James Tenney (1934-2006)

In a Large, Open Space (1994)

[Dans un vaste espace ouvert] au sein duquel le public peut se mouvoir librement, pour douze instruments ou plus au choix, pouvant tenir un son

  • Informations générales
    • Date de composition : 1994
    • Durée : 18 mn
    • Éditeur : Frog Peak Music

Information sur la création

Note de programme

In a Large, Open Space explore le phénomène de la série des harmoniques naturelles. Les instrumentistes sont dispersés dans la salle, et jouent collectivement un son en évolution constante. Les spectateurs sont invités à se promener ‘dans’ et ‘à travers’ le son, pour varier les perspectives d’écoute. La structure et la durée sont exibles, la pièce se réinventant à chaque performance.

Les musiciens doivent être répartis dans l’espace, de la manière la plus étendue et la plus homogène possible, les instruments les plus graves devant être placés au centre, les plus aigus en périphérie. Chaque musicien joue successivement une des « hauteurs disponibles » dans la tessiture de son instrument parmi un réservoir de hauteurs prédéterminé par le compositeur. Chaque note doit être jouée pianissimo, avec une attaque douce, et pour une durée qui va de 30 à 60 secondes. Après une respiration ou une courte pause, une autre hauteur est alors choisie par le musicien (qui tâchera d’éviter de dupliquer une hauteur déjà jouée à ce moment par un autre musicien), et ainsi de suite, pour toute la durée de la performance ou de l’installation.


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16. 

  6. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  7. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  8. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  9. Whittall, Arnold, Jonathan Harvey, Londres, Faber and Faber, 1999. Traduction française sous le même titre par Eric de Visscher, L’Harmattan, Ircam-Centre Georges Pompidou, 2000, p. 44. 

  10. Harvey, Jonathan, « Le Miroir de l’ambiguïté », Le Timbre, métaphore pour la composition, recueil de textes réunis par Jean-Baptiste Barrière, Paris, Ircam, Christian Bourgois, 1991, p. 454-466. 

Note de programme du concert du 12 juin 2019 dans la Grande salle du Centre Pompidou.