Pierre Boulez (1925-2016)

Domaines (1961-1968)

pour clarinette soliste et vingt et un instruments

  • Informations générales
    • Date de composition : 1961 - 1968
    • Durée : 30 minutes
    • Éditeur : Universal Edition
Effectif détaillé
  • soliste : clarinette
  • flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, trompette, 4 trombone, marimba, harpe, saxophone alto, guitare, 2 violon, 2 alto, 2 violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 20 December 1968, Belgique, Bruxelles, par Walter Boeykens, RTB, direction : Pierre Boulez. [Une version légèrement révisée en 1970 a été créée par Michel Portal et l'ensemble Musique vivante, direction : Pierre Boulez.]

Observations

Enregistrement : Ensemble Musique Vivante, direction : Diego Masson, 1 cd Helikon Harmonia Mundi, n° A 190 930.

Note de programme

Domaines existe en deux versions, pour clarinette seule ou pour clarinette et ensemble instrumental. La version avec ensemble instrumental est la version définitive, qui fut créée en 1968 à Bruxelles, et révisée en 1969.

Domaines représente dans l'œuvre de Boulez un exemple-type de la veine combinatoire et semi-ouverte appliquée aux instruments (comme par exemple ...explosante-fixe...).

Sur le plateau prennent place six groupes instrumentaux : Chacun de ces groupes possède sa propre partition, entièrement écrite, sous forme de six feuillets pour « l'aller » de l'œuvre (ou : « original »), et de six autres pour le « retour » (ou « miroir »). Domaines se compose en effet de deux parties de durée sensiblement égale.

Au centre du cercle formé par les six groupes, le soliste clarinettiste, ou « protagoniste », qui se déplace sur le plateau. À ses côtés, le chef. Le soliste est pareillement équipé de 6+6 feuillets sur lesquels sont écrites les séquences qu'il doit jouer.

À « l'aller » de l'œuvre, le clarinettiste soliste a l'initiative : il joue ses 6 feuillets « original » dans l'ordre qu'il veut. Il se place pour cela devant le groupe instrumental correspondant, et après chacune des séquences, le groupe lui « répond » en jouant sa propre partition.

À l'issue de « l'aller », c'est le chef d'orchestre qui prend l'initiative de décider selon quel ordre de séquences on accomplira le « retour », et au soliste à se plier à cette décision.

Comme on le voit, cette œuvre repose sur un dispositif qui prévoit un dialogue constant du soliste et d'un groupe d'instruments : dialogue qui peut s'effectuer dans les deux sens. Son intense raffinement sonore concourt largement à faire de Domaines une des œuvres les plus accessibles et les plus agréables de son auteur.

Dominique Jameux, programme du Festival d'automne à Paris, 1981, cycle Boulez.