updated 9 June 2015
© Laszlo Ruszka 1965 / Ina

Luc Ferrari

Compositeur français né le 5 février 1929 à Paris, mort le 22 août 2005 à Arezzo, Italie.

Après des études musicales au conservatoire de Versailles (1946-1948), Luc Ferrari étudie le piano et la composition à l’Ecole normale supérieure de Paris avec Alfred Cortot et Arthur Honegger (1948-1950). Il fréquente la classe d’analyse d’Olivier Messiaen au conservatoire de Paris (1953-1954). En 1956, il entre au Groupe de musique concrète ou il restera jusqu’en 1966. C’est à cette période qu’il collabore avec Pierre Schaeffer pour la création du Groupe de Recherche Musicale (1958). Il devient chef du groupe de recherche et s’occupe des activités pédagogiques tout en coordonnant une série d’émissions sur la musique concrète (1959-1960). Chargé de recherche sur les instruments nouveaux, il s’occupe de l’étude des instruments et des corps sonores (1960-1961). Il prend la direction artistique de l’Ensemble International de Musique Contemporaine de Paris (EIMCP) dirigé par Constantin Simonovitch et explore les exercices d’improvisation sur schéma (1961-1962). Il s’occupe aussi de la direction d’une composition collective pour bande et orchestre impliquant tous les compositeurs du GRM. Il prend également en charge une série d’émissions de télévision : Chaque pays fête son grand homme, en participant à la prise de son, à l’illustration musicale et à la coréalisation (1962-1965). C’est dans cette même période, à partir d’octobre 1965, qu’il enseigne pendant six mois à la Rheinische Musikschule à Cologne (Allemagne). Avec l’auteur et réalisateur Gérard Patris, il collabore à une série d’émissions sur la musique contemporaine pour la télévision française (1965-1966), Les Grandes Répétitions (Olivier Messiaen, Edgard Varèse, Karlheinz Stockhausen, Hermann Scherchen, Cecil Taylor). Il quitte le Groupe de recherche musicale et accepte pour un an le poste de professeur de musique expérimentale à Stockholm (1966). Il fait l’année suivante un séjour d’un an à Berlin invité par la Ford Foundation et la DAAD. Entre 1968 et 1969 il est responsable musical de la Maison de la culture d’Amiens. En 1972, il crée son propre espace de travail électroacoustique (studio Billig) et il obtient le Prix Karl Sczuka pour le Hörspiel Portrait-Spiel (production Südwestfunk, Baden-Baden). Il enseigne la composition au conservatoire de Pantin (1978-1980). En 1982, avec le soutien de Maurice Fleuret, il fonde l’association La Muse en Circuit, studio de composition électroacoustique et de création radiophonique. Entre 1985 et 1986, il organise au Café de la danse à Paris, avec La Muse en Circuit*,* une série de concerts-spectacles intitulée Vue imprenable sur l’acoustique, parmi lesquels : Sombres machines à sons, Radio sur scène, La Leçon d’espagnol. Ces concerts sont, pour la plupart, enregistrés par le programme-musical de France Culture. En 1987, il obtient le prix Italia pour le conte symphonique Et si tout entière maintenant, réalisé dans le cadre de l’opération multimédia Brise-Glace, il obtient de nouveau le prix Karl Sczuka en 1988, pour le Hörspiel Je me suis perdu ou Labyrinthe portrait (coproduction Südwestfunk et La Muse en Circuit). Une grande rétrospective lui est consacrée au Festival des Manca à Nice en 1989. La même année, il reçoit le grand prix national du ministère de la Culture. En 1990, il obtient le prix International Serge et Olga Koussevitzky pour la pièce symphonique Histoire du plaisir et de la désolation. En 1991, il obtient le prix Italia (prix spécial de la R.A.I.) pour sa création radiophonique L’escalier des aveugles, coproduite par la Radio nacional de España et La Muse en Circuit. En 1993, il est invité par le studio de musique électronique de la WDR à Cologne. Le 21 avril 1994 il démissionne de sa responsabilité de président de La Muse en Circuit. Parcours confus, une rétrospective de ses œuvres, est organisée à Groningue en octobre 1995 suivie d’une tournée de concerts aux Pays-Bas. En octobre 1996, il construit son propre studio appelé Post-Billig. En octobre 1997, il est invité, avec l’aide financière du ministère des Affaires étrangères, pour une tournée de trois semaines de concerts et conférences dans les principales universités californiennes. A partir de 1999, il entreprend la série des compositions intitulées : « Exploitation des concepts », il réalise des installations et travaille en improvisation avec de jeunes DJ expérimentaux. Plusieurs pièces naissent de ces collaborations. En 2001, une rétrospective de son travail est organisée par le festival Futura avec l’interprétation intégrale de ses œuvres électroacoustiques. En 2002, il est invité au festival « monographique » par le groupe « New Generation » au Japon. En 2003, une série de concerts est organisée à La Friche de la Belle de Mai, à Marseille ainsi qu’une rétrospective à la Chaux-de-Fonds en Suisse ; c’est aussi l’année d’une tournée de concerts au Japon : Tokyo, Nagoya, Osaka. En 2004, il est en résidence à Poitiers à l’invitation de l’ensemble Ars Nova, où il donne des concerts. En octobre, il est invité à Lille 2004 (« 8 jours avec les musiques de Luc Ferrari ») et à Courtrai dans le cadre du Festival Audioframes. En novembre, il est invité au festival Novelum à Toulouse ainsi qu’au GMEA-CNCM, d’Albi.

