updated 1 September 2020

Julio Estrada

Compositeur mexicain né le 10 avril 1943 à Mexico.

Julio Estrada Velasco est né le 10 avril 1943 à Mexico, de Manuel Estrada (1902-1980) et Concepción Velasco (1920-2009), exilés politiques espagnols. Après une année d’études à l’École de Musique de l’Université Nationale du Mexique (UNAM), Estrada étudie la composition avec Julián Orbón (1925-1991) au Conservatoire National du Mexique.

En 1960, Estrada rencontre la pianiste et musicologue Velia Nieto (1943-2008), avec qui il se marie et qui deviendra une figure fondamentale dans sa vie et sa création.

Entre 1965 et 1969 Estrada vit à Paris, où il est admis comme auditeur puis élève en 1967-68 dans la classe d’Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris tout en recevant des leçons privées de Nadia Boulanger. Recherchant une plus grande liberté, entre 1968 et 1969 Estrada suit des conférences de Xenakis à la Schola Cantorum, avant de rejoindre les cours de composition de Stockhausen à Cologne. En 1969 Estrada crée le groupe d’improvisation Néo-Néo avec Daniel Raguin et Bernard Leblanc. C’est à cette époque qu’il s’initie à la recherche musicale comme moyen d’émancipation pour sa pensée musicale.

À son retour au Mexique en 1969, avec des étudiants de l’École de Musique de l’UNAM, Estrada crée les ensembles Néo-néo du Mexique et Pro Música Nueva. Il crée la musique des films Tal vez siempre sí me muera (1970)et Caminando pasos, caminando (1977)de Federico Weingartshofer, ainsi que El Ángel de Cuerno de Hugo Hiriart. En 1974, Estrada est nommé chercheur à l’Instituto de Investigaciones Estéticas [Institut de recherches en esthétique] de l’UNAM, où il dirige les projets Histoire de la musique mexicaine (des périodes précolombiennes à nos jours) et Musique, mathématique et informatique.

La mort de son père, en 1980, va produire une transformation profonde dans sa création et sa pensée musicale. Une dichotomie esthétique va se manifester à la fois par une profonde réévaluation des valeurs de la culture européenne et par la recherche des racines musicales originales des cultures précolombiennes. Estrada devient l’éditeur de La música de México (10 volumes publiés par l’Institut de recherches en esthétique). En même temps, il formule sa Théorie Générale de Classes d’Intervalles (théorie des gammes de macro- et micro-intervalles de durée, de hauteur et de timbre) et, en collaboration avec Max Díaz et Víctor Adán, développe le programme informatique MUSIIC pour générer des combinatoires d’échelles musicales de durée, hauteur et timbre. En 1985, Estrada déménage à Temixco, au sud de Mexico, où il compose ishini’ioni (1984-1990), qui recevra une mention spéciale du jury du Prix de Composition Prince Pierre de Monaco (1992).

En charge du Laboratoire de Création Musicale, où il enseigne la théorie et la philosophie de la création, Estrada est nommé en 1989 directeur de recherche à l’Institut de recherches en esthétique et à l’Institut de mathématiques appliquées et systèmes (UNAM). Il met en place deux projets : « matla’tlapoa » (compte des cristaux) sur les échelles, et « eua’oolin » (envoler le mouvement), pour représenter des transformations d’ordre continu dans trois dimensions.

En 1994, Estrada est docteur de l’Université de Strasbourg avec une thèse intitulée Théorie de la Composition : discontinuum-continuum (1994). En 2000 il succède à Iannis Xenakis à la direction du Centre d’Études de Mathématiques et Automatique Musicales (CEMAMu), où il propose la réalisation d’une version PC de l’UPIC dans trois dimensions, inspiré du projet « eua’oolin ».

En 1992, son multi-opéra Murmullos del páramo gagne à l’unanimité le concours du CDMC de Madrid et de Radio2 (Espagne). Depuis 2008, il travaille sur un opéra-roman quidemande au lecteur de devenir l’interprète musical de passages littéraires descriptifs d’œuvres, souvenirs ou fantaisies musicales.

Professeur et chercheur invité par les universités de Stanford, San Diego, Nouveau Mexique, Rostock et Sorbonne, Estrada est convié à enseigner régulièrement en Europe, Amérique latine et Asie.


© Ircam-Centre Pompidou, 2020

Sources

Monika FÜRST-HEIDTMANN, « Estrada, Julio », in Grove Music Online, [s.l.] : [s.n.]. 11 de septembre 2009, 6 p.
Velia NIETO, Recherche-création dans l’œuvre de Julio Estrada, 2 t., Université de Paris VIII, Paris, 1999, 511 p.

