updated 21 June 2021
© Philippe Stirnweiss

Stefano Gervasoni

Compositeur italien né le 26 juillet 1962 à Bergame.

Stefano Gervasoni est né à Bergame en 1962. Il suit des études de piano puis, après avoir sollicité, à l’âge de dix-sept ans environ, les conseils de Luigi Nono, il commence des études de composition au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan avec Luca Lombardi ; il les poursuivra avec Niccolo Castiglioni, dont il admire la stature spirituelle et poétique, et avec Azio Corghi, avec lequel il acquiert un métier approfondi. Il étudiera plus tard ponctuellement avec György Kurtág en Hongrie en 1990, puis à l’Ircam en 1992. Ses rencontres avec Brian FerneyhoughPeter Eötvös et Helmut Lachenmann – il travaillera avec ce dernier durant un mois à Vienne – ont été essentielles dans son parcours.

Installé à Paris durant trois ans, de 1992 à 1995, Stefano Gervasoni reçoit plusieurs commandes et obtient la bourse de l’Académie de France à Rome, où il réside en 1995-1996. Il avait auparavant obtenu différents prix en Italie. Participant du Forum Junger Komponisten de Cologne puis de l’Internationales Komponistenseminar à Vienne (1994), il est invité à donner un séminaire à Darmstadt en 1998 et une master class de composition à Royaumont en 2001. En 2005, il reçoit une bourse de la DAAD qui lui permet de passer une année à Berlin. L’année suivante, il est nommé professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Depuis 1992, Stefano Gervasoni a reçu de nombreuses commandes d’ensembles et de festivals, et en 1997, la série Musique Française d’Aujourd’hui a publié un disque-portrait avec l’ensemble Contrechamps. Sa musique fut d’abord publiée par les éditions Ricordi. Depuis 2000, Stefano Gervasoni est édité par Suvini Zerboni à Milan (plusieurs de ses œuvres peuvent être consultées en ligne sur son site). Son catalogue comprend une soixantaine de pièces allant du solo à l’effectif orchestral, et de nombreuses œuvres vocales. Un opéra bouffe, Limbus-Limbo est créé en Festival Musica de Strasbourg en 2012.

Il est significatif que, jeune musicien, Gervasoni se soit tourné vers Nono dans un contexte italien où existaient par ailleurs des personnalités telles que Berio, Sciarrino et Donatoni. Il semble avoir cherché chez l’auteur de Prometeo cette inquiétude créatrice qui interroge le sens même de la musique au-delà de langages trop systématisés ou maniérés, même si le raffinement sonore d’un Sciarrino et des œuvres comme Coro de Berio ont compté pour lui à ses débuts. En ce sens, la rencontre ultérieure avec Lachenmann fut d’une grande importance, comme si le compositeur allemand, élève de Nono, pouvait lui transmettre la pensée de ce dernier, mais avec des exigences artisanales plus poussées. La rencontre de Grisey a aussi compté, bien que Gervasoni se soit tenu à l’écart de l’école spectrale, dont il n’aime pas le caractère systématique, comme celle, plus tardive, de Holliger, avec qui il a des affinités évidentes.


© Ircam-Centre Pompidou, 2018

Documents

Liens Internet

(liens vérifiés en juin 2021).

