Florence Baschet (1955)

Manfred (2017)

cycle pour quatuor à cordes

  • Informations générales
    • Date de composition : 2017
    • Durée : 20 mn
    • Éditeur : Jobert
    • Commande: Quatuor Manfred et ProQuartet.
    • Dédicace : à Emmanuel Haratyk, au Quatuor Manfred.
Effectif détaillé
  • violon, violon II, alto, violoncelle

Information sur la création

  • Date : 10 June 2016
    Lieu : France, Dijon, Opéra de Dijon
    Interprètes : le Quatuor Manfred.

Note de programme

J’ai écrit cette nouvelle œuvre pour l’anniversaire des 30 ans du Quatuor Manfred, quatuor prestigieux au nom célèbre et légendaire. Cette nouvelle partition fait donc résonner la voix de Byron au centre du quatuor, une voix unique aux multiples échos, voix qui n’est pas entendue par l’auditeur mais qui sous-tend l’écriture de la partition. La pièce se construit sur 7 scènes principales du texte, en faisant vibrer pour chaque scène un espace dramaturgique spécifique, une lumière sonore différente et graduée qui commence avec ‘Manfred seul dans la galerie’ jusqu’à la dernière scène, celle de la mort de Manfred. Les 7 extraits du poème de Byron que j’ai choisis sont destinés à habiter le chant intérieur des interprètes du quatuor, ils sustentent la partition mais ne sont pas audibles du public sous forme de parole.

Il s’agit donc bien ici d’un cycle pour quatuor à cordes, et non d’un poème dramatique ou d’une musique à programme. Car on ne peut aborder Manfred sans penser à Schumann ou Tchaïkovski qui ont écrit sur cet argument des partitions imposantes. Le quatuor à cordes est ici pour moi l'instrument sonore idéal, à la fois pur et immatériel, pour évoquer la dramaturgie de Manfred. En formation de quatuor, l’interprétation du texte musical est soumise à l’intelligence musicale de chacun et à l’écoute réciproque et partagée des interprètes. Les quatre instruments du quatuor à cordes forment un seul corps sonore dont les éléments gestuels et timbriques peuvent être particuliers à chacun et/ou communs à tous. Ce qui m’intéresse alors, c’est d’entendre l’interprétation donnée à ce corps sonore partagé où les 4 instruments vont jouer d’une seule voix.

Florence Baschet


  1. SAARIAHO, Kaija, « Timbre et harmonie », dans Le timbre, métaphore pour la composition, Jean-Baptiste Barrière, éd., Paris, Ircam - Christian Bourgois, 1991, p. 412-453. 

  2. GRABOCZ, Martha, « La musique contemporaine finlandaise : conception gestuelle de la macrostucture / Saariaho et Lindberg », Cahiers du CIREM, Musique et geste, n ° 26-27, décembre 1992-mars 1993, p. 158. 

  3. BATTIER, Marc, NOUNO, Gilbert, « L'électronique dans l'opéra de Kaija Saariaho, L'Amour de loin », in Carlos AGON, Gérard ASSAYAG, Jean BRESSON, The OM Composer's Book, coll. Musique et sciences, Ircam, Centre Georges-Pompidou, 2006, p. 21-30.  

  4. CAUSSÉ, Réné, SLUCHIN, Benny, Sourdines des cuivres, Paris : Editions de la Maison des sciences de l'homme, 1991. 

  5. Yan Maresz, cité par Bruno Heuzé, dans HEUZÉ, Bruno, « Yan Maresz, Portrait », Résonance, Ircam/Centre Georges Pompidou, n° 14, septembre 1998, page 16.