Luc Ferrari (1929-2005)

Allô, ici la terre (1973-1974)

spectacle pour l'oreille ou auditacle, deuxième chapitre

  • Informations générales
    • Date de composition : 1973 - 1974
    • Durée : 2 h about
    • Commande: WDR., Abteilung Neue Musik, Köln

Information sur la création

  • Date : 7 October 1974
    Lieu :

    Allemagne, Cologne, Aula Apostelgymnasium


    Interprètes :

    le Gruppe BETWEEN.

Note de programme

« Cette pièce tente de montrer comment l'organisation de la société contemporaine risque de perturber de façon irrémédiable les conditions qui sont nécessaires à la perpétuation de la vie. Il s'agit là d'un compte-rendu (modeste) à la fois lyrique et informatif de l'état de pollution des éléments de la nature.

Contrairement au premier chapitre qui est un spectacle audiovisuel, le deuxième chapitre est une pièce uniquement sonore, composée de bandes magnétiques accompagnées par un ensemble d'instruments amplifiés (cinq instruments, deux magnétophones).

Des textes de scientifiques, philosophes, sociologues et des chansons populaires sont illustrés par des séquences instrumentales (et par des vagues de bruits réalistes (pluie, mer, paysages, industrie, guerre, etc.) qui servent de dramaturgie aux différents textes.

C'est la première pièce dans laquelle j'emploie consciemment (dans la mesure où la tentative d'Hétérozygote était inconsciente) les sons comme des idées et donc comme un discours réel, qui se fond avec le langage parlé des textes.

Cette terre-là se divise en cinq éléments : la Terre, l'Eau, l'Air, la Guerre et l'Utopie.

Une œuvre à programme bien caractéristique du début des années 70. Commencement d'une réflexion "verte" qui, 20 ans après, piétine sur les mêmes problèmes... Toutefois c'est une partition qu'on peut laisser dormir. »


  1. Il nous semble important de faire une distinction entre le Réalisateur en Informatique Musicale (RIM) qui contribue à la confection de la partie électronique d’une œuvre et le Musicien en charge de l’Électronique Live (MEL) qui n’a pas nécessairement participé à l’élaboration de cette partie électronique mais qui doit s’assurer de sa mise à jour et de son bon fonctionnement lors d’une performance (lire à ce sujet Plessas et Boutard, 2015). 

  2. Par convention, l’harmonique 1 (fréquence f0) correspond à la fondamentale du spectre. Pour un spectre harmonique, la fréquence de chaque composante spectrale vérifie la relation suivante: fn = n x f0. 

  3. Grisey a commis une erreur au niveau du premier intervalle: l’écart entre la fondamentale (mi0) et le second harmonique (mi1) est une octave, soit 24 quarts de ton et non 22 comme il est indiqué. 

Luc Ferrari.