Jesper Nordin (1971)

Sculpting the Air (2010-2015)

Gestural Exformation

œuvre électronique, Ircam

  • Informations générales
    • Date de composition : 2010 - 2015
    • Durée : 23 mn
    • Éditeur : C.F. Peters
    • Commande: commande Ircam-Centre Pompidou et Grame, centre national de création musicale, dans le cadre du projet ANR INEDIT avec le soutien de Statens musikverk – Music development and heritage Sweden
    • Dédicace : Ensemble TM+
Effectif détaillé
  • 2 clarinette, 2 cor, 1 percussionniste, 1 harpe, 1 clavier électronique/MIDI/synthétiseur, 2 violon, 2 violoncelle, 1 contrebasse

Information sur la création

  • 13 June 2015, France, Nanterre, Maison de la musique, festival ManiFeste.

Information sur l'électronique
RIM (réalisateur(s) en informatique musicale) : Manuel Poletti
Dispositif électronique : temps réel

Observations

Écouter l’enregistrement du concert ManiFeste du 13 juin 2015 à la Maison de la Musique : https://medias.ircam.fr/xb4904f 

Note de programme

Le chef d’orchestre est le point focal de tout ensemble ou orchestre, et, quand bien même elle ou il se tient le dos tourné au public, le chef reste celle ou celui qui porte le message musical des musiciens aux auditeurs. La gestique du chef est donc porteuse de nombreuses connotations et peut être considérée de bien des manières, du strict battement métronomique aux gestes mystérieux d’un magicien en pleine incantation.

Sculpting the Air est le premier volet d’une trilogie de pièces qui explorent chacune à leur manière le concept « d’exformation », et peut tout aussi bien s’entendre comme un concerto pour chef.

Le terme « exformation », que l’on doit à l’essayiste et scientifique danois Tor Nørretranders dans son essai The User Illusion : CuttingConsciousness Down to Size (1998), désigne tout ce qui n’est pas dit effectivement, mais qui est présent dans nos pensées au moment, ou avant, de parler – là où l’information est le discours mesurable et démontrable que nous prononçons réellement.

Les gestes du chef portent donc de nombreuses exformations qui, bien sûr, diffèrent grandement selon la personne qui les regarde (musicien,auditeur...). Mais la quantité relativement restreinte d’informations mesurables dans ses mouvements se prête parfaitement à une première expérience fouillée des exformations du point de vue musical. On prendra par exemple les gestes ordinaires du chef pour les placer dans un contexte nouveau et étendu, dans lequel leurs effets seront différents. Dans cette pièce, le chef dirige non seulement un ensemble divisé en deux, mais aussi deux capteurs de mouvements qui contrôlent tout le dispositif électronique en même temps qu’il joue directement sur des objets physiques suspendus devant lui.

Jesper Nordin, programme ManiFeste-2015 (tr: J.S.).