Bibliographie

  • Philippe ALBÈRA, Le parti pris des sons. Sur la musique de Stefano Gervasoni, Genève, Contrechamps éditions, 2015.
  • Philippe ALBÈRA, « Un bonheur possible », dans Legato, n° 1, Fall 1996, p. 10.
  • Gabriele BECHERI, Scelte poetiche dei musicisti italiani del Novecento: Ungaretti, Montale e Sanguineti, thèse, Université de Florence, 1998.
  • Gabriele BECHERI, « Due poesie a due voci », dans Musiques vocales en Italie depuis 1945 – Esthétique, relations texte/musique, techniques de composition, Proceedings of the Conference at Université Marc-Bloch (Strasbourg), 29–30 novembre 2002, ed. Pierre Michel et Gianmario Borio, Notre-Dame de Bliquetuit : Millénaire III, 2005, p. 215-226.
  • Pietro CAVALLOTTI, « Stefano Gervasoni », dans Komponistenlexikon, 2 ed. (Horst Weber), Metzler - Bärenreiter, Stuttgart - Weimar, 2003, p. 208-209.
  • Antonio DE LISA, « La macchina del sentire o i travestimenti dell’inquietudine », dans Sonus, vol. 8, n° 3, août 1991, p. 37-44.
  • Nicolas DONIN, François-Xavier FERON, « Stefano Gervasoni’s Cognition Through the Compositional Process of  Gramigna . Methodology, Results Samples, Issues », dans Proc. of the ICMPC-ESCOM Conference, Thessaloniki, 23.-28. July 2012, p. 265-271, http://articles.ircam.fr/textes/Donin12b/index.pdf
  • Nicolas DONIN, François-Xavier FERON, « Tracking the composer’s cognition in the course of a creative process: Stefano Gervasoni and the beginning of Gramigna », Musicae Scientiae, vol. 16, n° 3, 2012, p. 262-285.
  • Laurent FENEYROU, « Innocence et mémoire », dans Philippe Fénelon, Franck Krawczyk, Stefano Gervasoni, George Friedrich Haas, Brice Pauset, Festival d’Automne à Paris/Opéra national de Paris, programme des concerts novembre-décembre 1996, p. 8-9.
  • Jean-Paul GAVARD-PERRET, Stefano Gervasoni ou la musique du silence, inédit, 1997.
  • Stefano GERVASONI, Michelle Agnes MAGALHAES*, «Disabitudine. Poétique du geste chez Stefano Gervasoni »,* dans le Carnet de Recherche Gestes, instruments, notations, 2014, http://geste.hypotheses.org/187
  • Stefano GERVASONI, « Portrait du compositeur autour d’une œuvre », entretien avec Bertrand Bolognesi, Anaclase, 14 avril 2016, http://www.anaclase.com/content/stefano-gervasoni
  • Stefano GERVASONI, « L’opera prima », dans Ars Nova. Venti compositori raccontano la musica di oggi, Castelvecchi Editore, 2017, http://www.stefanogervasoni.net/index.asp?page=writings&id=13
  • Stefano GERVASONI, « Raisons et occasions dans le choix d’un poème qui devient musique (2010) », dans Le Choix d’un poème. La poésie saisie par la musique, Bonnet A. et Marteau Fr. (dir.), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences ».
  • Stefano GERVASONI, « …Considérer l’évident comme énigmatique », sur le site de Stefano Gervasoni
  • Stefano GERVASONI, « De l’in-expressivité (et de l’éclectisme) : Expressions suspendues », Paris, le 17 juin 2008, en version française et anglaise sur le site de Stefano Gervasoni
  • Stefano GERVASONI, « Babel felix», dans Les Cahiers de l’Ircam, n° 4, Utopies, 1993, Paris, p. 120-121, en ligne sur le site de Stefano Gervasoni
  • Stefano GERVASONI, « The paradoxes of simplicity [Les paradoxes de la simplicité] », dans Dissonance, n° 60, mai 99, Lausanne, p. 20-23*,* en ligne, en français et en anglais sur le site de Stefano Gervasoni
  • Marco MAZZOLINI, « L’altana delle api », in Milano Musica - Percorsi di musica d’oggi, programme de l’édition 1997, p. 47-50.
  • Renato RIVOLTA, « Stefano Gervasoni », dans I Fiati, n° 21, décembre 1997-janvier 1998, p. 28-31.
  • Nicholas TILL, « Stefano Gervasoni’s Pas si: Staging a Music Theatre Work Based on a Text by Samuel Beckett »,  Contemporary Theatre Review, volume 23, issue 2, 2013, p. 220-232.
  • Malika YESSETOVA, Sonatinexpressive de Sefano Gervasoni. La spontanéité : le mythe ou la réalité, 2017, http://www.stefanogervasoni.net/public/catalogo/153.pdf