  • Effectif non spécifié
    • Arrullo, Canto ad libitum pour voix de femme avec ou sans accompagnement d'autres instruments (1979), 12 mn, juliusedimus
    • Ensemble yuunohui pour différents types d’instruments (cordes, clavier, bruiteur, vents, voix) pouvant se combiner (1990-2020), 11 mn, juliusedimus
    • Melódica (mecano musical) pour un ou deux instruments mélodiques (pour enfants) (1974), between 60 s and 15 mn, juliusedimus
    • Solo pour tout instrument soliste ou pour ensemble d’instruments solistes (1969-1970), between 4 mn and 8 mn, juliusedimus
    • yuunohui’wah pour bruiteur (2008), 11 mn, juliusedimus
  • Musique électronique / sur support / instruments mécaniques
    • elec eua’on pour système électroacoustique UPIC (1981), 7 mn, juliusedimus
  • Musique soliste (sauf voix)
  • Musique de chambre
    • Canto mnémico fugue en quatre dimensions pour quatuor à cordes (1973, 1983), 7 mn, Durand-Salabert-Eschig, Universal Music Publishing
    • Canto naciente octette pour trois trompettes, deux cors, deux trombones, tuba (distribués dans un cube ou un hexagone) (1975-1979), 18 mn, juliusedimus
    • Ishini'ioni pour quatuor à cordes distribué de manière traditionnelle ou dans un hexagone (1984-1990), 18 mn, Salabert
    • Memorias para teclado pour piano ou clavier à 2 ou à 4 mains, accordéon ou percussion à clavier (1971), between 4 mn and 14 mn, juliusedimus
    • Ni die saa pour flûte, violon, clarinette basse, guitare et bruiteur (2013), 15 mn about , juliusedimus
    • Simultáneas a 3 pour trois violoncelles (2004), 60 mn, juliusedimus
    • Tres instantes pour violoncelle et clavier (1966, 1983), 3 mn, juliusedimus
    • stage eolo’oolin pour six percussionnistes distribués dans l'espace en pentagone (1984-1988), 40 mn, juliusedimus
  • Musique instrumentale d'ensemble
    • Bajo el volcán pour ensemble de contrebasses (2012), 20 mn about , juliusedimus
    • Diario pour quinze cordes ou orchestre à cordes (1980), 5 mn, Universidad nacional autónoma de México (UNAM)
    • Naufragio pour orchestre à cordes (2003), 10 mn, juliusedimus
    • Trompos a la uña pour quinze batteries (2017), 20 mn about , juliusedimus
    • stage Velia : creo en lo que creo pour ensemble instrumental (2008)
    • eua’on’ome pour orchestre symphonique (1995), 10 mn 50 s, Durand-Salabert-Eschig, Universal Music Publishing
    • yuunohui’ehecatl pour bois et/ou cuivres (2010-2012), 11 mn, juliusedimus
  • Musique vocale et instrument(s)
    • elec Búsica pour voix, violoncelle et électronique (2005), 10 mn about , juliusedimus
    • elec Doloritas enregistrement en stéréo de voix féminine, bruiteur, contrebasse, environnements sonores et voix d’acteurs (1992-2004), 57 mn, juliusedimus
    • Fósiles resonantes pour cinq voix et instruments (2005-2006), 10 mn about , juliusedimus
    • elec stage Murmullos del páramo opéra pour deux voix de femmes, quintette vocale, trombone, contrebasse, guitare, sho, enregistrement d'environnements sonores et voix d'acteurs, spatialisation en 3D (1992-2006), 1 h 40 mn, juliusedimus
    • Quotidianus, polvo eres pour voix et quatuor à cordes (2006), 12 mn, juliusedimus
    • mictlan pour voix féminine, contrebasse et bruiteur (1992-2004), 35 mn about , juliusedimus
  • Musique vocale a cappella
    • Hum pour quintette vocale (2006), 35 mn, juliusedimus
    • elec Hum’ome pour cinq voix distribuées dans l'espace et électronique (2002), 12 mn, juliusedimus
    • Persona partition graphique pour trio de voix non professionnelles : masculin, féminin ou mixte (1969), 15 mn, juliusedimus
