Laurent Cuniot (1957)

Des pétales dans la bouche (2011)

opéra pour une voix et 15 instruments


œuvre scénique

  • Informations générales
    • Date de composition : 2011
    • Durée : 50 mn
    • Éditeur : Billaudot
    • Commande: ensemble TM+
    • Livret (détail, auteur) :

      livret de Maryline Desbiolles.

Effectif détaillé
  • soliste : mezzo-soprano
  • flûte (aussi flûte piccolo, flûte alto), hautbois (aussi cor anglais), 2 clarinette (aussi clarinette en mib, clarinette basse), 2 cor, percussionniste, harpe, 2 violon, 2 alto, 2 violoncelle, contrebasse

Information sur la création

  • 18 May 2011, France, Nanterre, Maison de la musique, par Sylvia Vadimova : mezzo-soprano, Ensemble TM+, direction : Laurent Cuniot.

Note de programme

J’ai choisi la forme du monodrame parce qu’elle permet de réunir la musique et la poésie au cœur même d’une dramaturgie. L’absence d’artifices, imposée par la présence d’un personnage unique dont le spectateur va partager une parcelle de vie, comporte une certaine fragilité qui est aussi une force : elle est une clé qui peut ouvrir sur une émotion rare.

Des pétales dans la bouche met en scène, en un prologue et cinq tableaux enchaînés, une femme aux prises avec sa voix perdue. Cette quête, à travers différents lieux (un taxi, un café, sa chambre, sa campagne), la conduit en Italie sur les pas de ses beaux et grands-oncles où le souvenir, la langue retrouvée et une rencontre lui rendront sa voix « charriant des mots pas encore usés, des mots de torrent qui brillent avec l’accent étranger les soulevant d’entre les eaux ».

Cinq gestes musicaux incarnés dans le mouvement, la rumeur (le bruit), l’angoisse du sommeil qui se refuse, la nature lumineuse et enfin l’accomplissement d’un trajet, cinq moments contrastés avec en filigrane les tourments de la sexualité et de la mort.

Une chanteuse et quinze instrumentistes : ces derniers placés en fosse. Mais dans le prologue l’altiste soliste (féminine) est sur scène, tel un double instrumental préfigurant le personnage, comme le flûtiste et le clarinettiste dans le troisième mouvement (sommeil) qui « encadrent » la chanteuse avant d’être rejoints par les deux cornistes dans le cinquième et dernier tableau : tous les quatre évoquent alors cette tablée d’hommes rencontrée au hasard d’une trattoria et qui sera une sorte de déclic dans le voyage de cette femme vers elle-même.

Des pétales dans la bouche s’est écrit à partir de la rencontre entre son interprète Sylvia Vadimova, son auteur Maryline Desbiolles et moi-même; comme dans un jeu de miroirs, sorte de billard à trois bandes où les sensibilités, les histoires de chacun se croisent pour se fondre en un personnage singulier. Mais d’une singularité que nous avons tous en partage à travers la parole et le chant.

Laurent Cuniot, site personnel du compositeur.