Denis Cohen (1952)

À Dante (1991)

pour 2 voix de soprano et 2 clarinettes

  • Informations générales
    • Date de composition : 1991
    • Durée : 16 mn
    • Éditeur : Nodus, Paris
    • Dédicace : à Dante Capelletti
    • Livret (détail, auteur) :

      Dante Alighieri, extrait de Inferno, Canto III


      1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

      2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

      3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Effectif détaillé
  • 2 sopranos solo, 2 clarinettes (aussi 1 cor de basset, 1 clarinette basse)

Information sur la création

  • Date : 18 September 1993
    Lieu :

    Strasbourg, Festival Musica


    Interprètes :

    l'ensemble Accroche-Note.

Note de programme

Cette pièce utilise les neuf premiers vers du Chant III de « l'Enfer », première partie de la Divine comédie de Dante Alighieri, tout comme l’œuvre suivante, Les Neuf Cercles d’Alighieri pour soprano et orchestre.

Ces neuf vers offrent pour caractéristique, à travers leur charge émotionnelle, un équilibre dans la répartition des termes (noms, adjectifs, verbes, pronoms, locutions verbales) qui assignent au texte une manière d'instantanéité, comme si les neuf vers étaient lus même temps.

La forme que je construis est le fruit d'une inscription : sur la porte de l'enfer s'imprime à la vue de celui qui s'y présente l'entièreté du texte, les neuf vers, d'abord flous, presque illisibles, puis de plus en plus clairs, de plus en plus présents, jusqu'à dénier tout espoir à celui qui doit ouvrit cette porte (sens du dernier vers), comme une métaphore du « plein » qui abolit l'existence du hasard des existences.

Le poème (musical) est construit par conséquent sur cette inscription du texte, non pas d'une manière linéaire, mais comme l’épaisseur d'un sens qui se révèle peu à peu.
Les quatre unités de temps, les quatre parties, sont les quatre étapes d'inscription de ce texte sur « la porte ». La première imprime les noms, les substantifs seuls, (città, dolore, gente) ; la deuxième fait apparaître les adjectifs conjoints à ces noms ; la troisième les verbes, ou les pronoms ; la dernière inscrit la phrase entière.

Ces quatre étapes sont d'égale longueur, divisée en neuf sections regroupées par trois ; la hiérarchie du matériau se présente ainsi :
- À chacune des neuf sections est assignés une durée et un agrégat.
- À chaque groupe de trois sections est assigné un intervalle matrice.
- Un réseau de quatre tempi régit de manière récurrente l'apparition des paroles déjà prononcées
Il s'agit donc d'une procédure en strates, creusant une épaisseur par l'inscription des mots, à l'instar des tables des commandements.

Les instruments joués par les chanteurs ont pour but, soit de s'y substituer, soit de les nourrir d'une dimension instrumentale, puisqu'elles sont les instruments et non les sujets du texte.
Enfin, la densité est celle de la saturation des mots opérée sur le sujet qui est requis de les entendre.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Denis Cohen