Suzanne Giraud (1958)

Envoûtements (1996)

pour violon

  • Informations générales
    • Date de composition : 1996
    • Durée : 08 mn
    • Éditeur : pas d'éditeur
    • Dédicace : A Irvine Arditti
  • Genre
    • Musique soliste (sauf voix) [Violon]
Effectif détaillé
  • 1 violon

Information sur la création

  • Date : 29 September 1996
    Lieu :

    festival Musica, Strasbourg


    Interprètes :

    Irvine Arditti

Note de programme

Envoûtement : pratique magique par laquelle on fait subir une souffrance. Action de subjuguer. Etat de celui qui subit le charme, la séduction. Et encore. En anglais, spell : sortilège, période et aussi... épeler.

Egalement, comme projet pour cette œuvre : bâtir une voûte avec le son du violon. L'architecture de cette œuvre prend pour cadre les possibilités extrêmes de l'instrument, en termes de hauteur, rapidité, intensité, nombre de cordes mises en vibration à la fois, modes d'attaque, et les fait évoluer de façon plastique dans un espace temps structuré en quatre parties, selon le schéma suivant :

Premier cercle d'envoûtements : parcours en deux pentes ; tension et détente, à partir du noyau défini par rapport à l'ambitus total, le sommet étant égal aux deux tiers de l'espace maximal.

Second cercle d'envoûtements : départ du même noyau et parcours en tension vers le tiers de l'espace maximal, caractérisation par d'autres formules rythmiques et par le jeu sur deux cordes.

Troisième cercle d'envoûtements : poursuite du parcours, en direction des deux tiers de l'espace maximal, caractérisation par le trémolo glissé sur une et deux cordes.

Apothéose : acheminement vers la totalité de l'espace, les formules d'envoûtements prenant l'aspect de bribes et d'hétérogénéification du matériau.

D'une très grande difficulté, Envoûtements intègre également des micro intervalles et requiert une très grande maîtrise d'un effet d'ensemble très rigoureusement déterminé.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Suzanne Giraud, programme du Festival Musica 96