Christophe De Coudenhove (1963)

Un Coup de dés jamais n'abolira le hasard (1991)

pour clarinette et informatique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1991
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Inédit
Effectif détaillé
  • 1 clarinette

Information sur la création

  • Date : 14 January 1992
    Lieu :

    Paris, Ircam, Espace de projection, atelier du Cursus de composition


    Interprètes :

    Philippe Berrot.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Ircam, Cursus de composition et informatique musicale
Dispositif électronique : dispositif électronique non spécifié

Note de programme

Stéphane Mallarmé aurait-il apprécié qu'on mette son poème en musique ? S'il est des « poèmes-musique », celui-ci est la plus admirable architecture sonore, celle qui contient les plus fines nuances de couleurs et d'harmonie, les plus délicates variations de mouvement, les plus beaux silences. Il est à la fois poème et musique, le temps y est présent et met en mouvement le langage poétique. Lorsque j'ai décidé de m'approprier ce poème pour un travail musical, une chose m'est apparue évidente : ne pas toucher au mot, mais chercher à transcrire dans mon art ce qui est derrière le mot ; ne pas mettre le poème en musique mais lui prendre sa musique pour la faire sonner avec un matériau de mon choix : une clarinette et... des sons invisibles. Soit : un homme et un ordinateur.

L'environnement informatique créé pour cette œuvre est écrit dans le langage Max qui fonctionne sur la nouvelle station musicale conçue par l'Ircam. Sa vitesse de calcul me permet d'accéder au monde grisant du temps réel, puissance technique que je veux faire devenir puissance expressive par le biais de l'écriture. L'ordinateur est un orchestre où les instruments s'appellent échantillonneurs, oscillateurs, filtres, réverbérateurs. Orchestre dont le discours musical se tisse autour du jeu du clarinettiste.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Christophe de Coudenhove.