Jacob Druckman (1928-1996)

Animus III (1969)

pour clarinette et bande

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1969
    • Durée : 16 mn
    • Éditeur : Boosey & Hawkes

Information sur la création

  • 23 October 1969, Paris, Maison de Radio-France, par Michel Portal.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : GRM/INA

Note de programme

Animus III s'inscrit dans un cycle de quatre oeuvres associant diverses formations à la bande magnétique : le trombone dans Animus I ; une mezzo-soprano et deux percussionnistes dans Animus II ; un ténor et six instruments dans Animus IV.

Comme le souligne le compositeur dans sa préface à la partition, « chacune de ces œuvres demande aux exécutants non seulement une interprétation musicale, mais également une participation théâtrale ». Et ces deux types de « comportement humain » sont ici indissociables – l'action dramatique n'étant pas surajoutée à une partition close sur elle-même.

En effet, puisque « le propos d'Animus III est la virtuosité », Jacob Druckman tente une sorte de mise en abîme des techniques instrumentales dans leur formulation verbale : le clarinettiste entre sur scène, s'incline et met en marche le magnétophone, synchronise son chronomètre avec le démarrage de la bande, ouvre son étui, procède à l'assemblage de son instrument, prépare son anche. Après quelques interjections virtuoses, il entreprend une explication détaillée de certaines difficultés propres à la clarinette. Les indications savoureuses du compositeur à ce sujet méritent d'être citées :

« Adressez-vous à l'audience, debout, en faisant un exposé sur le problème du passage des sons fondamentaux aux sons harmoniques. Soyez charmant mais sérieux. Il se peut que quelques unes de vos paroles soient entendues, étant plus fortes que la diffusion de la bande, mais dans ce cas, ces paroles doivent avoir un sens. (...) Bien que tout le monde puisse avoir des problèmes avec le passage des sons fondamentaux aux sons harmoniques, vous, la super-vedette, vous n'avez que faire de cela ».

Au cours de la pièce, cependant, l'embarras du virtuose va croissant, il perd son assurance, son exposé devient un monologue anxieux et agité, son jeu est entremêlé de chuchotements et de murmures ; les rires de la bande magnétique revêtent une connotation adverse, et le clarinettiste, gagné par la colère, se laisse aller à hurler la dernière note face aux deux haut-parleurs, « dans un état d'hystérie complète », avant de fuir la scène.