John Cage (1912-1992)

Music of Changes (1951)

pour piano

  • Informations générales
    • Date de composition : 1951
    • Durée : 43 mn
    • Éditeur : Peters, New York, nº 6256 (book I); 6257 (book II); 6258 (book III); 6259 (book IV), 1960
    • Dédicace : à David Tudor
Effectif détaillé
  • piano

Information sur la création

  • Date : 1952
    Lieu :

    création complète, New York, Cherry Lane Theatre


    Interprètes :

    David Tudor. Le Book I avait été créé le 5 juillet 1951, University of Colorado par le même.

Note de programme

Écrite à New-York en 1951 et dédiée au pianiste américain ami de John Cage, David Tudor, la Music of Changes est constituée d'une suite de quatre pièces pour piano d'une durée totale de 43 minutes environ. Pour composer cette œuvre, Cage s'est inspiré des deux volumes du I Ching, un célèbre recueil d'oracles de l'ancienne Chine ; le titre de la traduction anglaise de ce « Livre des Mutations », The Book of Changes, explique en partie le titre donné par le compositeur à cette série de quatre pièces.

La structure formelle, la méthode de composition, le choix du matériau musical (hauteurs, durées, tempi etc...), tous ces éléments de l'œuvre ont été déterminés sur la base d'un tirage au sort effectué à l'aide d'opérations de hasard inspirés du I Ching. C'est donc au niveau du processus même de la composition et de la structuration de l'ouvrage que le hasard et l'indétermination sont intervenus comme facteurs décisifs. En particulier, la structure et la durée de l'œuvre, prises aussi bien dans leur totalité que dans le détail de chacun de leurs éléments constitutifs, dépendaient directement de tirages au sort dont le résultat était naturellement imprévisible ; c'est pourquoi, nous dit le compositeur, « il était impossible de connaître la durée totale de la pièce jusqu'à l'opération de hasard finale, le dernier pile ou face affectant la proportion du tempo. »

Si le hasard a ainsi joué un rôle déterminant au niveau de la composition même de l'œuvre, en revanche, une fois l'œuvre composée, il n'intervient plus du tout au niveau de l'exécution. La partition est très rigoureusement écrite, avec une notation de la plus extrême précision, aussi bien sur le plan des hauteurs que sur celui des durées, des intensités et des modes d'attaque et d'entretien du son. Toutefois, l'excès de rigueur et de précision pouvant parfois aboutir à certaines obscurités, John Cage prend soin de signaler que « l'on trouvera peut-être en différents endroits que la notation est irrationnelle ; dans de tels cas, l'exécutant devra user de son pouvoir discrétionnaire ». C'est là la seule concession, au demeurant fort minime, consentie par le compositeur à une certaine souplesse de l'interprétation.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  7. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Francis Bayer, programme du concert de l'Ensemble intercontemporain au Centre G. Pompidou, 24 juin 1982