George Benjamin (1960)

Antara (1985-1987)

pour seize instrumentistes et électronique

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1985 - 1987
    • Durée : 24 mn
    • Éditeur : Faber Music
    • Commande: Ircam pour le 10e anniversaire du Centre Georges-Pompidou
    • Dédicace : à Tristan et Françoise Murail
Effectif détaillé
  • soliste : 2 flûte (aussi 2 flûte piccolo)
  • 2 trombone ténor-basse, 2 percussionniste, 2 clavier électronique/MIDI/synthétiseur [KX88 Yamaha] , 3 violon, 2 violon II, 2 alto, 2 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 25 April 1987, Paris, Ircam, Espace de projection, par Sophie Cherrier, Céline Nessi : flûtes, Ensemble intercontemporain, direction : George Benjamin.

Information sur l'électronique
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Thierry Lancino, Cort Lippe

Observations

Écouter l'enregistrement du concert Agora du 4 juin 2005 au Centre Pompidou : https://medias.ircam.fr/x91d6af_antara-george-benjamin

Note de programme

Le titre de cette pièce est simplement le nom inca de la flûte de Pan. Mais il désigne un instrument très différent par ses possibilités et son utilisation du jouet dont Papageno se sert pour apprivoiser les oiseaux. L'antara péruvien appartient à une famille d'instruments dont les dimensions varient (les grands servent, paraît-il, à transmettre des messages à travers les Andes), ainsi que les sonorités, qui vont du rauque et puissant au brillant joyeux des flûtes péruviennes qui ont été à la mode de temps en temps, notamment dans la musique pop. [...]

En introduisant les sons échantillonnés de l'antara et une variété de timbres transformés par l'ordinateur dans la 4X, et en la reliant à deux claviers de synthétiseur, Benjamin a créé une sorte de flûte de Pan « idéale », adaptée aux besoins d'une partition moderne et capable de produire des microtons avec exactitude. Cette flûte de Pan « platonique » est donc jouée en direct pendant l'exécution de l'œuvre sur deux claviers de synthétiseur, à côté des flûtes classiques et des cordes alliant ses sonorités à celles de l'ensemble. Il n'y a pas de bande enregistrée ni de modulations de sons en direct. [...]

Malgré l'emploi de matériaux et de techniques peu habituels, la structure générale de l'oeuvre est presque classique. Il y a un premier sujet, se dégageant de la mélodie que Benjamin a qualifiée de « hoquetante » et dont les éléments semblent danser d'une flûte à l'autre. Une bruyante interruption des cuivres et des enclumes met nettement fin à cette « exposition ». Ensuite, après un épisode central caractérisé par de mystérieux complexes de sons aux « flûtes de Pan », un tissu serré de cordes, des longs solos de flûte et de nouvelles interruptions des cuivres, il y a une récapitulation de la première section et des textures plus différenciées qu'auparavant (chaque thème est clairement reconnaissable). Enfin, la plus puissante des interruptions par les cuivres et la batterie aboutit à une coda rapide, avec des harmonies de cordes scintillantes qui rappellent Sibelius. Mais ce résumé simplifie à l'extrême la richesse de la conduite des voix dans l'écriture de Benjamin qui se fonde sur une conception de développoment des lignes mélodiques proche de la polyphonie médiévale.

D'après Stephen Walsh, « Quelques réflexions sur le son musical à propos d'Antara », dans Le Timbre, métaphore pour la composition, Christian Bourgois, Ircam 1991. (Textes réunis par Jean-Baptiste Barrière)