Denis Cohen (1952)

Plexus (1997)

pour hautbois/cor anglais et quinze instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 1997
    • Durée : 19 mn
    • Éditeur : Nodus
    • Cycle : Concerti grossi a una parte
    • Commande: Ensemble intercontemporain
Effectif détaillé
  • soliste : 1 hautbois (aussi 1 cor anglais)
  • 1 flûte (aussi 1 flûte piccolo), 1 clarinette, 1 saxophone alto, 1 basson, 1 cor, 1 trompette, 1 trombone, 2 percussionniste, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 1 violon, 1 violon II, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 4 December 1997, Paris, Espace de projection de l'Ircam, cycle « De la création au répertoire », par László Hadady : hautbois, Ensemble intercontemporain, direction : Ed Spanjaard.

Note de programme

Plexus pour hautbois/cor anglais et quinze instruments s'inscrit dans une thématique du rapport étroit entre un soliste et un ensemble, chère à Denis Cohen. L'intitulé de la pièce renvoie à la notion anatomique de filets nerveux enchevêtrés. Dans les Neuf cercles d'Alighieri pour soprano et orchestre, la chanteuse était le médiateur entre l'enchevêtrement du tissu orchestral et l'écoute immédiate. Plus récemment, Mémoire de vague pour alto et quatre instrumentistes proposait de polariser le discours sur la voix soliste qui joue un rôle prépondérant par sa présence continuelle. Plexus se situe dans cette lignée de pièces dans lesquelles une voix assure la continuité musicale en dominant le développement et parfois en se perdant dans la masse instrumentale.

L'œuvre débute par une trame de notes répétées de wood-block et sonnailles, et de mises en boucles de structures des groupes bois et cuivres évoluant à des vitesses différentes. Le tempo s'unifie dès l'entrée du soliste. Le cor anglais se lance dans un développement mélodique très orné qui réclame virtuosité et souffle de la part de l'interprète qui est omniprésent. L'activité musicale se focalise sur le soliste dont l'ensemble amplifie et fait résonner le discours. Ainsi, au début, des notes répétées du cor anglais sont commentées par le vibraphone et les sons tenus soulignés par la caisse claire ; un trille du soliste génère trémolos et figures arpégés des cordes. Le renouvellement constant de ces interactions est ponctué par des accords répétés récurrents du tutti. A la faveur d'une accalmie, la réaction nerveuse des instruments au soliste s'atténue. Un regain d'énergie se fait jour lorsque le cor anglais cède la place au hautbois. Le rapport soliste/ensemble se modifie alors : bois, cuivres et cordes sont clairement individualisés en trois groupes rythmiquement homogènes. Le retour des tutti d'accords répétés est le signal d'un nouveau changement. Le rapport entre les instruments est plus noyé rythmiquement et de nouveaux timbres apparaissent : piano, glockenspiel, rototoms. De plus, le hautbois joue des sons multiphoniques. Par la suite, l'ensemble est traité en groupes à nouveau contrastés qui sous-tendent des sons tenus intenses du soliste. Après une progression vers le climax de la pièce vient la phase terminale qui marque le retour du cor anglais. Dans Plexus, Denis Cohen utilise des claviers Midi échantillonneurs qui apportent des sonorités insolites qui se fondent dans l'ensemble. On entend, notamment au début de l'œuvre, à l'entrée du hautbois et avant la fin, des sons de shô, orgue à bouche japonais qui produit une trame aiguë continue.

Michel Rigoni, programme du concert de création, 4 décembre 1997, Espace de projection de l'Ircam, Paris