Nicolas Bacri (1961)

Quatre Nocturnes (1985-1987)

opus 15, pour hautbois et violon

  • Informations générales
    • Date de composition : 1985 - 1987
    • Durée : 08 mn
    • Éditeur : Durand
    • Commande: Nicolas Bacri
    • Dédicace : Nocturne n°2 dédié à Giacinto Scelsi

Information sur la création

  • Date : 1987
    Lieu :

    Espace de projection de l'Ircam, Paris


Note de programme

L'écriture des Nocturnes pour haubois et violon sera pour moi la première occasion de céder à ce qui fut au départ une pure pression extérieure. En effet sans la demande expresse d'une pièce dont la vocation première était de servir de « bis » après l'exécution du fameux Double concerto en Ré mineur de J.S. Bach, jamais l'idée d'écrire pour hautbois et violon ne me serait venue à l'idée. Et pourtant...

Si le Premier nocturne fut le résultat du tâtonnement d'un compositeur peu enthousiaste, les trois derniers pour qui, me prenant au jeu, je décidais de me commanditer à moi-même ( !), m'ont permis de goûter au plaisir de l'exploration d'une partie des nombreuses richesses de couleur qu'offre un tel alliage instrumental et en particulier dans le domaine hétérophonique.

Il est à noter que le Deuxième nocturne est dédié à Giacinto Scelsi dont la fréquentation à Rome, où j'étais lorsque je composais cette œuvre, m'aida à m'affranchir de la pensée sérielle qui marqua ma musique de 1980 à 1985.

Ces Quatre nocturnes marquent ainsi, en quelque sorte, un premier tournant « esthétique » dans ma trajectoire. Ils font partie d'un cycle de sept pièces (basées sur des matériaux différents) intitulé Musiques nocturnes comprenant Trois improvisations pour hautbois et neuf instrumentistes (Sérénade n° 1, 1981-1982), Cinq improvisations pour alto et trois instruments (Sérénade n° 2, 1983), Notturni (1985-1986) pour sept instrumentistes et soprano, Episodes nocturnes pour deux altos (1982), Sérénade n° 3, pour flûte et cinq instruments (1988), La musique d'Erich Zann pour violon seul (1986) et Capriccio notturno concerto pour clarinette et vingt instrumentistes (1986-1987).


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Quatre Nocturnes.