Discographie

  • Stefano GERVASONI, Altra voce. Omaggio a Robert Schumann ; Fu verso o forse fu inverno ; Muro di Canti, dans « Muro di Canti » 1  cd Kairos, 2021, 0015082KAI.
  • Stefano GERVASONI, Pas perdu, 1 cd Winter & Winter, 2018, 910247-2.
  • Stefano GERVASONI, Près I, II, II ; Sonatinexpressive ; Luce ignota della serra (d’après Schumann) ; Adagio ghiacciato (d’après Mozart), 1 cd Winter & Winter, 2016, 910238-2.
  • Stefano GERVASONI, Album di figurine doppie, Fanny Vicens, accordéon, dans « Schrift » avec des œuvres de Matthias Pintscher, Franck Bedrossian, Keiko Harada, … et al., 1 cd Stradivarius, 2016, 37047.
  • Stefano GERVASONI, Recercar Cromaticho post il Credo, Quartetto Prometeo, 1 cd Sony Classical, 2015.
  • Stefano GERVASONI, Dir - in dir ; descdesesasf, Exaudi - L’Instant donné, 1 cd Winter & Winter, 910 208-2, 2013.
  • Stefano GERVASONI, Dal belvedere di non ritorno ; EyeingGodspellIn nomine R. ; Least Bee, Margherita Chiminelli, Sonia Turchetta, Divertimento Ensemble, Sandro Gorli, 1 cd Stradivarius, STR33780, 2012.
  • Stefano GERVASONI, Far niente, dans « Schattenspiele », Michael Tiepold, Ensemble musikFabrik, Etienne Siebens, avec des œuvres de Michael Jarrell, Brian Ferneyhough, Joël-François Durand, 1 cd Wergo, 2010, WER 6854 2.
  • Stefano GERVASONI, « Antiterra » avec Least Bee ; An ; Animato ; Antiterra ; EpicadenzaGodspell, Ensemble Mdi, direction : Yoichi Sugiyama, 1 cd æon, 2008, AECD0866.
  • Stefano GERVASONI, Sviete Tihi, dans « Magical worlds of sound, Makrokosmos », avec des œuvres de George Crumb et Georg Friedrich Hass, Makrokosmos Quartet, HatHut Records, 1 cd hat(now)ART 170, 2008.
  • Stefano GERVASONI, Studio di disabitudine, dans « The 11th Finger », Jenny Lin, avec des œuvres de Arthur Kampela, Gyorgy Ligeti, Randy Nordschow, Elliott Sharp, 1 cd KOCH International Classics, 2006.
  • Stefano GERVASONI, Six lettres à l’obscurité (und zwei Nachrichten), in « Wittener Tage für neue Kammermusik 2006 » 1 cd documentation live, WDR3 wd06/1-2.
  • Stefano GERVASONI, In Nomine, dans « In Nomine - The Witten In Nomine Broken Consort Book », avec des œuvres de John Taverner, Toshio Hosokawa, Henry Purcell, Klaus Huber, Wolfram Schurig, Yuval Shaked, Caspar Johannes Walter, Andrew Digby, Ensemble Recherche, 1 cd Kairos, 2005, 0012442KAI.
  • Stefano GERVASONI, Dir, dans « Wittener Tage für neue Kammermusik 2004 », 1 cd documentation live, WDR3 wd04/1-2.
  • Stefano GERVASONI, Rigirio, Trio Accanto, avec des œuvres de Mauricio Sotelo, Toshio Hosokawa et Brice Pauset, 1 cd Assai, 2003, 222502-MU750.
  • Stefano GERVASONI, Godspell, dans « Wittener Tage für neue Kammermusik 2002 », 1 cd documentation live, WDR3 wd02/1-2.
  • Stefano GERVASONI, Rigirio, dans « Donaueschinger MusikTage 2000 », avec des œuvres de Peter Ablinger, Marc Andre, Pierluigi Billone, Andreas Dohmen, Peter Ruzicka, Olga Neuwirth, Vinko Globokar, Chris Newman et Martin Smolka, Trio Accanto, 4 cds col legno, 2001, WWE 20201.
  • Stefano GERVASONI, Ravine, dans « AS », avec des œuvres de Salvatore Sciarrino, James Dillon, Jesus Rueda, Isang Yun, Gyorgy Kurtág, Brian Ferneyhough et Claude Debussy, Mario Caroli : flûte, 1 cd SVaNA, SVN001, 2000.
  • Stefano GERVASONI, Concerto pour alto ; Parola, Due poesie francesi d’Ungaretti ; Due poesie francesi di Rilke ; Due poesie francesi di Beckett, Ensemble Contrechamps, Luisa Castellani, Isabelle Magnenat, Emilio Pomarico, 1 cd MFA-Radio France, 1997, MFA 216016.
  • Stefano GERVASONI, Animato, dans « Nuove Sincronie ‘92 », ensemble L’Itinéraire, 1 cd Edizioni Sincronie-Sipario Dischi, SIN 1013, 1993.
  • Stefano GERVASONI, Su un arco di bianco, dans « Forum ‘91 », Le Nouvel Ensemble Moderne, 1 cd UM MUS 106, 1993.
  • Stefano GERVASONI, Tre Intermezzi, dans « ‘900 Musica Classica Contemporanea », avec des œuvres de Fabricio de Rossi Re, Maurizio Pisati, Claude Leeners, Giorgio Magnanensi, Giulio Castagnoli, Gabriele Manca, Mauro Cardi et Lucia Ronchetti, 1 cd Alter Ego, BMG 74321-16229-2, 1993.
  • Stefano GERVASONI, Equale, dans « Quartetto Claravoce », 1 cd Edizioni Discografiche Quadrivium, SCA 007, 1989.