Brian Ferneyhough (1943)

Missa Brevis (1969)

pour douze voix solistes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1969
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Peters, Londres, nº EP 7125
Effectif détaillé
  • ensemble de voix solistes(3 soprano, 3 contralto, 3 ténor, 3 basse)

Information sur la création

  • Date : 24 March 1974
    Lieu :

    France, Royan, Festival


    Interprètes :

    le Chœur de la Radio d'Hilversum, direction : Marinus Voorberg.

Note de programme

Commencée en 1968 et achevée un an plus tard, ma Missa Brevis constitue un premier essai de confrontation entre les structures cycliques développées dans mes œuvres instrumentales précédentes et les puissantes contraintes historiques, culturelles et formelles imposées par le texte spirituel canonique. Mon but était moins de réaliser une synthèse de ces deux éléments extrêmement divergents que d'atteindre un équilibre extrêmement instable, fébrile et provisoire au sein duquel les terrains d'expression de la musique et du verbe habiteraient des univers distincts sans jamais (pour autant) acquérir une parfaite autonomie.

Ainsi, chaque mouvement propose une solution différente au problème pérenne des relations texte et musique. Tandis que le Kyrie morcèle le texte jusqu'à ses syllabes constituantes, en les faisant circuler d'un chanteur à l'autre, d'un premier groupe au groupe antiphonal, avec une sensation de mobilité complète, le Gloria travaille sur de plus larges unités sémantiques – en général de la longueur d'une ligne –, et les soumet à un important embellissement polyphonique. Souvent, deux lignes de texte sont présentées simultanément, réparties en général entre voix d'hommes et voix de femmes. Telles sont les « forces centrifuges » générées par cette condensation du texte. Vers la fin du mouvement, la fragile collaboration entre texte et musique commence à se dissoudre pour tendre vers un mode de profération purement parlé.

À mesure que progresse le travail, l'indépendance fonctionnelle et spatiale des trois quatuors vocaux s'affirme de plus en plus, jusqu'à ce que chacun d'entre eux, dans l'Agnus Dei final, se déploie librement, à l'initiative de l'un de ses membres, en contrepoint des autres dans son propre tempo.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Brian Ferneyhough.