Luciano Berio (1925-2003)

Différences (1958)

pour cinq instruments et bande magnétique

œuvre électronique

  • Informations générales
    • Date de composition : 1958
    • Durée : 17 mn
    • Éditeur : Universal Edition, nº UE 13247
    • Commande: le Domaine musical
    • Dédicace : au Domaine musical
Effectif détaillé
  • flûte, clarinette, harpe, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 14 March 1959
    Lieu :

    France, Paris, salle Gaveau, dans le cadre des concerts du Domaine musical


    Interprètes :

    l'ensemble du Domaine musical, direction : Pierre Boulez.

Information sur l'électronique
Information sur le studio : Studio de phonologie de la Radio-Télévision italienne de Milan
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Note de programme

Composée en 1958-1959 pour le Domaine musical et créée par Pierre Boulez, à la salle Gaveau, en mars 1959, Différences associe l'exécution vivante à l'exécution enregistrée.

L'œuvre est essentiellement fondée sur l'action de cinq musiciens sur scène (flûte, clarinette, alto, violoncelle et harpe) et l'enregistrement de ces mêmes instruments. Le discours musical, restitué par quatre haut-parleurs, tantôt s'identifie et s'intègre totalement au développement instrumental confié aux cinq exécutants, tantôt s'en éloigne de différentes manières.

La superposition de la musique vivante et des sons enregistrés atteint parfois le plus haut degré de complexité. Qu'il y ait transformation naturelle – par des articulations instrumentales particulières ou par le développement des structures inharmoniques – ou transformation spécifiquement électroacoustique, cette superposition, dans ses degrés divers de complexité, suggère souvent la présence de matériaux « synthétiques » de la musique électronique, bien que tous les sons aient été émis à l'origine par des instruments traditionnels.

Différences n'est donc pas faite de sons électroniques, mais partage pourtant avec la musique électroacoustique la préoccupation de surmonter toutes les oppositions et les contradictions entre sons naturels et sons enregistrés, synthétiques ou non. La bande a été élaborée au Studio de phonologie musicale de la Radio-Télévision italienne, à Milan.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  5. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  6. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  7. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  8. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Luciano Berio.