ute Lemper, mezzo-soprano, Michael Nyman, direction, 1 CD, Decca, 1991, 425 227-2.
  • Michael NYMAN, Time Will Pronounce (The 1992 Commissions), 1 CD, Argo, 1992, 440 282-2
  • Michael NYMAN, La Leçon de piano (B.O.F.), membres de l’Orchestre Philharmonique de Munich, Michael Nyman, piano & direction, 1 CD, Delabel, 1993, DE 882862.
  • Michael NYMAN, Concertos: Double Concerto For Saxophone & Cello, Harpsichord Concerto, Trombone Concerto, 1 CD, EMI Classics, 1997, 7243 5 56487 2 3.
  • Michael NYMAN, Bienvenu à Gattaca (B.O.F.), 1 CD, Virgin, 1997, 7243 8458702 4.
  • Michael NYMAN*,* Facing Goya: An Opera In Four Acts, Michael Nyman Band, 2 CD, Warner Classics, 2002, 0927-45342-2.
  • Michael NYMAN*, Man And Boy: Dada* - An Opera In Two Acts, Michael Nyman Band, 2 CD, MN Records, 2005, MNRCD 101/2.
  • Michael NYMAN*, Love Counts* – An Opera In Two Acts, Hilary Summers, soprano, Andrew Slater, baryton-basse, Michael Nyman Band, Paul McGrath, direction, 2  CD, MN Records, 2005, MNRCD 111-112.
  • Michael NYMAN*,* Six Celan Songs - The Ballad Of Kastriot Rexhepi, Hilary Summers, Sarah Leonard, sopranos, Michael Nyman Band, 1 CD, MN Records, 2006, MNRCD 108.
  • Michael NYMAN*,* Mozart 252, Hilary Summers, soprano, Andrew Slater, baryton-basse, Michael Nyman Band, 1 CD, MN Records, 2008, MNRCD 113.
  • Michael NYMAN, 8 Lus Songs – I Sonetti lussuriosi, Marie Angel, soprano, Michael Nyman Band, 1 CD, MN Records, 2008, MNRCD 114.
  • Michael NYMAN*,* Vertov Sounds, Michael Nyman, direction, 1 CD, MN Records, 2010, MNRCD 118.
  • Michael NYMAN, U. SHRINIVAS, Rajan & Sajan MISRA, Sangam, 1 CD, MN Records, 2012, MNRCD 119.
  • Michael NYMAN, Piano Trios 1992-2010, Fidelio Trio, 1 CD, MN Records, 2012, MNRCD 120.
  • Michael NYMAN, War Work: 8 songs With Film, Hilary Summers, soprano, Michael Nyman Band, 1 CD, MN Records, 2015, MNRCD 138.
  • Michael NYMAN, Symphony No. 11: Hillsborough Memorial, Kathryn Rudge, mezzo-soprano, Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, Josep Vincent, direction, 1 CD, MN Records, 2015, MNRCD 136.
  • Michael NYMAN*, Complete Piano Music*, Jeroen Van Voen, piano, 2 CD, Brilliant Classics, 2016, 95112.
  • Michael NYMAN, Symphonies No. 2&*No.*5, The World Orchestra, Josep Vincent, direction, 1 CD, MN Records, 2017, MNRCD 134.
  • Michael NYMAN, Chamber Music Vol. III: String Quartets 5 & 4, The Smith Quartet, 1 CD, MN Records, 2018, MNRCD 134.