Le 22 août 2005, Luc Ferrari décède à Arezzo en Toscane.

Il reçoit le Grand Prix Charles Cros in memoriam à l’occasion de la parution de ses disques Les Anecdotiques – Exploitation des Concepts N° 6 et Archives sauvées des eaux – Exploitation des Concepts N° 1.


© Ircam-Centre Pompidou, 2015

Liens Internet

(lien vérifiés en avril 2020)

Bibliographie

  • Jacqueline CAUX (dir.), Presque rien avec Luc Ferrari, Entretiens & Textes et autobiographies imaginaires de Luc Ferrari, éd. Main d’œuvre, 2002.
  • Daniel CAUX, « Les Presque Rien - Et tournent les sons dans la garrigue », in Silence, les couleurs du prisme & la mécanique du temps qui passe., éd. de l’Eclat, Paris, 2009, Pages 333-337.
  • Eric DROTT, « The politics of Presque rien », in Sound Commitments, p. 145-166, document Pdf à télécharger sur lucferrari.org.
  • Evelyne GAYOU, Luc Ferrari, coll. « Portraits polychromes », éd. INA/GRM, nouvelle édition augmentée, paru lors de la création à Paris le 11 mai 2007 de Morbido Symphonie.
  • Florence GONOT, Alexandre YTERCE, SONOPSYS N° 4 : Luc Ferrari, Cahier Musique Concrète / Acousmatique, éd. LICENCES, parution lors de la création de Morbido Symphonie à Paris le 11 mai 2007, numéro accompagné d’un CD.
  • Seth KIM-COHEN, « Sound-Out-Of-Itself », In The Blink of An Ear: Toward a Non-Cochlear Sonic Art, Continuum, 2009,  p. 175-185, Pdf à télécharger sur lucferrari.org.
  • John PALMER, Guilherme VAZ, Hildegard WESTERKAMP, « The Lesson of freedom - Remembering Luc Ferrari (1929-2005) » in Soundscape, Vol. 6 n°1.
  • « Luc Ferrari », Hommage posthume in MusikTexte - Zeitschrift für Neue Musik n°107, novembre 2005.

