Georgia Spiropoulos (1964)

Membranes (2015)

pour 8 timbales (2 percussionnistes) et transducteurs

  • Informations générales
    • Date de composition : 2015
    • Durée : between 10 mn and 12 mn
    • Éditeur : BabelScores
    • Commande: Ars Nova ensemble instrumental
Effectif détaillé
  • 2 timbales

Information sur la création

  • 10 June 2015, France, Paris, Centre Pompidou, Grande salle, festival ManiFeste, par Isabelle Cornélis, Elisa Humanes.

Observations

Écouter l’enregistrement du concert ManiFeste du 10 juin 2015 au Centre Georges Pompidou : https://medias.ircam.fr/xccbfb7 

Note de programme

Tirant partie de deux percussionnistes jouant sur huit timbales, Membranes est pour Georgia Spiropoulos l’occasion d’approfondir son exploration du rythme et de ses infinies subtilités : ainsi le discours musical joue-t-il sur une dialectique multiple entre pulsation constante et rythmes irréguliers, homorythmies et verticalités subites suspendues – non sans veiller à varier l’agogique. Dans Ephemerals & drones, trio pour harpe, contrebasse et deux timbales composé en 2007 à l’occasion du trentième anniversaire de l’Ensemble intercontemporain, Georgia Spiropoulos se plongeait dans les phénomènes de bourdon («drone» en anglais) produits par friction d’une baguette Superball sur la membrane des timbales. Les textures ainsi obtenues sont bruitées, distordues ou parfaitement harmoniques, selon la pression exercée sur la baguette et le point de la membrane que l’on excite ainsi. A priori, on peut potentiellement faire durer ces phénomènes sonores aussi longtemps qu’on le souhaite, mais cela exige du percussionniste une attention sans faille – le moindre accident les perturbe. Dans les faits, c’est quasiment impossible.

Désireuse de prolonger ce travail, Georgia Spiropoulos a découvert à l’Ircam un procédé pour les reproduire plus simplement, et de manière bien plus fiable : en accolant sur la timbale un transducteur (aussi appelé exciteur ou excitateur), c’est-à-dire un mini haut-parleur qui transmet directement ses vibrations à la membrane. Ainsi « excitée », la timbale entre en résonance, déployant tout le spectre des fréquences propres associées à ses différents modes vibratoires. Simple en apparence, ce dispositif permet en réalité une écriture extrêmement complexe. D’une part, non seulement on peut, en posant un doigt ou une baguette sur la membrane ainsi mise en vibration, faire varier le son produit, mais en faisant vibrer la timbale sur plusieurs lignes modales, ou sur la circonférence, on joue sur de multiples fronts d’ondes, lesquels entrent en interférence à la surface de la membrane. D’autre part, selon l’échantillon sonore choisi pour exciter la membrane via le transducteur, on peut orienter le son de la timbale.

J. S., programme ManiFeste-2015