    • Solo para uno partition verbale (1972), between 60 s and 15 mn, juliusedimus
    • miqi’cihuatl pour soprano (2004), 10 mn, juliusedimus
    • yuunohui’sa pour voix (2018-2019), 11 mn, juliusedimus
  • 2020
    • Ensemble yuunohui pour différents types d’instruments (cordes, clavier, bruiteur, vents, voix) pouvant se combiner, 11 mn, juliusedimus
  • 2019
  • 2017
  • 2013
    • Ni die saa pour flûte, violon, clarinette basse, guitare et bruiteur, 15 mn about , juliusedimus
  • 2012
  • 2008
  • 2006
    • Fósiles resonantes pour cinq voix et instruments, 10 mn about , juliusedimus
    • Hum pour quintette vocale, 35 mn, juliusedimus
    • elec stage Murmullos del páramo opéra pour deux voix de femmes, quintette vocale, trombone, contrebasse, guitare, sho, enregistrement d'environnements sonores et voix d'acteurs, spatialisation en 3D, 1 h 40 mn, juliusedimus
    • Quotidianus, polvo eres pour voix et quatuor à cordes, 12 mn, juliusedimus
    • Rencor vivo pour trombone, 15 mn about , juliusedimus
    • Retrato pour trombone, juliusedimus
    • matlapoa pour shō, 14 mn about , juliusedimus
  • 2005
    • elec Búsica pour voix, violoncelle et électronique, 10 mn about , juliusedimus
  • 2004
    • Caja con trenzas pour guitare, 12 mn about , juliusedimus
    • elec Doloritas enregistrement en stéréo de voix féminine, bruiteur, contrebasse, environnements sonores et voix d’acteurs, 57 mn, juliusedimus
    • Simultáneas a 3 pour trois violoncelles, 60 mn, juliusedimus
    • mictlan pour voix féminine, contrebasse et bruiteur, 35 mn about , juliusedimus
    • miqi’cihuatl pour soprano, 10 mn, juliusedimus
  • 2003
    • Naufragio pour orchestre à cordes, 10 mn, juliusedimus
  • 2002
    • elec Hum’ome pour cinq voix distribuées dans l'espace et électronique, 12 mn, juliusedimus
  • 1998
  • 1995
    • eua’on’ome pour orchestre symphonique, 10 mn 50 s, Durand-Salabert-Eschig, Universal Music Publishing
  • 1994
  • 1992
  • 1990
    • Ishini'ioni pour quatuor à cordes distribué de manière traditionnelle ou dans un hexagone, 18 mn, Salabert
  • 1989
  • 1988
    • stage eolo’oolin pour six percussionnistes distribués dans l'espace en pentagone, 40 mn, juliusedimus
    • yuunohui’nahui pour contrebasse, 11 mn, juliusedimus
  • 1983
  • 1981
    • elec eua’on pour système électroacoustique UPIC, 7 mn, juliusedimus
  • 1980
    • Diario pour quinze cordes ou orchestre à cordes, 5 mn, Universidad nacional autónoma de México (UNAM)
  • 1979
    • Arrullo, Canto ad libitum pour voix de femme avec ou sans accompagnement d'autres instruments, 12 mn, juliusedimus
    • Canto naciente octette pour trois trompettes, deux cors, deux trombones, tuba (distribués dans un cube ou un hexagone), 18 mn, juliusedimus
    • Talla del tiempo pour clavier, 6 mn
  • 1978
  • 1977
  • 1974
  • 1973
    • Canto mnémico fugue en quatre dimensions pour quatuor à cordes, 7 mn, Durand-Salabert-Eschig, Universal Music Publishing
  • 1972
    • Solo para uno partition verbale, between 60 s and 15 mn, juliusedimus
  • 1971
    • Memorias para teclado pour piano ou clavier à 2 ou à 4 mains, accordéon ou percussion à clavier, between 4 mn and 14 mn, juliusedimus
  • 1970
    • Solo pour tout instrument soliste ou pour ensemble d’instruments solistes, between 4 mn and 8 mn, juliusedimus
  • 1969
    • Persona partition graphique pour trio de voix non professionnelles : masculin, féminin ou mixte, 15 mn, juliusedimus
  • 1966
  • 1960
    • Suite pour clavier, 4 mn about , juliusedimus