Discographie

  • Luc FERRARI, « Acousmatrix 3 », Petite symphonie intuitive pour un paysage de printemps ; StrathovenPresque rien avec fillesHétérozygote, 1 cd BVHAAST 9009, 1990.
  • Luc FERRARI, Unheimlich schön, coll. Cinéma pour l’oreille, 1 cd METAMKINE MK CD 008, 1993.
  • Luc FERRARI, Patajaslotcha ; L’Escalier des aveugles, Xavier Legasa, Donatienne Michel-Dansac, Michel Musseau, Ensemble Le Banquet, direction : Olivier Dejours, 1 cd MUSIDISC 201302, 1993.
  • Luc FERRARI, « Presque rien », Music Promenade ; Presque rien n°1 ; Presque rien n°2Presque rien avec filles, 1 cd MUSIDISC 245172, 1995.
  • Luc FERRARI, Suite pour piano ; Antisonate ; Suite hétéroclite ; Visage I ; Fragments du Journal Intime ; Comme une fantaisie dite des réminiscences, Christine Lagniel, Michel Maurer : piano, 1 cd AUVIDIS MONTAIGNE MO 782110, 1997.
  • Luc FERRARI, Cellule 75 ; Place des Abbesses, Chris Brown : piano, William Winant : percussion, 1 cd TZADIK USA - TZ 7033, 1997.
  • Luc FERRARI, Interrupteur ; Tautologos III, Ensemble de Musique Contemporaine de Paris, direction : Constantin Simonovitch, 1 cd BLUE CHOPSTICKS USA BC1, 1999.
  • Luc FERRARI, Chansons pour le corps ; Et si tout entière maintenant, Elise Caron : chant, Carol Mundinger, Sylvain Frydman : clarinette, Christine Lagniel : percussions, Michel Maurer : piano, Michel Musseau : synthétiseur, Anne Sée : voix, Nouvel Orchestre Philharmonique, direction : Yves Prin, 1 cd MODE records USA MODE 81, 1999.
  • Luc FERRARI, Far-West News Episode n°1 ; Histoire du plaisir et de la désolation, Nouvel Orchestre de France, direction : Michael Luig, SIGNATURE, France Culture, 1999.
  • Luc FERRARI, Cycle des souvenirs - Exploitation des concepts n°2, 1 cd BLUE CHOPSTICKS USA BC8, 2002.
  • Luc FERRARI, Danses organiques, cinéma pour l’oreille, 1 cd ELICA 4VL 3704, 2003.
  • Luc FERRARI, « Tautologos and other early electronic works », Etude aux accidents ; Etude aux sons tendus ; Visage V ; Tete et queue du dragon ; Tautologos I ; Tautologos II ; Und so weiter, Gérard Frémy : piano, 1 cd EMF CD 037, 2003.

Filmographie

  • « Presque rien avec Luc Ferrari », Jacqueline Caux, Olivier Pascal, 1 DVD ELICA, Milan, 2005.
  • « Luc Ferrari – Portrait d’un réaliste abstrait », Hideyuki Miyaoka, Tazz Nishihara, production Studio malaparte, Hiroshima, Japon, 2005.
  • « Slow Landing », Luc Ferrari avec Otomo Yoshihide, in CD/DVD Les Archives sauvées des Eaux, Disc Callithump CPCD-001, 2008.
  • « Luc Ferrari Face à sa Tautologie – Deux Jours avant la Fin », Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé, SR261 luc ferrari “didascalies” / CD + DVD, 2007.
  • « Contes De Symphonie Dechirée », Jacqueline Caux, production : La Huit, France, 2010.
  • « on line : Collection de petites pièces pour piano et bande », Michel Maurer : piano, concert du 2 décembre 2011 à Aix-la-Chapelle (Allemagne) avec une interview du pianiste à Montreuil, filmé par Haijun Park et Alessandro Mercuri pour la revue de création ParisLike, www.parislike.com/FR/invaders-michel-maurer-video2.php.