Denis Cohen (1952)

Hamilton Multiphonic Quintett (1980)

pour quintette à vent

  • Informations générales
    • Date de composition : 1980
    • Durée : 30 mn
    • Éditeur : Nodus, Paris
Effectif détaillé
  • 1 flûte alto (aussi 1 flûte piccolo), 1 hautbois (aussi 1 cor anglais), 1 clarinette (aussi 1 clarinette basse), 1 basson (aussi 1 contrebasson), 1 cor

Information sur la création

  • Date : 18 December 1980
    Lieu :

    Paris, Maison de Radio-France


    Interprètes :

    le Quintette Nielsen, direction : Denis Cohen.

Note de programme

Le titre vient du nom de l'astronome et mathématicien irlandais, William Rowan Halmiton.

Un chemin Hamiltonien est un parcours de combinaisons d'objets de telle sorte que de l'une à l'autre il n'y ait qu'une seule différence (un objet en plus ou en moins) et que l'on épuise toutes les combinaisons sans passer deux fois par le même. Un parcours à cinq objet (quintette) donne 32 combinaisons. Exemple :

1 - la flûte joue                       0 - la flûte ne joue pas
0 - le hautbois ne joue pas      0 - le hautbois ne joue pas
0 - clarinette ne joue pas        0 - la clarinette ne joue pas
1 - le cor joue                         1 - le cor joue
1 - le basson joue                   1 - le basson joue
etc.

Ces 32 combinaisons donnent naissance à des objets musicaux conçus comme des séquences s’enchaînant les unes aux autres, qui d'un cycle à l'autre (un cycle = 32 combinaisons) seront variées.

L'idée est donc d'élaborer un discours au cours de la pièce, représenté par des objets sonores, et par transformation, de déformer chaque objet apparaissant au même point du cycle ; la musique se changeant perpétuellement à partir d'elle même mais de façon progressive.

La directionnalité devient très générale, à long terme, ou bien , présente à l'intérieur d'un objet, très courte. Une certaine fixité peut exister à l'intérieur d'un cycle si les objets présentés ne sont pas très différenciés ; les combinaisons, associées par contraire, par deux, jusqu'à cinq, débouchent au deux -tiers de la pièce sure des périodes de silences se situant toujours au même endroit du cycle (à chaque cycle de plus en plus long). Ceci vient du fait qu'une combinaison IIIII donne le contraire 00000, soit le silence. L'on voit que dans ce cas, la forme générale résulte plus d'un processus global rigoureux à l'intérieur duquel il est possible de varier les objets avec une très grande liberté.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Denis Cohen