Écrits

  • Julio ESTRADA & Jorge GIL, Música y teoría de grupos finitos (3 variables booleanas), Universidad Nacional Autónoma de México, Mexique, 1984, 219 p.
  • Julio ESTRADA, El sonido en Rulfo : «el ruido ese»[+ CD], Universidad Nacional Autonoma de México, Mexique, 2008.
  • Julio ESTRADA, Canto roto, Silvestre Revueltas, Vida y Pensamiento deMexico, Éditions Fondo de Cultura Economica, 2012, 212 p.

Thèses et articles encyclopédiques

  • Jorge L. RAMIREZ ALFONSÍN et D. ROMERO, « Embeddability of the combinohedron », Discrete Mathematics, no. 254 (2002), pp. 473-483
  • Erik CHRISTENSEN, « Julio Estrada fra kultur til natur », Muskh øst,no.95 (1995), pp. 59–65
  • Julio ESTRADA, Théorie de la composition : discontinuum-continuum, thèse doctorat, Université de Strasbourg II, Strasbourg, France, 1994, 500 p.
  • Monika FÜRST-HEIDTMANN, « Zwischen alter und neuer Welt » : Julio Estrada im Gespräch über seine Oper Murmullos del páramo », NZM (2006), no. 3, 18 p.
  • Monika FÜRST-HEIDTMANN, Estrada, Julio, Grove Music Online, publication imprimée le 20 janvier 2001, publication en ligne : 2001 (mises à jour : 31 janvier 2014, 9 novembre 2009).
  • Monika FÜRST-HEIDTMANN, ‘Auf der Suche nach der unverstellten Imagination : der mexikanische Komponist Julio Estrada’, MusikTexte, no. 55 (1994), pp. 39–44
  • James L. McHard, *The Future of Modern Music,*Chicago, 2001, pp. 313–330
  • Velia NIETO, Recherche-création dans l’œuvre de Julio Estrada, thèse doctorat, Volumes I-II, Université de Paris VIII, Paris, 1999, 511 p.
  • Velia NIETO, « El arte de frontera en la música de Julio Estrada », dans Anales del Instituto de Investigaciones Estéticas, automne, année/vol. XXIV, numéro 081, Universidad Nacional Autónoma de México, Mexico, 2002, pp. 123-138
  • Carlos SANDOVAL, « Entrevista a Julio Estrada », Heterofonía, numéro 108 (1993), pp. 60-69

Discographie

  • Julio ESTRADA, Memorias para teclado, Velia Nieto : piano., Voz viva No. 10, UNAM (México), 1975.
  • Julio ESTRADA, Canto oculto, Irvine Arditti, 1 CD Disques Montaigne (The Arditti String Quartet Edition),1990, WM 334 789003.
  • Julio ESTRADA, ishini’ioni ; miqi’nahual ; yuunohui’se ; Canto mnémico ; yuunohui’yei’nahui ; Canto alterno ; yuunohui’se’ome’yei’nahui, Quatuor Arditti, dans « Julio Estrada - Chamber Music for Strings », 1 CD Auvidis Montaigne, 1995, MO 782056.
  • Julio ESTRADA, eua’on ; eua’on’ome, SWF-Sinfonieorchester Baden-Baden, Olaf Henzold : direction, 2 CD Mode, 2001.
  • Julio ESTRADA, eua’on’ome, SWF-Sinfonieorchester Baden-Baden, Olaf Henzold : direction, dans « Donaueschinger Musiktage 1995 », 3 CD col legno, 1996, WWE 31898.
  • Julio ESTRADA, yuunohui’tlapoa’se, Irvine Arditti : violon, Jane Chapman : clavecin, dans « Wittener Tage für neue Kammermusik 1999 », 1 CD WDR-Mitschnitt, 1999.
  • Julio ESTRADA, Canto mnémico, Kairos Quartett, dans « Interpretenportrait », 1 CD zeitklang, 2001.
  • Julio ESTRADA, Hum, Neue Vokalsolisten, Experimentalstudio des SWR, dans « Donaueschinger Musiktage 2002 », 3 CD col legno, 2003, WWE 20229.
  • Julio ESTRADA, *Quotidianus,*Julio Estrada : voix, Quatuor Arditti, dans « Donaueschinger Musiktage 2006, Vol. 1 », 1 CD SWR-Mitschnitt / Neos, 2007, 10724.
  • Julio ESTRADA, Doloritas. I. Teil der Oper Murmullos del páramo, dans « El sonido en Rulfo:“el sonido ese“ »,**Instituto de Investigaciones Estéticas (UNAM), México, 2008.

Media

  • Julio ESTRADA, MuSIIC-Win, Theory d1, Mexico, 2006 [CD-ROM]

Liens internet

(liens vérifiés en septembre 2020).