Jean-Baptiste Barrière (1958)

Chréode I (1983)

pour bande

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 1983
    • Durée : 10 mn
    • Éditeur : Inédit

Information sur la création

  • Date : 1 June 1983
    Lieu :

    France, Bourges, festival du GMEB.


Information sur l'électronique
Information sur le studio : réalisée à l'Ircam
Dispositif électronique : sons fixés sur support

Note de programme

« Chréode » est un terme emprunté à la morphogénèse et à la biologie (du grec « cre » il faut, et « odos » chemin : chemin nécessaire). Il sert ici de métaphore à une investigation systématique et croisée du matériau et de l'organisation. Il s'agit en même temps d'un titre générique pour un ensemble d'œuvres pour ordinateur, dont Chréode I est le premier élément.

Bien que les matériaux soient très travaillés, l'attention dans cette pièce porte plus spécialement sur l'organisation. Chréode I est le premier pas vers une grammaire des processus que je voudrais tenter d'élaborer. Cette recherche sur les processus musicaux, leurs champs d'action et leur limites, a été pensé comme une stratégie d'approche du territoire musical, tel qu'il se trouve renouvelé par les possibilités offertes par l'ordinateur.

Une destination très générale de ce projet consistait donc à expérimenter différents types d'organisations, et à un plus haut niveau à apprendre à savoir les structurer en temps et formellement.

Les structures compositionnelles ainsi que les partitions ont été élaborées dans l'environnement de programmation FORMES avec l'aide de Pierre Cointe et de Yves Potard.

Les matériaux sonores ont été choisis pour permettre un certain type de contrôle sur le timbre, concentré sur un petit nombre de paramètres compositionellement pertinents. Ainsi le travail sur le timbre est essentiellement basé sur la compression et l'expansion des formants ou des enveloppes spectrales, ceci en partant de matériaux de types vocaux puis en dérivant ces modèles vers d'autres modèles, avec ou sans références à des familles de timbres instrumentaux. La synthèse a été effectuée avec le programme CHANT.

L'ensemble de la pièce a été réalisée sur l'ordinateur PDP-10 à l'Ircam. L'environnement CHANT/FORMES s'est trouvé être particulièrement adapté à ce type de travail, et Xavier Rodet doit être remercié pour sa présence bienveillante et éclairée.


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  5. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  6. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  7. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  8. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Jean-Baptiste Barrière, programme du concert de création.