Franco Donatoni (1927-2000)

Omar (1985)

deux pièces pour vibraphone

  • Informations générales
    • Date de composition : 1985
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Ricordi, Milan, nº 134043
    • Dédicace : à Maurizio Ben Omar
Effectif détaillé
  • vibraphone

Information sur la création

  • Date : 23 August 1985
    Lieu :

    Italie, Sienne, Académie Chighiana


    Interprètes :

    Maurizio Ben Omar.

Note de programme

Omar : du nom de Maurizio Ben Omar, percussionniste à qui l'œuvre est dédiée.

Omar s'inscrit dans la lignée de ces compositions pour un instrument seul qui, à partir de 1977, occupent une place importante dans la production de Donatoni. Des œuvres conçues chaque fois à la façon d'un diptyque réunissant deux pièces — comme deux radiographies de la « spécificité de l'instrument » : de ses « espaces de comportement ».

L'écriture de Donatoni enchevêtre des processus automatiques conduisant à « une croissance désordonnée, comparable aux résultats provoqués dans un organisme vivant par l'introduction d'un virus ». Un univers mouvant, une éclosion de figures qui embrassent, le temps d'un geste, des évolutions multiples.

La première pièce restreint les possibilités du timbre — seule une paire de baguettes est utilisée —, pour mieux opposer les blocs d'accords et les arabesques virtuoses : deux principes dont la germination crée le devenir du discours. La pièce semble s'achever par soubresauts, dans la prolifération du silence et le gel des registres.

Le second volet du diptyque exploite les différences de sonorité entre les baguettes molles et les baguettes dures. Poursuivant un trajet inverse du premier, il tend vers une intensité et une précipitation croissantes.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Peter Szendy.