Georges Aperghis (1945)

Triangle carré (1989)

pour quatuor à cordes et trio de percussions

  • Informations générales
    • Date de composition : 1989
    • Durée : 20 mn
    • Éditeur : Salabert, Paris, nº EAS 18824
Effectif détaillé
  • violon, violon II, alto, violoncelle, 3 percussionnistes

Information sur la création

  • Date : 20 October 1989
    Lieu :

    France, Paris, Festival d'Automne


    Interprètes :

    le Quatuor Arditti et le trio de percussions Le Cercle.

Note de programme

Oui, c'est moi qui ai voulu cette combinaison peu conventionnelle. Il y a là deux traditions qui se font face : j'avais la volonté d'en faire une espèce d'orchestre de nulle part, et cela m'intéressait de voir quelles possibilités d'union ou de conflits il en naîtrait. Je ne sais pas si la pièce est bonne, mais je pense que c'est une bonne idée : les différences de comportement entre chaque groupe sont très intéressantes !

Il s'agit de pousser les marges de deux ou trois idées antagonistes pour voir jusqu'à quel point leur friction est intéressante. Par exemple le mélange d'un quatuor à cordes et d'un trio de percussions plus ou moins folklorisant, jouant des instruments venus du monde entier, chantant, hurlant, doit créer une friction : sinon j'ai perdu mon temps. Je veux entendre cette friction et non pas une jolie pièce de musique de chambre.

Je demande aux interprètes, selon mes besoins, ce qui est possible ou non. Il y a des problèmes que l'on ne rencontre pas lorsqu'on travaille avec des données abstraites, mais qui apparaissent avec des données physiques : par exemple le fait que les sons soient « forte » ou « piano », ou qu'ils tombent tous ensemble d'une certaine manière, exige qu'ils apparaissent dans un processus de dramatisation. Lorsque les événements ne sont plus régis par un cadre abstrait, ou par le hasard, mais lorsqu'on sent un corps qui respire et qui vit, il y a une dramatisation. Mon souci est que ce ne soit pas celle du dix-neuvième siècle !


  1. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  2. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

  3. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  4. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  5. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  10. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

Georges Aperghis.