Ivan Fedele (1953)

Concerto (1993)

pour piano et orchestre

  • Informations générales
    • Date de composition : 1993
    • Durée : 21 mn
    • Éditeur : Suvini Zerboni, nº 10666
Effectif détaillé
  • soliste : piano
  • 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, 2 trombones, 2 percussionnistes, timbales (aussi grosse-caisse), harpe, 10 violons, 10 violons II, 4 altos, 3 violoncelles, 2 contrebasses

Information sur la création

  • Date : 12 February 1994
    Lieu :

    France, Paris, Maison de Radio-France, salle Olivier Messiaen


    Interprètes :

    Bruno Canino : piano et l'Orchestre philharmonique de Radio France, direction : Luca Pfaff.

Note de programme

Avec le Concerto pour piano et orchestre, terme d'un long cheminement, Fedele s'affirme d'une manière éclatante dans un domaine qui avait été celui de ses premières expériences musicales : le piano soliste.

Comme dans les autres pièces de l'auteur pour instrument soliste et orchestre, le concept de résonance occupe ici un rôle central, qui suscite tout à la fois l'idée du son et les formes à travers lesquelles cette idée se concrétise. La matière sonore emprunte à nouveau dans l'orchestre des circuits de multiplication, de réfraction, de diffraction, grâce auxquels elle est projetée anamorphiquement dans l'espace. Néanmoins, aucun auteur composant un concerto pour piano et orchestre ne peut éluder la rencontre avec la tradition et, de ce point de vue, Fedele affronte aussi bien le souvenir sensible et personnel des réflexes qui conditionnent la manière de « toucher » le clavier que les problèmes de la macroforme. Il en résulte un organisme divisé en quatre sections principales, auxquelles s'ajoute une cadence située entre la troisième et la quatrième section.

L'orientation narrative et dialectique est écartée au profit d'une exploration pluridimensionnelle de la matière sonore. Cette exploration implique un principe de réciprocité entre le soliste-voyageur et le paysage-orchestre, métaphores familières qui se voient de nouveau confirmées. La surprise, la fascination et l'empathie font que l'un modifie la perception et la nature de l'autre. Et si l'on considère que l'auditeur, dans la musique de Fedele, n'a jamais un rôle passif mais influence au contraire directement le processus par sa propre sensibilité, alors ce concerto apparaît bel et bien comme le modèle décisif d'une nouvelle dramaturgie symphonique.


  1. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  2. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  3. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  4. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  5. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

Claudio Proietti, « Ivan Fedele » Les cahiers de l'Ircam, coll. Compositeurs d'aujourd'hui, 1996.