Elliott Carter (1908-2012)

Eight Pieces for Four Timpani (1949-1966)

  • Informations générales
    • Date de composition : 1949 - 1966
    • Durée : 24 mn
    • Éditeur : Associated Music Publishers
Effectif détaillé
  • timbales

Information sur la création

Observations

Six pièces composées en 1949 (1., 2., 4., 5., 7., 8.) révisées et augmentées de deux autres en 1966 (3 et 6).

Titres des parties
  1. Saeta 
  2. Moto perpetuo 
  3. Adagio 
  4. Récitatif 
  5. Improvisation 
  6. Canto 
  7. Canaries 
  8. March

Note de programme

Le Canto et l'Adagio de cet ensemble de Huit pièces pour quatre timbales furent écrits en 1966, tandis que les six autres pièces datent de 1949. A cette époque, on jugea ces six pièces difficiles, sinon impossibles à jouer correctement, mais comme avec le temps, l'intérêt qu'elle suscitaient et les capacités des interprètes ne cessèrent de s'accroître, je décidai d'en publier l'ensemble (quatre d'entre elles avaient largement circulé sous forme manuscrite en 1966).

Les six pièces de 1949 sont non seulement des solos de virtuose pour l'instrumentiste mais aussi des études sur ce que l'on nomme maintenant « modulation métrique ». J'ai développé plus avant ces idées dans mon premier Quatuor à cordes entrepris à la même époque et terminé peu après.

Il s'agit d'une anthologie de pièces pour timbales, et non d'une suite. Il faut en choisir quatre au maximum afin de constituer une version de concert.

Saeta : C'est une chanson andalouse improvisée qui se chante pendant les processions religieuses, en particulier à Pâques : on dit qu'elle vient des anciens rites pour la pluie où l'on tirait une flèche (saïta) en direction des nuages pour faire venir la pluie. L'œuvre a donc un caractère rituel et quelque peu improvisé. Le rythme y apparaît dans une accélération graduelle tout au long de la pièce.

Marsh est d'un caractère ivesien et dresse le portrait du timbalier du New York Philharmonic, qui occupa ce poste durant cinquante ans. Deux rythmes de marche à vitesse différente sont superposés : l'un se joue avec la pointe, l'autre avec le manche des baguettes de tambour. Le résutat est un contrepoint, non dénué d'humour, où l'on peut discerner une sorte de scénario opposant deux musiciens dans une marche typiquement américaine. Ces rythmes engendrent des idées musicales développées dans la section médiane.

D'après Elliott Carter, programme du Festival Archipel 1992, 28 mars, Genève.

III. Adagio (1966 – dédiée à Jan Williams) Pièce remarquable par l’utilisation intensive des glissandis chromatiques effectués grâce à l’action de la pédale, par le jeu de résonance entre plusieurs timbales accordées sur la même note, enfin par la production de sons chargés d’harmoniques produits en étouffant partiellement la peau.

VI. Canto (1966 – dédiée à Jan Williams)
Un dialogue qui fait alterner une suite de phrases concises énoncées de manière franche et une ligne mélodique souple et sinueuse exposée à l’aide d’un roulement de baguettes de tambour (technique exceptionnellement appliquée aux timbales), en usant en permanence des glissandis.

VII. Canaries (1949/1966 – dédiée à Raymond DesRoches)
Il s’agit d’une danse du xvie et du xviie siècle, ancêtre de la gigue transmise, dit-on, par les « sauvages » des îles Canaries. Se joue avec des rythmes pointés qui sont fragmentés et développés en utilisant constamment la dualité ternaire-binaire.

VIII. March (1949/1966) – Saul Goodman – Deux rythmes de marche à vitesse différentes sont superposés ; l’un se joue avec la tête de la baguette, l’autre avec le manche. Ces rythmes engendrent des idées musicales développées dans la section médiane.

Elliott Carter, programme du concert « Carnets d'études : percussion », Ircam, le 22 octobre 2008.