Denis Cohen (1952)

Les Neuf Cercles d'Alighieri (1992)

pour soprano et orchestre

  • Informations générales
    • Date de composition : 1992
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : Nodus, Paris
    • Commande: Ministère de la Culture, France
    • Dédicace : à Thérèse Bernard
    • Livret (détail, auteur) :

      Dante Alighieri, extrait de Inferno - Canto III


      1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

      2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

      3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Effectif détaillé
  • soliste : 1 soprano solo
  • 3 flûtes (aussi 2 flûtes piccolos, 1 flûte alto), 3 hautbois (aussi 1 cor anglais), 2 clarinettes, 1 clarinette basse, 3 bassons (aussi 1 contrebasson), 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 5 percussionnistes, 1 harpe, 1 piano, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 14 violons, 12 violons II, 10 altos, 10 violoncelles, 8 contrebasses

Information sur la création

  • Date : 30 September 1994
    Lieu :

    Allemagne, Francfort, Radio de Hesse


    Interprètes :

    l'orchestre de la Radio de Hesse dirigé par Lucas Vis.

Note de programme

Cette pièce utilise les neuf premiers vers du Chant III de « l'Enfer », première partie de la Divine comédie de Dante Alighieri, tout comme l’œuvre précédente À Dante pour deux voix de femmes et deux clarinettes.

Ces neuf vers ont pour caractéristique, à travers leur charge émotionnelle, un équilibre dans la répartition des termes (noms, adjectifs, verbes, pronoms, locutions verbales) qui assigne au texte une manière d'instantanéité, comme si les neuf vers étaient lus même temps.

La forme que je construis avec Les Neuf Cercles d’Alighieri est semblable à celle de À Dante, mais le matériau musical y est radicalement différent. L'orchestre donne ici une possibilité de nourrir le discours jusqu'à son abolition dans les scansions verticales des derniers vers par exemple. Le principe est donc le même que pour À Dante ; le déroulement est le fruit d'une inscription : sur la porte de l'enfer, s'imprime à la vue de celui qui s'y présente l'entièreté du texte, les neuf vers, d'abord flous, presque illisibles puis de plus en plus clairs, de plus en plus présents, jusqu'à dénier tout espoir à celui qui doit ouvrir cette porte (sens du dernier vers), comme une métaphore du « plein » qui abolit l'existence du hasard des existences.

Les quatre unités de temps, les quatre parties, sont les quatre étapes d'inscription de ce texte sur « la porte ». La première imprime les noms, les substantifs seuls, (città, dolore, gente) ; la deuxième les substantifs et les adjectifs conjoints à ces noms ; la troisième les verbes, ou les pronoms ; la dernière inscrit la phrase entière.

Ces quatre étapes sont d'égale longueur, divisée en neuf sections regroupées par trois ; la hiérarchie du matériau se présente ainsi :

  • à chacune des neuf sections est assignés une durée et un agrégat.
  • à chaque groupe de trois sections est assigné un intervalle matrice.
  • Un réseau de quatre tempi régit de manière récurrente l'apparition des paroles déjà prononcées.

Il s'agit donc d'une procédure en strates, creusant une épaisseur par l'inscription des mots, d'abord dissociés de leur contexte, puis progressivement réassociés jusqu'à ce que image et sens du poème soient l'un à l'autre suspendus.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Denis Cohen