Gérard Grisey (1946-1998)

Partiels (1975)

pour dix-huit musiciens

  • Informations générales
    • Date de composition : 1975
    • Durée : 23 mn
    • Éditeur : Ricordi, nº 132423
    • Cycle : Espaces acoustiques, III
    • Commande: Ministère de la Culture, France
Effectif détaillé
  • 2 flûtes [1 en sol] (aussi 1 flûte piccolo, 1 flûte alto), hautbois (aussi cor anglais), 2 clarinettes [sib] (aussi 1 clarinette en la, 1 clarinette en mib), clarinette basse [sib] (aussi clarinette contrebasse [sib] ), 2 cors, trombone complet [muni des sourdines Plunger, Bol (Robinson), Wawa et Velvet] , 2 percussionnistes, accordéon [avec basses chromatiques] , 2 violons, 2 altos, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 4 March 1976
    Lieu :

    Paris


    Interprètes :

    l'ensemble l'Itinéraire, direction : Boris de Vinogradov.

Note de programme

Le titre s'entend comme moment d'un ouvrage plus vaste, mais aussi dans le sens acoustique de composantes du son.

Deux balises en jalonnent le devenir sonore : la périodicité et le spectre d'harmoniques. Ces instants aisément identifiables autorisent une continuité et une dynamique du discours musical, épouse sensiblement la forme cyclique de la respiration humaine :inspiration - expiration - repos, ou si l'on préfère : tension (dislocation) - détente - reconstitution d'énergie.

De nombreuses séquences de Partiels annoncent une technique nouvelle, celle de la synthèse instrumentale. Analogue à la synthèse additive utilisée dans les programmes de musique électronique digitale, cette écriture utilise l'instrument (micro-synthèse) pour exprimer les différentes composantes du son et élaborer une forme sonore globale (macrosynthèse). De ce traitement, il résulte que, pour notre perception, les différentes sources instrumentales disparaissent au profit d'un timbre synthétique totalement inventé. Ces différentes fusions permettent d'articuler et d'organiser toute une gamme de timbres allant du spectre d'harmoniques au bruit blanc, en passant par différents spectres de partiels harmoniques.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Gérard Grisey.