Suzanne Giraud (1958)

Crier vers l'horizon (1991)

concerto pour basson et orchestre

  • Informations générales
    • Date de composition : 1991
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Salabert
    • Commande: Ensemble Intercontemporain
    • Dédicace : à Jeremy Drake

Information sur la création

  • Date : 25 February 1993
    Lieu :

    Paris, Centre Georges-Pompidou


    Interprètes :

    l'Ensemble intercontemporain, direction : David Robertson.

Note de programme

Contre la connotation traditionnelle du basson, que l'on imagine volontiers « comique, grotesque ou sautillant », Suzanne Giraud a voulu mettre en valeur « l'aspect mélancolique de son timbre, le côté émouvant et fragile de ses aigus ». Aussi l'entrée du soliste, en contraste avec la brève violence de l'introduction du tutti, est-elle ménagée en réduisant la présence de l'ensemble à une discrète pédale de si, « reléguée aux confins de l'horizon ». Et le basson métamorphose les interjections martelées du triton si-fa en une ligne sinueuse, « comme une plainte lointaine ».

« Soliste – solitaire », telle est, pour la compositrice, la parenté lexicale qui guide la conduite musicale du basson face à l'ensemble, le plus souvent isolé, « plaintif », « désespéré », ornant son melos d'appoggiatures expressives, commençant « tristement » sa cadence par des glissandi descendants. Toutefois, le soliste devient aussi parfois « meneur », en suscitant, notamment à la flûte et à la clarinette, « des échos de son lyrisme ». Et la forme se construit par le biais de « la densification ou de la raréfaction du discours », en recherchant la tension cumulative de la répétition et de l'homorythmie, ou au contraire la dissolution, la fluidité des trémolos, des battements et des trilles.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  5. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  6. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  7. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  8. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Peter Szendy.