Pascal Dusapin (1955)

Coda (1992)

pour treize instrumentistes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1992
    • Durée : 12 mn
    • Éditeur : Salabert, Paris
    • Commande: Radio Südwestfunk Baden-Baden pour le Festival de Donaueschingen
    • Dédicace : à Iannis Xenakis pour ses soixante-dix ans
Effectif détaillé
  • flûte (aussi flûte piccolo), hautbois (aussi cor anglais), clarinette, basson, cor, trompette, trombone, timbales, violon, violon II, alto, violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • Date : 18 October 1992
    Lieu :

    Allemagne, Donaueschingen, Stadthalle


    Interprètes :

    l'ensemble musikFabrik, direction : Johannes Kalitzke.

Observations

Écouter l’enregistrement du concert du 19 mai 1996 à Lisbonne : https://medias.ircam.fr/x31bd6d_coda-pascal-dusapin 


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Note de programme

Coda est un mot que les musiciens connaissent bien. Il indique l'idée d'une conclusion prolongeant de manière libre et quasi improvisée tout ou une partie du développement musical. Bien qu'en musique cette définition puisse être considérée comme limitée, les sémiologues élargissent, observent, étudient ce mot par cette question : comment terminer, achever en peu d'éléments un discours qui rassemble toutes les caractéristiques induites par l'exposé entier (par exemple, les dernières lignes de Madame Bovary de Flaubert).
Pascal Dusapin.

Composé du 13 février au 29 mai 1992, Coda est une partition où chaque bloc, chaque partie, chaque séquence acquiert la responsabilité d'introduire sa propre fin et la fin même de l'œuvre, d'introduire au chaos du néant, « mais en refusant toutes terminaisons ou procédés conclusifs aux tensions mises en place ». Dans Hop' déjà, une citation de la correspondance de Gustave Flaubert, que Coda éclaire singulièrement : « La bêtise consiste à vouloir conclure… »

Les répétitions de la polyphonie primitive, « minimaliste », des premières mesures, avec ses quatre notes qui se chevauchent, qui s'encerclent, sont ainsi déployées et peuvent apparaître à la fois comme la pétrification, la fossilisation d'un paramètre et comme l'ultime tentative d'ébranler un simple matériau en devenir, comme l'achèvement inaugural de son cours et comme les prémisses d'« incessantes variations mélodiques et rythmiques par accroissement de leurs territoires harmoniques ».

Loin des processus, le développement continu d'une simplicité initiale trouve dans les contrastes volontiers exagérés, dans la surprise d'une coupure, dans la vigueur d'un tutti déchiré et dans l'ampleur d'une mélodie à caractère modal, l'utopie d'une verticalité aux rythmes complexes et perforés, « la métaphore de la toute violente banquise » du Quatuor.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Pascal Dusapin et Laurent Feneyrou, notice du concert Ensemble intercontemporain/Groupe Vocal de France, 10 janvier 1994.