André Jolivet (1905-1974)

Cinq incantations (1936)

pour flûte

  • Informations générales
    • Date de composition : 1936
    • Durée : 17 mn
    • Éditeur : Boosey & Hawkes, (mais œuvre éditée la première fois par P. Schneider en 1939), 1966
    • Dédicace : à Jan Merry
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Flûte]
Effectif détaillé
  • flûte

Information sur la création

  • Date : 14 January 1937
    Lieu :

    création partielle, France, Paris, la Sorbonne


    Interprètes :

    Jan Merry.

  • 31 janvier 1937, lieu inconnu (peut-être chez la pianiste Gisèle Couteau), par Jan Merry.

Titres des parties

A. Pour accueillir les négociateurs, et que l'entrevue soit pacifique ; B. Pour que l'enfant à naître soit un fils ; C. Pour que la moisson soit riche qui naîtra des sillons que le laboureur trace ; C. Pour une communion sereine de l'être avec le monde ; D. Aux funérailles du chef pour obtenir la protection de son âme.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Note de programme

« Je reste de plus en plus persuadé, écrivait Jolivet, que la mission de l'art musical est humaine et religieuse (dans le sens de re-ligare). » Cette volonté de relier, de mettre en relation « avec le système cosmique » est inséparable d'une recherche d'un sens originel et antique de la musique, lorsqu'elle était une « expression magique et incantatoire ».

De par leur titre, ces cinq pièces pour flûte seule forment, avec la Danse incantatoire pour orchestre et l'Incantation pour violon seul (« …Pour que l'image devienne symbole… »), un paradigme révélateur de l'esthétique de Jolivet dans ces années qui suivirent la fondation, en 1936, du groupe Jeune France, avec Daniel-Lesur, Olivier Messiaen et Yves Baudrier. Ce dernier écrivait, dans le Manifeste du groupe : « Les conditions de la vie devenant de plus en plus dures, mécaniques et impersonnelles, la Musique se doit d'apporter sans répit à ceux qui l'aiment sa violence spirituelle et ses réactions généreuses. »

Avec ses Cinq incantations, Jolivet dit avoir voulu « affirmer la primauté en musique de l'élément monodique ». Comme dans la Syrinx de Debussy, la flûte est ici « par excellence l'instrument de la Musique », en ce qu'elle a de dionysiaque : dans son melos et dans son souffle affleurent « les élans paniques du Primitif ».

L'importance de la répétition tient également au caractère rituel de ces pièces. La première et la troisième incantations comportent des éléments dont les itérations sont laissées à la discrétion de l'interprète (« faire cette reprise au moins trois fois » ; « on peut reprendre ce passage plusieurs fois de suite »). La seconde explore les scansions variables des notes répétées, tandis que la cinquième, également assez vive, procède par ajouts et augmentations insistants entés sur l'intonation initiale. Quant à la quatrième, Jolivet écrivait à son propos :

Pour une communion sereine de l'être avec le monde demeure une des pages essentielles de mon oeuvre, tant par le débit de son lyrisme que par la philosophie qu'elle exprime et qui approche celle de Teilhard de Chardin quand il affirme : « Matière : Matrice de l'Esprit. Esprit : État supérieur de la Matière ».


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Peter Szendy.