Denis Cohen (1952)

Close Islands (1985)

pour cinq groupes d'orchestre

  • Informations générales
    • Date de composition : 1985
    • Durée : 13 mn
    • Éditeur : Nodus, Paris
    • Cycle : cycle avec Étude pour le poème et Sprache
    • Commande: Ministère de la Culture pour le festival de Nice (MANCA)
    • Dédicace : à Gilbert Amy
Effectif détaillé
  • 2 flûtes (aussi 1 flûte piccolo), 1 flûte alto, 2 hautbois, 1 cor anglais, 2 clarinettes, 1 clarinette basse, 3 bassons (aussi 1 contrebasson), 4 cors, 3 trompettes [dont une en ré] , 3 trombones, 1 tuba, 1 cloches tubes, 1 vibraphone, 5 percussionnistes, 1 harpe, 1 guitare électrique, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur [DX7 ou KX88 + TX802] , 1 piano, 1 célesta, 16 violons, 14 violons II, 12 altos, 10 violoncelles, 10 contrebasses

Information sur la création

  • Date : February 1986
    Lieu :

    Opéra de Nice


    Interprètes :

    Orchestre philharmonique de Nice, direction : Charles Bruck.

Note de programme

Close Islands est une pièce conçue pour 5 groupe d'orchestre ayant chacun une caractéristique de registre (ou de timbre) et de mode de jeu. Elle se présente comme l'ouverture d'un cycle, d'une pentalogie lyrico-scénique, qui s'oriente par étapes successives vers une visualisation possible, une théâtralisation, une mise en scène des textes qui y sont employés.

Cette première partie, cette ouverture, propose un ensemble de matériaux qui serviront pour tout le cycle, mais sous un éclairage différent ; la division par groupe a pour but de personnaliser ce matériau d'une manière constante au cours du cycle. La thématique générale de Close Islands est une thématique de l'éclatement évènementiel dont les ressources sont exploitées partiellement.

La spatialisation rend cette thématique plus évidente dans la mesure ou l'individualité de chaque groupe sera perçue comme une « île » avant de (ou après avoir) participer à une action globale.
J'avais auparavant déjà développé ce type d'idée : isolement des sources sonores, construction d'une globalité (Multisources), mutation d'un matériau brut, défini en quelque sorte hors temps, au cours d'un développement permanent (Transmutations).

En ce qui concerne les relations des « îles » entre elles, je renvoie à un axiome de De la nature et de l'origine de l'esprit de Spinoza qui décrit en termes généraux les affectations d'un corps par un autre corps : « Toutes les façons dont un corps est affecté par un autre corps suivent à la fois de la nature du corps affecté et de la nature du corps qui affecte, de sorte qu'un seul et même corps est mû de différentes façons selon la différence de nature des corps qui le meuvent, et au contraire des corps différents sont mûs de différentes façons par un seul et même corps ».

On perçoit dans le ton de cet axiome la multiplicité possible engendrée par une situation qui entretient des normes de réciprocité entre ses termes. Les situations musicales ou théâtrales ne sont parfois pas autrement conçues.


  1. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  2. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  3. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  4. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  5. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Denis Cohen